En pédagogie par objectifs, des évaluations ponctuelles sont indispensables pour vérifier trois aspects :

  • Que le stagiaire possède bien les aptitudes lui permettant d'accéder à une formation identifiée,
  • Que le stagiaire progresse au fur et à mesure de son apprentissage,
  • Que le stagiaire, après le stage, a réellement acquis des connaissances, des compétences, et des comportements.

Avant la formation : l'évaluation diagnostique du stagiaire.

Il existe deux formes d'évaluation diagnostique :

  1. Quelques semaines avant le début de la formation, il est possible d'organiser des tests qui permettront de sélectionner les futurs participants à un stage, ou encore -qu'il y ait ou non sélection préalable- de sensibiliser ceux-ci à la quantité de travail qu'ils auront à fournir durant une formation prévue sur un minimum de dix jours.
  2. Le premier jour du stage, une vérification des savoirs des stagiaires peut être réalisée, par exemple sous forme de test écrit pour situer le niveau cognitif (le savoir, les connaissances), ou sous forme de manipulation technique pour situer le niveau psycho-moteur (le savoir-faire, les compétences).
Déroulement et finalité d'une évaluation diagnostique.L'ouverture du stage étant réalisée, l'évaluation diagnostique sera constituée d'un test de savoir et/ou de savoir-faire, obligatoirement traduit par écrit.

Les connaissances seront évaluées grâce à un questionnaire de type "Vrai-Faux", un QCM (Questionnaire à Choix Multiples) ou un QRM (Questionnaire à Réponses Multiples).

Les compétences seront évaluées à l'aide d'une manoeuvre, d'une situation de travail simulée, dont les principales composantes techniques seront indiquées dans une grille d'observation du stagiaire.

La finalité d'une évaluation en début de stage est double :

  • Permettre au stagiaire de se situer par rapport au niveau attendu à l'entrée en formation, mais aussi de se comparer aux autres participants. Il sera donc indispensable de communiquer les résultats de cette évaluation aux apprenants, dès que possible au cours de la première journée de stage.
  • Permettre au formateur d'estimer les connaissances et compétences de chacun des stagiaires, afin d'orienter la teneur du stage, voire de former des sous-groupes de niveaux (débutant, intermédiaire, maîtrise).

Pendant la formation : l'évaluation formative du stagiaire.

En pédagogie par objectifs, chaque séquence est découpée en trois activités : la découverte, la démonstration, l'application, qui constituent ce qu'on appelle la progression pédagogique.

L'activité d'application, qui a été annoncée aux stagiaires en début de séquence au moyen de l'objectif spécifique, permet de réaliser l'évaluation formative. En effet, le stagiaire restitue ce qu'il vient d'apprendre durant l'activité de démonstration, en termes de savoir ou de savoir-faire.

Cette activité d'application permet au stagiaire de développer la responsabilité nécessaire à tout apprentissage efficace, puisqu'il réalise un exercice en toute autonomie. Il doit être capable ensuite de situer son niveau de réussite, en comparant son travail à une correction fournie (pour le savoir), ou en s'auto-évaluant grâce à une grille d'observation -ou check-list- (pour le savoir-faire).

En ce sens, elle est critérielle, car elle n'est relative qu'au stagiaire lui-même.

Le formateur n'intervient au cours de l'application que si une régulation est nécessaire, et anime ensuite la correction de l'exercice en félicitant son groupe, et en reprenant les aspects qui n'auraient pas été correctement restitués par les apprenants.

Après la formation : l'évaluation certificative du stagiaire.

Si la formation est suivie d'un examen -ce qui ne constitue pas une obligation, à moins que la réglementation ne l'exige-, le candidat (ex-stagiaire) se présentera pour valider une ou plusieurs épreuves, orale, écrite, ou technique.

La certification permet de sanctionner un niveau de qualification. Elle est normative, car elle doit permettre une comparaison des candidats, grâce aux résultats reportés dans une grille certificative, ou au moyen d'une notation, identique pour tous.

Le contrôle continu dans le processus de certification.

L'évaluation certificative est éventuellement associée à un contrôle continu. Ce dernier aura été réalisé durant la formation, à la fin de certaines parties du scénario pédagogique, ou en fin de journée, ou encore à l'issue d'une portion de programme.

Le contrôle continu se compose de tests, écrits ou techniques, dont la notation participe au résultat final. Il permet de relativiser l'impact d'un examen unique, et oblige le stagiaire à travailler régulièrement au cours de sa formation.

L'évaluation dite "bi-fonctionnelle" est vouée à l'échec.

Le stagiaire doit pouvoir bénéficier d'un espace de liberté pour commettre des erreurs au cours de sa formation. Les activités d'application le lui permettent, à condition qu'elles ne fassent pas l'objet d'une notation.

Tout système de notation associé à une évaluation formative reviendrait à certifier un stagiaire alors qu'il est en train d'expérimenter un contenu ou un savoir-faire, et à nier les vertus de l'erreur dans le processus d'apprentissage.

La conséquence dramatique en est que les erreurs sont commises après que le stagiaire ait quitté la formation, et sans qu'il ait été bénéficiaire des explications et des conseils lui permettant de résoudre seul ses difficultés.