L’écrasante majorité des touristes qui visite Abydos se contente du temple de Séthy Ier. Si cette construction recèle de nombreux trésors (liste royale, peintures en excellent état de conservation, hiéroglyphe unique, texte autobiographique de Ramsès II…), ils ne sont pas les seuls de cet immense site archéologique. Le temple de Séthy Ier couvre moins de 10 % de la surface de la zone des vestiges antiques d’Abydos !

L’Osireion de Séthy Ier

Derrière le temple lui-même, l’on trouve une autre construction de Séthy Ier : l’Osireion. Il s’agissait d’un immense cénotaphe. En plus de sa tombe de la Vallée des Rois à Thèbes, Séthy s’est fait construire ce grand tombeau. Le père de Ramsès II voulait ainsi être symboliquement lié au dieu Osiris, le maître d’Abydos. Le sarcophage vide du roi était entouré, dans cette construction par les eaux du Nil. Ainsi, Séthy Ier était symboliquement régénéré lors de chaque crue du Nil. Aujourd’hui, il ne reste plus que des eaux croupies au fond de l’Osireion car le cénotaphe n’est plus relié au Nil. Seule la vaste salle à piliers est visitable. Les pièces latérales et la chambre du sarcophage sont inaccessibles à cause de l’eau. De superbes bas-reliefs réalisés sous le règne de Merenptah, petit-fils de Séthy Ier, sont visibles sur le mur du fond. L’antichambre et le départ du grand corridor d’accès peuvent être observés. Mais il est impossible de descendre dans ces pièces. C’est encore Merenptah qui fit décorer l’antichambre. On y trouve plusieurs évocations du mythe d’Osiris.

Le temple de Ramsès II

A quelques centaines de mètres vers le nord, il y a un temple construit par Ramsès II. Ce lieu, très peu visité, mérite le détour. Sur les murs extérieurs, on peut observer des scènes liées à la célèbre bataille de Qadesh. On peut notamment voir les troupes auxiliaires, l’infanterie égyptienne et hittite…

Dans la cour du temple, on trouve de nombreuses scènes religieuses. On y trouve des animaux offerts en offrandes : taureaux, oryx, gazelles… Quatre petits sanctuaires sont situés derrière un portique (au fond de la cour). Dans la deuxième chapelle (en partant de l’est), il y avait une autre liste royale. Elle fut emportée par les Anglais et est aujourd’hui exposée au British Museum. On peut y admirer les cartouches de nombreux grands rois d’Egypte.

En passant dans la première antichambre, il faut prendre le temps d’admirer la porte. Sur le montant occidental, il y a un superbe bas-relief du dieu Thot. Au fur et à mesure quez l’on avance dans le temple, l’état des peintures s’améliore. Le visiteur est souvent frappé par le foisonnement des couleurs et la richesse des détails.

Dans les six sanctuaires, répartis, de part et d’autres de la seconde antichambre, on trouve de multiples représentations de divinités égyptiennes. Il y a notamment une célèbre peinture d’Anubis arborant une tête humaine. Même s’il a souvent une tête de chien noir ce dieu n’est pas toujours représenté sous cette forme. Seuls les hiéroglyphes permettent d’identifier les dieux égyptiens. Il ne faut jamais se fier à leur aspect.

Dans l’angle sud-ouest du temple, il y a une salle couverte dans laquelle on trouve de superbes hiéroglyphes peints et des niches liées aux cultes de plusieurs divinités proches d’Osiris, le seigneur d’Abydos.

Le temple de Ramsès Ier ?

Ne cherchez pas le petit temple de Ramsès Ier qui figure sur certains plans de guide touristique car il a été entièrement démonté et emporté au Etats-Unis. Pour admirer l’une des rares traces du fondateur de la XIXe dynastie, il faudra visiter le Metropolitan Museum de New York.

L’Osireion de Séthy Ier et le temple de Ramsès II ne font partie que de la section méridionale du site archéologique d’Abydos ! Si vous avez le temps et un guide connaissant bien les lieux, il est parfois possible d’aller jusqu’aux tombes des premiers rois d’Egypte (Umm el-Qaab) ou dans les ruines du temple de Kôm es-Sultan. Le ticket d’entrée du temple de Séthy Ier donne accès à l’Osireion et au temple de Ramsès II.