A quelques kilomètres de Sohag, ville majeure de la Moyenne Egypte, se trouve le monastère de Saint Pshoi. Surnommé le monastère rouge en raison de la couleur des briques de ses murs extérieurs, il se situe dans le village de Nag Abou Azizah, à environ trois kilomètres du monastère de Saint Shenouté (monastère blanc).

Depuis des siècles ce monastère copte (église chrétienne d’Egypte) le monastère rouge se trouve dans l’ombre de l’influent monastère Saint Shenouté. Pourtant, il mérite le détour.

Histoire du monastère Saint Pshoi

Saint Pshoi fut le plus ancien compagnon de Saint Shenouté. La plus ancienne mention de la construction remonte à un texte de 1091. Dès le XVe siècle, les deux noms du monastère se trouvaient dans les textes historiques. En 1672, le voyageur Johann Wansleben constata que l’édifice était en ruine. Seule l’église fonctionnait. En 1798, les Mamelouks incendièrent les vestiges du monastère. Aujourd’hui, il ne reste que l’église.

L’église

La plus ancienne partie de l’église remonte aux origines du monastère : la seconde moitié du Ve siècle ! Les colonnes furent probablement ajoutées au VIe siècle. L’église est architecturalement similaire à celle de Saint Shenouté. Elle est légèrement plus petite. Le plan est basilical et le sanctuaire est triconque. Une tour fut ajoutée au IXe siècle.

Parmi les scènes décorant le sanctuaire, on trouve une crucifixion, Saint Théophile tenant la bible, des médaillons avec des représentations des quatre évangélistes, deux saints cavaliers. Quatre colonnes supportent trois arches. L’une des peintures du sanctuaire est même signée. En 1301, un moine du nom de Mercurios vint du monastère blanc pour participer à la décoration de cette partie de l’église.

Renseignements pratiques

Le monastère blanc est ouvert de 7h00 au crépuscule. Il n'est pas toujours possible de prendre des photos dans le sanctuaire.

Une douzaine de trains relient Sohag à Louxor et au Caire chaque jour. Seul l’hôtel Safa (corniche du Nil) à Sohag permet de passer un agréable séjour. De nombreux guides de voyages renseignent l’hôtel Méritamon à Akhmim. Mais, il est loin de correspondre aux descriptions des guides touristiques. La propreté des chambres est déplorable et le bâtiment est plus proche d’une caserne désaffectée que d’un hôtel moderne.

Des taxis locaux permettent de se rendre de Sohag (gare ou hôtel) au monastère rouge. Il est possible de visiter les deux monastères en une demi-journée.

Pour en savoir plus :

CANNUYER (Chr.), L’Égypte copte. Les chrétiens du Nil, Paris, 2007 (Découvertes Gallimard – Religions / Institut du Monde Arabe, n°395).

GABRA (G.), with a historical overview by VIVIAN (T.), Coptic Monasteries. Egypt’s Monastic Art and Architecture, Le Caire, New York, 2002.

SILIOTTI (A.), L’Égypte copte, trad., Le Caire, 2007 (Egypt pocket guide).