
- Avoir un mental de gagnant - Web libre
Selon Wayne R. Halliwell, psychologue sportif québécois de renommée internationale, «La préparation des athlètes, c'est un peu comme les quatre pattes d'une table. Chaque patte représente un aspect différent, soit physique, technique, tactique et mental. Si l'aspect mental est négligé, la table tombe. » (Propos recueillis dans l'article: Wayne R. Halliwell, psychologue sportif en voyage olympique)
L’importance du mental
Pas besoin d’être un athlète en lice aux Jeux Olympiques pour connaître le rôle du moral dans la réussite des épreuves. Nous avons tous, d’une façon ou d’une autre, franchi des obstacles, subi des examens, ressenti le trac et le stress des dernières minutes avant son passage…
D'ailleurs, les expressions alliant la réussite au mental ne manquent pas. Ne dit-on pas qu’il faut avoir ‘un mental de vainqueur’' ? Et c’est vrai, quelques soient les années de préparation, la qualité de l'expérience ou encore les résultats annuels, aucun athlète ne pourrait gagner si son mental lui faisait défaut.
La gestion du stress
Pendant les Jeux, les athlètes sont soumis à une énorme pression car il ne s’agit pas seulement de se confronter aux meilleurs de leur discipline, mais aussi de porter les espoirs de toute une nation ou encore de faire briller leur pays aux yeux du monde.
Le rôle du psychologue sportif, autrement nommé préparateur mental, est donc d’aider les sportifs à gérer le stress, à apprendre à se calmer, à se servir de l’énergie de la foule pour se surpasser.
Mais contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le psychologue ne gère pas que le stress des athlètes, il intervient aussi auprès des entraineurs, et des différents experts suivant les sportifs. Il les rassure, répond à leurs questions, à leurs doutes, et ne manque pas, par la même occasion, de se placer comme un bouclier entre le staff et l'athlète.
Les confidences des sportifs
Ils ont beau être parmi les meilleurs de leur discipline, nos champions n’en restent pas moins des hommes et des femmes avec leurs faiblesses. Or il est certain que la participation aux J.O est à l’origine de nombreuses craintes, de doutes, d’espoirs mais aussi de fantasmes ; leur estime de soi et leur confiance en leurs capacités sont mis à rude épreuve.
Le psychologue est donc là pour rappeler que les athlètes sont avant tout des personnes porteuses de leur propre histoire et vivant durant ces quelques semaines, une expérience extraordinaire.
Enfin, même si son rôle est de préparer les sportifs sur le plan mental, le psychologue est sûrement l’un des seuls membres du staff qui n’aient rien à gagner à les voir triompher. De part sa position de neutralité et son statut ‘à part’, le psychologue est sans aucun doute celui à qui les athlètes peuvent tout dire.
Une spécialité à part
Même si elles ont bénéficié d’une certaine couverte médiatique ces dernières années, les interventions des psychologues auprès des sportifs de hauts niveaux sont relativement récentes et souffrent encore de préjugés.
Le terme ‘psy’ reste irrémédiablement lié à l’existence de difficultés, à la résolution de problèmes. Or justement, le psychologue du sport intervient sur l’opposé puisqu’il travaille sur la réussite et sur la victoire.
La profession doit donc encore démontrer sa valeur, communiquer sur ses avancées et se démarquer de ceux qui s’imposent comme spécialistes sans en avoir les compétences.
La psychologie du sport en France
La Société Française de Psychologie du Sport (S.F.P.S.) travaille depuis 1996 pour clarifier le statut de ses praticiens et permettre une meilleure lisibilité de la profession. L’un de ses objectifs est de délivrer des accréditations pour:
- définir la spécificité de l'intervention en psychologie du sport
- reconnaître la qualité des formations théoriques et pratiques
- préciser les règles déontologiques et éthiques des interventions au travers d'une charte
- déterminer des critères précisant les niveaux de formation et d'expérience requis pour exercer en tant qu'intervenant en psychologie du sport.
De nombreuses universités proposent désormais des formations de haut niveau dans cette spécialité parmi lesquelles nous pouvons citer les facultés de Montpellier1, de Bourgogne, de Lyon1 ou encore de Paris Ouest.
Il est donc certain que cette discipline est pleine d’avenir, pour le meilleur de nos sportifs…
