
- Les jardins du château - hurley-gurlie182
Après le iPod, c’est au tour du iPhone : les audioguides numériques investissent le château de Versailles, lancé, depuis 2005, dans l’ambitieux projet dit Grand Versailles Numérique. Une révolution est en cours dans l’univers de la médiation muséographique, obligée de repenser ses pratiques sans cesse, en s’associant à des colosses du multimédia tels Orange et Apple.
Versailles sur iPhone : mode d’emploi
Il s’agit d’une nouvelle application, conçue d’abord pour un iPhone de la troisième génération et qui sera ensuite disponible pour d’autres téléphones mobiles. Le principe ? Se balader dans un parcours de deux heures trente dans les jardins, en visionnant des photos, textes et vidéos explicatifs sur les sites d’intérêt majeur. Le personnel du château – conservateurs, jardiniers, fontainiers – livrera, dans des interviews filmées, les détails sur la conception et l’histoire de ses bosquets, ses statues, ses fontaines. L’usager pourra aussi prendre des photos et enregistrer ses propres commentaires à partager sur le site VersaillesLab dans un espace personnel.
Le principe, très en vogue, c’est celui de la réalité augmentée : en filmant son environnement avec la fonction caméra de son mobile, le logiciel reconnaît l’orientation de l’usager et intègre du contenu multimédia. Le visiteur peut ainsi obtenir des détails sur ce qui l'intéresse simplement en le filmant.
Le Grand Versailles Numérique
Cette nouvelle application s’insère dans un projet plus vaste, qui a vu le jour en 2005 sous le nom de Grand Versailles Numérique, et qui va de pair avec les chantiers d’aménagement du Grand Versailles (2003-2020). Les conservateurs du domaine, accueillant près de dix millions de visiteurs par an, sont en train de repenser la visite du site en mobilisant les nouveaux outils numériques, que ce soit dans le cadre d’une visite virtuelle sur le site Internet ou d’une visite réelle. Impliqué davantage, le visiteur devient aussi acteur de sa visite, grâce au principe de partage des vidéos. L’ère du visiteur déambulant, passif, avec son audioguide est révolue !
Le business grandissant de la médiation muséographique
Apple, Orange, Google, IBM, HP : voilà que depuis quelques années de nouveaux acteurs, autrefois très éloignés de l’univers muséal, se trouvent aujourd'hui en première ligne. Ailleurs, des institutions prestigieuses tels le musée d’Art moderne de San Francisco, le musée Guggenheim de Bilbao, la National Gallery suivent la tendance du numérique, avec diverses applications (wifi, podcasts audio, contenu sur iPhone, 3D…). De leur côté, de nombreuses entreprises affinent les techniques de réalité virtuelle, doublant le musée réel d’un espace ludique et interactif, comme dans le cas du MoMa de New York.
Le Louvre n’est pas en reste, avec son DNP Museum Lab, en partenariat avec le japonais Dai Nippon Printing, un véritable laboratoire multimédia qui met en place diverses applications audio, vidéo et tactiles.
Espace You Tube pour le MoMa, Tate sur Flickr et My Space… Si ces nouvelles approches ne manqueront pas de susciter l’intérêt d’un public jeune et branché nouvelles technologies, qu’en est-il des moins jeunes ? Elyse Topalian, vice-présidente du Met (Metropolitan Museum of Art de New York) nie la fin de l’audioguide traditionnel, soulignant la complémentarité entre celui-ci et le iPod : « Ce n’est pas le même usage. […]. C’est une manière différente de communiquer et de partager la culture » (source : http://sinapsesconseils.typepad.com ) Remettons donc les funérailles à plus tard.
Pour en savoir plus :
http://www.chateauversailles.fr/homepage
