
- Meeting du Front national - libre de droits
La crise économique des années 1920 a été le terreau de plusieurs formes d'extrémisme qui se sont traduites par l'instauration du fascisme dans certains pays d'Europe jusqu'à sombrer dans son expression la plus radicale et odieuse: le nazisme. Doit-on craindre un retour vers ces années sombres ? La vigilance est de mise.
Des signes alarmants
Profondément démocratique, l'Angleterre est traversée par une vague xénophobe et populiste qui touche même une classe ouvrière dotée pourtant d'une forte tradition de luttes. En 2007, les salariés anglais du site LOR de Total ont entamé une grève sur le thème "Des emplois au Royaume-Uni pour les travailleurs britanniques". Un reportage télévisé sur ce sujet montrait des travailleurs italiens, employés sur le même site, passant, têtes basses, devant leurs collègues britanniques.
En Italie, la Ligue du Nord, parti autonomiste, raciste et anti-européen qui occupe plusieurs ministères d'importance au sein du gouvernement Berlusconi, lance un "Noël blanc", nom donné à une opération de police contre les immigrés clandestins.
L'interdiction des minarets en Suisse exploite encore un peu plus cette peur de l'étranger. Ce phénomène s'étend à l'est de l'Europe. Les ultras-nationalistes slovènes, polonais, bulgares, lituaniens, roumains, hongrois revendiquent le recours à la "préférence nationale" en n'hésitant pas à employer la méthode forte.
Une présence accrue dans les instances politiques
Lors des élections européennes de juin 2009, l'extrême-droite a renforcé ses bases en remportant des sièges en Autriche, au Danemark, en Grèce, en Hongrie, en Italie, aux Pays-Bas, en Roumanie et au Royaume-Uni. Les nouveaux députés, qui rassemblent la droite populiste, des fascistes, des néonazis et des régionalistes xénophobes, sont tous eurosceptiques - voire franchement hostiles au projet européen - et unis par la même volonté de bannir la diversité et les différences. Certes, ils auront du mal à peser sur les débats au sein d'une Assemblée composée majoritairement d'Européens convaincus et démocrates. Mais le risque existe de les voir mettre fin à leurs divergences pour se constituer en un véritable groupe parlementaire qui, là, gagnerait en influence. Quoi qu'il en soit, l'extrémisme gangrène également les gouvernements nationaux. Dans de nombreux pays européens, des partis sont parvenus à se placer au cœur de la vie politique avec des discours populistes et démagogiques.
Les effets pervers de la démocratie
Les règles de la démocratie permettent à un parti extrémiste de droite ou de gauche d'exister dès lors qu'il respecte les lois et ne constitue pas une menace pour la sécurité nationale. Quel paradoxe d'accepter en son sein des formations politiques qui rejetteraient la démocratie en cas de victoire ! Les nombreux démocrates issus de la sphère politique et de la société civile savent bien qu'interdire les ultranationalistes et consorts ne feraient que les stigmatiser un peu plus. Mais n'occultons pas leur pouvoir de nuisance : il n'a jamais été autant question d'identités, d'immigration et de sécurité. Il est donc essentiel que la communauté européenne construise l'Europe économique, sociale et humaniste voulue par une majorité de citoyens des pays membres. Ce n'est qu'à ce prix que l'espoir et l'optimisme prendront le pas sur la peur.
