Sur la route, la majeure partie du temps, les urgences sont bien réelles et ne laissent aucun doute sur leur caractère prioritaire. Cependant il nous arrive de temps à autre de constater qu'un véhicule "prioritaire" qui nous suivait tranquillement dans une voie de circulation, enclenche d'un coup, klaxon et/ou gyrophare, n'hésitant pas à brûler les feux rouges ou à s'engager dans une voie, pas forcément autorisée, au grand mépris de la sécurité générale. Est-ce vraiment l'urgence qui dicte cette conduite ? On peut parfois en douter, au vu de la multiplication des accidents graves générés par ce genre de comportement. A qui la priorité et dans quelles conditions ? Petit rappel.

Véhicules prioritaires (catégorie A) :

- Police, gendarmerie, douanes, pompiers (Service Départemental d'Incendie), Samu (Service d'Aide Médicale d'Urgence), Smur (Service Mobile d'Urgence et de Réanimation), transports de détenus, service d'ordre des prisons.

A savoir : tout véhicule quel qu'il soit, escorté par la police ou la gendarmerie, est prioritaire pendant toute la durée de l'escorte.

Véhicules d'intervention urgente, bénéficiant d'une facilité de passage, mais non prioritaires (catégorie B) :

- EDF/GDF, SNCF, transport de fonds de la Banque de France, transport d'organe et de sang, véhicule de salage, véhicule d'entretien des autoroutes, ambulance (sauf dans le cadre d'une garde départementale et affectée aux missions du Samu, où elle devient prioritaire).

Equipements obligatoires :

  • Les véhicules prioritaires doivent être munis d'un ou de plusieurs feux bleus clignotants ou tournants, qui se trouvent à l'avant et/ou sur le toit du véhicule. Ceux-ci doivent être allumés lorsque le véhicule accomplit une mission urgente ou lorsqu'il est en mission de secours dans un lieu public ou s'il est stationné dans un endroit gênant la circulation des autres usagers.
  • Ils doivent aussi être équipés d'un avertisseur sonore spécifique, actionné seulement en cas de mission urgente (si un retard porte préjudice à la santé d'une personne). Pour les véhicules de catégorie A, il s'agit de klaxon "deux tons" : pin—pon—pin—pon » ; pour les véhicules de catégorie B (à l'exception des engins de service hivernal), c'est un avertisseur "trois tons" : « pin-pon-pin…pin-pon-pin ». On peut ainsi les différencier.
Pour être prioritaire, le véhicule doit actionner en simultané feux clignotants et klaxon. Et ceci uniquement lorsque la mission est officielle, urgente et que les règles de la circulation ne peuvent pas être respectées ; notamment en cas de conditions très difficiles du trafic, qui en bloquant la progression du véhicule, porteraient atteintes au sauvetage des personnes en danger.

Circulation des véhicules prioritaires

Les pompiers, ambulanciers ou policiers qui se manifestent avec leurs gyrophares et leur avertisseur sonore à deux tons ont la priorité absolue sur tous les usagers, même aux feux tricolores. Cependant le conducteur doit obligatoirement marquer un temps d'arrêt et s'assurer qu'il peut franchir le feu sans occasionner de danger pour les autres. Exception : à l'abord d'un passage à niveau, le conducteur d'un véhicule prioritaire ne peut pas traverser si les feux clignotent, si les barrières ne sont pas levées ou si le signal sonore fonctionne.

En cas de non-respect de ces exigences et d'accident en découlant, le chauffeur sera tenu pour responsable.

  • Dans les cas d'urgence justifiée, les conducteurs de véhicules prioritaires ne sont pas tenus de respecter les limitations de vitesse. Ils doivent cependant adapter celle-ci aux circonstances et conditions de circulation, notamment en s'engouffrant dans un carrefour. Ils sont tenus de garder une distance suffisante avec les véhicules qui les précèdent et – comme tout conducteur – être capables d'éviter un obstacle prévisible.
  • Ils peuvent rouler exceptionnellement sur des bandes de circulation habituellement réservées aux transports en commun (toujours en cas d'urgence absolue).
  • Les panneaux de stop, de priorité, les signaux de sens interdit, d'interdiction de dépasser doivent être respectés.
  • Lors d'interventions de nuit, le conducteur ne bénéficie d'aucune priorité, si seul le feu bleu est enclenché.
  • La sécurité du véhicule, de son conducteur et des autres usagers doivent être prioritaires, même si cela doit nuire à la vitesse d'intervention.
  • Le port de la ceinture de sécurité est obligatoire.
En conclusion de ces règlements, le conducteur d'un véhicule prioritaire doit toujours être sur la défensive en conduisant. Il ne doit pas commettre de fautes, il doit anticiper et se protéger des réactions inattendues des autres conducteurs et tenir compte des conditions de circulation.

Quel comportement adopter face aux véhicules d'urgence ?

Sur la route :

On ne sait pas toujours quelle attitude adopter au volant de sa voiture, lorsque surgit un véhicule de secours, toutes sirènes hurlantes et gyrophare allumé. Il n'est pas toujours évident de laisser un passage lorsque la voie est très encombrée ou étroite. Rangez-vous sur le bord de la route et actionnez vos feux de détresse pour prévenir les autres conducteurs de la manœuvre. Si c'est impossible, continuez d'avancer prudemment jusqu'à ce que vous trouviez un endroit où vous arrêter, au besoin. S'il est impossible de faire autrement et qu'il faut immédiatement laisser le passage, on peut empiéter sur le trottoir, avec d'infinies précautions, évidemment.

Si vous suivez un véhicule prioritaire, sachez que vous devez maintenir une distance de 100 m environ, entre lui et vous. Enfin, sachez que si vous refusez volontairement le passage à un véhicule prioritaire correctement signalé, vous êtes passible de poursuites juridiques.

Sur l'autoroute :

Souvent fréquent sur les autoroutes, les embouteillages bloquent les véhicules sur plusieurs files. Pour permettre aux véhicules prioritaires d'intervenir rapidement, les automobilistes doivent leur ménager un couloir entre deux files.

En ville :

On n'y pense pas toujours, lorsqu'on se gare mal en ville. Mais hormis l'infraction au Code de la route, on risque de bloquer le passage des services de secours d'urgence et mettre ainsi en danger des vies humaines. Il est donc très important de respecter les règles de stationnement prévues, pour leur permettre d'emprunter tous les axes de circulation sans encombre et sans perdre un temps précieux. Il ne faut pas attendre l'arrivée des pompiers pour déplacer son véhicule, c'est alors trop tard !