"Merci de suivre l’hôtesse, la visite va commencer !" Chez Taittinger, la balade souterraine commence par un niveau à 12 m de profondeur où règne en permanence et de manière naturelle 12°.

Cette prestigieuse maison de champagne s’appuie sur un passé architectural comme élément de base pour ses visites de caves : les crayères romaines qui datent du IVe siècle, et les caves de l’abbaye Saint-Nicaise, érigée au XIIIe siècle, hélas détruite à la révolution. Anecdote savoureuse, du vin était déjà entreposé en ces lieux du temps des moines.

Cuvée "Comte de Champagne" Taittinger

Au fil des salles traversées, l’hôtesse explique les principes de l’élaboration du champagne et précise que la cave dite "Saint Nicaise" est réservée au vieillissement de la cuvée de prestige de la maison Taittinger "Comte de Champagne" (un blanc de blancs, créé pour la première fois en 1950), ainsi qu’aux gros flacons de type jéroboam et mathusalem. Elle représente 4 km de galerie où sommeillent 10 millions de bouteilles. Un second site existe pour l’ensemble des autres cuvées, disposant de 10 km de caves.

En poursuivant leur visite, les touristes découvrent l’escalier de l’ancienne crypte et saluent Saint-Jean-Baptiste, saint patron des cavistes !

Crayères gallo-romaines

Le second niveau des caves se trouve à 18 mètres de profondeur. Une petite estrade permet de contempler un caveau où sommeillent 100000 bouteilles. Dans le dialogue qui s’instaure entre la guide et le public, les rôles du Vignoble (vignerons) et du Négoce (maisons de champagne) sont mis en évidence. Il est également question de fréquentation touristique des caves, de consommation et de tarifs en général.

Puis c’est la descente au dernier niveau, à 20 m sous terre (10° de température), dans les carrières gallo-romaines. Les têtes se lèvent pour admirer le "plafond" en forme de cheminée. Les anciens avaient pour habitude de creuser d’abord un puits, avant de poursuivre leur taille de la craie en forme de pyramide en s’enfonçant dans le sous-sol. Bien entendu, ces magnifiques crayères sont classées monuments historiques. On en retrouve beaucoup dans la partie sud de Reims.

Tout en se dirigeant vers la fin de la visite quelques questions fusent sur la saison touristique liée au roi des vins qui commence vers Pâques et se termine à la Toussaint.

Après la fraîcheur des galeries souterraines, les groupes retrouvent la chaleur à l’occasion de la dégustation à proximité de la boutique. Il est alors temps d’admirer une maquette de l’abbaye Saint Nicaise, et les plaques de caisses en bois des différents agents de la maison Taittinger à travers le monde.

Dégustation et dialogue

Autour d’une coupe, les discussions se font moins formelles avec la guide. "Nous avons parfois des surprises concernant les ventes qui suivent les visites. La plupart du temps, elles sont étroitement liées à la conjoncture économique. Mais certains achètent beaucoup de grandes cuvées. A l’image des Russes qui réclament le champagne le plus cher !", confie Géraldine Theron, responsable du service.

"Notre métier consiste bien entendu à donner aux visiteurs une juste vision de la Champagne et de l’élaboration des vins en général, et de nos cuvées en particulier. C’est très plaisant de rencontrer des gens différents qui demandent assez souvent d’être pris en photos avec nous. Ils sont généralement très respectueux en nous demandant au préalable si le flash ne risque pas d’altérer la qualité du vin."

Respect des caves et du champagne

Il arrive parfois que certains trublions se glissent dans des groupes. "Dans ce cas, nous devons recentrer gentiment ces personnes. Le plus important étant d’éviter que des bouteilles soient touchées. Le respect est essentiel. En 20 ans de visites de caves, je n’ai connu que 3 cas graves où le circuit a dû être stoppé. C’est donc très peu. En terme de fréquentation, notre service accueille principalement des Français, des Britanniques et des Belges. Suivent ensuite les Allemands, les Américains, les Espagnols et les Italiens. Parmi les questions un peu cocasses auxquelles nous devons répondre, la plus fréquente est certainement : les bouteilles en cave sont-elles pleines ?... Ca nous fait toujours sourire", conclut Géraldine Theron.