-«Ecoute, Carla, on va pas rester cloîtrés à l’Elysée pour faire plaisir aux Français. Allez, fais tes valises !» On imagine très bien une pièce d’Edouard Baer qui commencerait ainsi et qui s’intitulerait «Bling-Bling!». Le sosie de Nicolas Sarkozy monterait alors dans un hélicoptère factice pour se rendre au Cap-Nègre, dans la propriété de son épouse.

Un château italien

Cette année, le président a décidé de faire sobre. Pas question d’embarquer pour une croisière de luxe sur le yacht de Vincent Bolloré ; pas question non plus d’aller bronzer dans une station balnéaire huppée des Etats-Unis : cela a fait suffisamment scandale quand, au lendemain de son élection, on a découvert le goût du Président pour le kitsch et le strass.

Cette fois, prudence et crise obligent, Nicolas Sarkozy jouera sur le registre des vacances de Français moyen. En fait, il se contentera, si l’on peut dire, de camper dans la villa cossue des Tedeschi, une sorte de château italien de quatorze chambres, dont la terrasse donne sur une plage privée du Lavandou.

Austérité relative

Régime d’austérité relative aussi pour l’ensemble du gouvernement qui a reçu des consignes: cette année, on fait profil bas, on ne s’éloigne pas trop de France. Au pire, un séjour dans un pays d’Europe mais pas davantage, histoire de montrer au peuple que si l’on est en vacances, on est aussi prêt à revenir travailler si les circonstances l’exigent. La canicule et ses 15 000 morts d’août 2003 ont servi de leçons.

Résultat, François Fillon se contentera de trois semaines culturelles à Florence. Eric Woerth et Christian Estrosi feront de la randonnée dans les Alpes, Nathalie Kosciusko-Morizet se baignera dans le Cotentin, Michèle Alliot-Marie retrouvera l’Atlantique et Saint-Jean-de-Luz, Christine Lagarde ira faire de la plongée en Méditerranée, Benoit Apparu s’offrira la Corse puis la Grèce, Valérie Pécresse bronzera à la Baule.

Bloqué par la guerre

Un seul cancre parmi les ministres, Luc Chatel, chargé de l’Education qui se rendra… en Chine ; il ne pourra donc répondre à un éventuel rappel des troupes par le Président. Heureusement qu’il y a un bon élève dans cette classe politique, Brice Hortefeux puisque ce dernier a décidé de rester à Paris, prêt à foncer sur le premier fait divers venu, histoire de montrer qu’on ne rigole pas avec la sécurité. Il faut dire qu’ en relançant bruyamment le thème de «la guerre à la délinquance», Nicolas Sarkozy ne lui a pas laissé le choix.

Le 25 août, c’est juré, tout ce petit monde sera de retour pour le conseil des ministres, avec, au programme, la réforme des retraites. Viendra ensuite le remaniement ministériel annoncé qui ne devrait pas épargner beaucoup de monde. Un épisode qui, à lui seul, mériterait une autre pièce d’Edouard Baer, cette fois intitulée «Dur, dur !»