• A comme «Autolib’»
L’homme d’affaires et milliardaire Vincent Bolloré vient de décrocher l’exploitation du service de location en libre-service de voitures automobiles pour Paris et sa banlieue. Face à ses concurrents Veolia et au consortium qui regroupait Avis, la SNCF, la RATP et Vinci, il a emporté l’appel d’offres lancé par la mairie de Paris car il était le seul à ne pas demander de garanties financières. C’est un pari risqué (200 millions d’euros). Autolib’ doit démarrer à l’automne 2011 avec 250 voitures et 250 stations. «Au printemps 2012, explique Le Figaro le 19 décembre, Paris et 37 communes seront en théorie équipées de 1037 stations et 1740 voitures. L’objectif est d’atteindre environ 3500 véhicules en 2016. Les stations (dotées de 4 à 6 places et équipées de bornes de recharge) seront financées par les communes : chacune coûte 50 000 euros».Voir les tarifs de location ici.

  • B comme «Blue Car».
Vincent Bolloré a souvent plusieurs coups d’avance, secret de sa réussite spectaculaire. Ainsi, c’est en 2005 qu’il a présenté la «Blue Car», une petite voiture écologique construite par son groupe et Matra, mais qui coûte 40% moins cher que la concurrence. Il s’agit d’une péri-urbaine électrique «100 % recyclable, à usage ludique ou professionnel» comme le note Allboatsavenue.com. C'est «une astucieuse et élégante voiture électrique. Pas plus longue qu’une Austin Mini (3,30 mètres), elle est large (1,72 mètre), haute (1,61 mètre) et modulaire. Trois passagers peuvent prendre place à l’avant et les deux sièges arrière se rabattent, pour offrir un volume important (900 litres)». Mais sa grande innovation, c’est la batterie au lithium métal polymère sur laquelle les ingénieurs ont commencé à travailler en 1990. «Bolloré affirme être d’ores et déjà capable de fabriquer 2 500 batteries par an, écrit encore Le Figaro, dans son usine bretonne d’Ergué-Gabéric, auxquelles il espère pouvoir ajouter 5 000 exemplaires annuels dans son site canadien à partir du second semestre 2011. D’ici quelques années, le groupe vise une capacité de production totale de 30 000 batteries par an sur ces deux sites.»

Il prête le «Paloma» à Nicolas Sarkozy, le nouveau président

  • C comme «Controverses».
En mai 2007, quelques jours après son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy embarque avec sa famille sur le «Paloma», le yacht de Vincent Bolloré, au large de l’île de Malte en Méditerranée. Le navire, d’un luxe un peu tapageur, lui est prêté alors qu'il se loue habituellement entre 173 000 euros à 193 000 euros la semaine. C’est le début de la controverse sur le côté «bling-bling» du nouveau président.

En octobre 2001, le groupe Bolloré et Euromédia rachètent conjointement la Société Française de Production nouvellement privatisée pour 4,5 millions d’euros, «le seizième de sa valeur» selon les syndicats. L’affaire fait scandale car Vincent Bolloré annonce la couleur : il va supprimer les trois-quarts des 420 postes de salariés.

  • D comme «Diversification».
L’homme d’affaires transforme la papeterie familiale en un vaste empire industriel et financier qui couvre des secteurs aussi divers que le transport (maritime, ferroviaire), la logistique (levage, manutention, consignation), la distribution d’énergie (fouil domestique, produits pétroliers), l’industrie (papiers fins, films plastiques, batteries au lithium, voitures électriques, bornes interactives, lecteurs de codes barres), les plantations (palmiers à huile et hévéas en Afrique), la communication et les médias (voir M comme «Médias et communication»).

  • F comme «Financier».
Titulaire d’un DESS de droit des affaires, ce fils d’industriel se tourne dès l'âge de 20 ans vers la finance. Il travaille notamment dès 1975 à la Banque de l’Union européenne puis chez Edmond de Rothschild dans la banque privée «Compagnie financière». Cette expérience lui permettra ensuite de multiplier les participations financières et de réaliser d’énormes plus-values, notamment 230 millions chez Bouygues.

