Nous avons aujourd'hui des informations précises quant à la vie des marins sur les navires du 17ème et 18ème siècles. La vie à bord était réglée par les quarts entre les deux bordées principales: les tribordais et les bâbordais.

Le temps

La journée de 24 heures se décomposait en deux grands quarts de six heures: de midi à six heures et de six à minuit, et trois quarts de quatre heures pendant la nuit et la matinée. Afin de marquer l'écoulement du temps le code employé était simple: on " piquait" la cloche un certain nombre de coups.

Ainsi, à midi et ensuite toutes les quatre heures on piquait quatre coups doubles, une heure plus tard un coup double, deux heures après deux coups doubles et enfin trois heures plus tard trois coups doubles; chaque demi-heure étant signalée par un coup simple.

Les occupations

A bord, le travail ne manquait pas, et les gradés veillaient particulièrement à ce que chacun soit bien occupé. L'entretien du navire constituait à ce titre un bon exemple. Lavage du pont chaque matin, puis selon les spécialités, les hommes d'équipage s'adonnaient à leur tache, sous la conduite de leur maître.Les charpentiers restauraient l'armature, les gabiers changeaient une manoeuvre usée, les voiliers rapiéçaient une voile fatiguée, des corvées étaient mises aux pompes pour assécher les fonds.

L'instruction tenait également une part importante dans le déroulement de la journée. On pouvait alors rencontrer le maître-pilote près du grand mât, en train de faire réciter les 32 rhumbs de la rose des vents. Plus loin, on pouvait apercevoir le Lieutenant familiariser les Gardes Marine au maniement d'instruments scientifiques.

Des exercices enfin complétaient la journée type du marin. Manoeuvres de pièces lourdes par les canonniers, maniement du fusil pour les soldats sous la houlette de leur sergent,ou bien encore exercices liées à la navigation, comme le virement de bord par exemple.

Les loisirs

La subsistance de l'équipage était du ressort de " l' écrivain ". C'est lui en effet qui faisait monter des soutes les denrées nécessaires. Les cuisiniers recevaient ainsi les rations pour la journée. On sait que la qualité était souvent médiocre: morue salée, porc et boeuf; biscuit, fromage et vin en constituaient l'essentiel.

On donnait, d'autre part, trois livres de tabac lors de l'embarquement que le marin chiquait ou fumait, en respectant les sévères consignes de sécurité. Ainsi certains occupaient leur temps libre soit à rattraper du sommeil en retard, à bavarder, ou bien à réaliser des travaux de patience et d'artisanat. D'autres pouvaient en profiter lorsqu'il faisait beau pour laver leur linge !

Enfin, d'après des documents concernant le règlement de service dans les années 1780, il était recommandé de faire jouer de la musique chaque jour après les repas, et d'organiser régulièrement des danses et des jeux.