Bientôt la séparation de la Belgique ? A l'heure où les autres pays de l'Union européenne (UE) ne parlent que d'économie, la rivalité entre néerlandophones et francophones se radicalise en Belgique. Le pays semble prêt à imploser après que ses électeurs, appelés aux urnes pour élire leurs 150 députés fédéraux, ont voté en masse pour les séparatistes flamands le 13 juin.

La Nouvelle alliance flamande de Bart De Wever est arrivé largement en tête du scrutin avec 28,2 % des voix. Elle devient ainsi le premier parti du Parlement et a le droit de tenter de former un gouvernement de coalition, ce qui risque d'être laborieux.

Alors que l'UE siège à Bruxelles et que la Belgique doit en prendre la présidence tournante le 1er juillet, le pays est divisé entre six millions de Flamands majoritairement néerlandophones au nord, et quatre millions et demi de Wallons, francophones pour la plupart, au sud. Le discours séparatiste autrefois marginal est devenu le principal argument de campagne de ces législatives.

Cependant la scission de la Flandre et de la Wallonie ne pourrait intervenir sans difficultés. Celle-ci se heurterait à trois difficultés majeures.

Une scission compliquée à obtenir

D’abord, la Constitution belge ne prévoit pas la possibilité de scission; pour y parvenir, la Flandre devrait donc faire voter l’indépendance par le Parlement flamand. Cette sécession serait ainsi considérée comme illégale et serait, bien entendu, très mal vue par l’ensemble des organisations et des institutions internationales. Sur ce point, la Flandre doit en outre se mettre d’accord avec la Wallonie et Bruxelles, que la séparation n'enthousiasme guère.

L’entrée dans l’Union européenne ?

La Flandre devrait également se poser la question de son intégration à l'UE. Ferait-elle les démarches pour en devenir membre ? En ce cas, elle devrait signer des traités qu’elle a toujours refusé de ratifier jusqu’alors, comme par exemple la convention de protection des minorités nationales. L'accepterait-elle, la Flandre essayant aujourd'hui d’exclure la minorité francophone de son territoire ? Rien n'est moins sûr.

Quelle capitale pour la Flandre ?

En se séparant de la Wallonie, la Flandre risquerait enfin de perdre Bruxelles, dont la participation à l'économie belge est actuellement évaluée à 540 milliards de dollars. Cela entraînerait un manque à gagner certain pour le nouveau pays, mais aussi une hausse du chômage, la création de nouvelle taxes d’importations, et l'entrée en vigueur de nouvelles réglementations.

Certaines voix s’élèvent déjà pour faire d'Anvers la capitale d’une Flandre indépendante. D’autres semblent plus hésitantes, avançant le taux de criminalité en hausse constante de celle qu’on appelle parfois la "Chicago de Belgique".

Malgré la récente victoire des séparatistes aux législatives, tout n’est pas encore rose pour les flamands…