  • H comme «Héritier modeste».
Né le 1er avril 1952, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), dans une famille d’industriels bretons basée à Quimper (Finistère) et au bord de la ruine, il rachète en 1981 la papeterie familiale en grande difficulté pour un franc symbolique. Il fera de cette entreprise née en 1822 un conglomérat qui emploie 33 000 salariés dans le monde et réalise 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Son épouse est comédienne et romancière

  • J comme «Anaïs Jeanneret».
Vincent Bolloré est père de quatre enfants qu’il a eus avec sa première épouse, Sophie Fossorier, la belle-sœur de Gérard Longuet. Il s'est marié en secondes noces avec Anaïs Jeanneret, une actrice qui a connu la notoriété avec Péril en la demeure(1), puis Twist again in Moscou(2), avant de devenir romancière. En 1990, elle écrit son premier roman, Le Sommeil de l'autre, et reçoit le prix du Quartier Latin en 1993 pour Les Poupées russes (3). Elle collabore avec son mari à la chaîne de télévision Direct 8.

  • M comme «Médias et communication».
Le groupe Bolloré a racheté à Lagardère la chaîne de la TNT Virgin 17 pour 70 millions d’euros, en mars 2010. «Pour le groupe Bolloré qui détient déjà Direct 8, note Le Figaro, l'opération l'installe durablement dans le paysage audiovisuel. Le rachat de Virgin 17 lui permet de recoller au peloton des grands groupes TF1 et M6 qui disposent respectivement de trois et deux fréquences de la TNT». Vincent Bolloré a lancé Direct 8 en 2005. Outre ses participations dans Havas et dans la SFP (voir C comme «Controverses») il possède en association avec Le Monde, les journaux gratuits Direct Soir et Direct Matin. Il a par ailleurs acquis 40% de l’institut de sondages CSA, en 2006, et il détient sur le territoire français une douzaine de licences Wimax à travers sa filiale Bolloré Télécom.

  • R comme «très Riche».
Vincent Bolloré est classé 11e parmi les Français les plus riches, derrière notamment Bernard Arnaud et Liliane Bettencourt. Selon le magazine Challenges, sa fortune est estimée à 2,917 milliards d’euros et il est propriétaire de 80% de son groupe. En 2007, le magazine américain Forbes le classait au 451e rang des hommes les plus riches de la planète avec une fortune estimée à l’époque à 1,7 milliard de dollars.

Une chanson à la gloire du papier à rouler

  • P comme «Papier à cigarette».
Les Papeteries de l’Odet étaient spécialisées dans la fabrication de papier mince (philtres, sachets de thé) et surtout connues pour la marque de papier à cigarette «OCB» («Odet-Cascadec-Bollore»). La chanteuse Cathy Claret, d’origine gitane, en a fait une chanson espagnole, Bollore, reprise par BB King puis par le groupe Billy ze kick et les Gamins en folie sous le titre OCB.

  • Q comme Quimper.
Le siège de la papeterie se trouve depuis 1822 à Ergué-Cabéric, une commune de 8000 habitants à quelques kilomètres de Quimper, au bord de l’Odet, dans le Finistère. Vincent Bolloré y a construit une usine pour ses batteries au lithium (voir B comme Bluecar). Elle y emploie une centaine de personnes et a été inaugurée en septembre 2009 par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie.

  • U comme «donateur à l’UMP».
Vincent Bolloré fait partie du «Premier cercle» des donateurs de l’UMP, qui s’est retrouvé sous les feux de l’actualité avec l’affaire Woerth-Bettencourt. «Le «Premier cercle», explique leblogdejocelyn, est une organisation discrète, mais très efficace, qui rassemble le gotha de la très grande bourgeoisie et de la noblesse. Un organisme hybride, sorte de Rotary réservé pour les ultra-riches, qui tient des assemblées périodiques dans les hôtels très chics mais aussi des dîners privés plus confidentiels dans les hôtels particuliers de l'un ou l'autre de ces richissimes donateurs». Le don minimum des membres du «Premier cercle» est de 3000 euros par an.

  • Y comme «le Yacht Paloma».
«Mis gracieusement à disposition de la famille Sarkozy (en mai 2007), le bateau est la propriété de l’industriel Vincent Bolloré qui l’a acheté en 2003 pour 2,5 millions d’euros, écrit L’Express. L’homme d’affaires aurait investi près de cinq millions d’euros supplémentaires pour refaire entièrement à neuf ce yacht, construit en 1965». Long de 60 mètres, composé de 7 cabines, capable d’accueillir 12 invités, le navire dispose d’un équipage de 17 personnes, file 15 nœuds, possède un jacuzzi sur le pont supérieur, une télévision par satellite avec 4 écrans géants, des jets skis et un hors-bord.

(1) Péril en la demeure, de Michel Deville, 1985, avec Nicole Garcia et Christophe Malavoy.

(2) Twist again in Moscou, de Jean-Marie Poirier, 1986, avec Christian Clavier et Philippe Noiret.

(3) Les Poupées russes, d’Anaïs Jeanneret, éditions Flammarion,1993, 13,57 euros.