Surdité, comprendre et réagir pour mieux lutter

Tout savoir sur le premier handicap français

Oreille - Thompson Advertising, Inc.
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La surdité, perte de tout ou partie de l'ouïe, frappe fort : ouvrons les yeux sur le déficit qui touche près de cinq millions de Français.

Maintes associations, nombreuses recherches en cours, un sous-titrage de plus en plus répandu : c’est bien, mais ce n’est pas suffisant. Les chiffres du secrétariat d’État à la Santé alarment : 1 Français sur 2 ne contrôle jamais son audition, alors que ce handicap invisible touche tout un chacun. Sur les 5 millions de Français qui en souffrent, 2 millions ont moins de 55 ans !

Différents face à la surdité

La déficience auditive est conditionnée par le moment de son apparition, son évolution et sa prise en charge (réaction du patient, de son entourage et aides sociales). Il est avant tout essentiel de faire la distinction entre les sourds de naissance et ceux qui le deviennent. Bien que chacun ait son vécu, les premiers se sentent globalement « différents » alors que les seconds vivent cette situation comme un « handicap ».

Les déficients auditifs dès la naissance, ou très jeunes, apprennent à faire face à leur différence en développant toute une série de comportements et d’habitudes. Les malentendants et les personnes devenues sourdes à l’adolescence ou après 50 ans (avec l’apparition de la presbyacousie caractérisée par une perte de l’acuité auditive due à l’âge du sujet) font souvent l’objet, plus que les autres, d’un important isolement qui nuit à leur moral et, par conséquent, à leur combativité.

Il n’y a donc pas de personnes qu’il faut épauler plus que d’autres, car l’état du malentendant est conditionné, plus encore que par son ouïe, par l’oreille attentive que son entourage lui prête…

Le danger des nuisances sonores

Lorsqu’elle n’est pas de naissance, la surdité résulte souvent de l’exposition à un environnement sonore supérieur au seuil de tolérance. Les risques de lésions auditives sont encourus dès 90 dB.

Un seuil souvent dépassé, puisqu’on mesure 95 dB pour une rue à circulation dense, 100 dB pour un baladeur à volume maximal et autour de 105 dB pour les concerts. Sans oublier les lieux de travail trop bruyants générant d’innombrables cas de surdité professionnelle (dont vous obtiendrez plus d'informations sur le site de l'INRS).

Mais comme le signalent les professionnels de la musique, regroupés dans l'association « Agi-son », outre le niveau sonore, la durée d'exposition est également à surveiller. À titre d'exemple, il ne faut pas écouter son baladeur à volume maximal pendant plus de deux heures... par semaine !

Consulter pour mieux agir !

Quand tout semble en ordre, un simple dépistage peut se révéler salutaire, particulièrement chez les enfants. Alors, si le moindre signe vous alerte : consultez immédiatement ! Bruits internes fastidieux, sensation d'oreilles cotonneuses, acouphènes (bourdonnements ou sifflements constants ou intermittents), hyperacousie (hypersensibilité au bruit) ou perte soudaine de l’ouïe peuvent vous mettre en garde. Plus tôt le diagnostic sera dressé, plus tôt et mieux votre problème sera traité !

Souvent, on préconisera une prothèse auditive, à acquérir rapidement pour faciliter la rééducation de l’oreille, ce qui nécessitera beaucoup de patience et un port continu. En cas de surdité profonde, en revanche, les implantations sont toujours plus courantes. Enfin, bien que très instinctive, la lecture labiale (lire sur les lèvres) peut parfois nécessiter un long apprentissage, dispensé par un orthophoniste qualifié.

Par ailleurs, sachez que ce qui sera prescrit par un médecin pourra être pris en charge par la sécurité sociale. Notons toutefois qu’en France, les remboursements ne représentent qu’un grain de sable face aux coûts démesurés auxquels un malentendant doit faire face !

Communiquer avec les malentendants

Il est difficile, voire impossible, de comprendre ce que ressent une personne qui peine à entendre la voix de ceux qu’elle aime, les éclats de rire ou un cœur qui bat. Pire, quand tout devient silence… Dès lors, comment soulager les déficients auditifs ? Que faire pour qu’ils se sentent intégrés dans une société qui est aussi la leur ? Pour les aider à vaincre l’isolement, communiquez au mieux avec eux !

Pour ce faire, voilà quelques règles de base : parlez-leur face à face, ralentissez le débit de parole, articulez au maximum et n’hésitez pas à reformuler les phrases, le tout dans une ambiance lumineuse et peu bruyante. De plus, évitez d’élever la voix car les malentendants sont hypersensibles au bruit.

Quelques conseils pour éviter tout malaise pourront également s’avérer fort utiles. Envie de regarder une toile avec un malentendant ? Choisissez un film sous-titré ! Un message à lui délivrer ? Oubliez le téléphone… si ce n’est pour un SMS. Bref, ne faites rien à la légère, car tout ce qui n’est qu’un réflexe pour vous pourrait plonger dans l’embarras votre interlocuteur malentendant ! Quant aux sourds signants (qui pratiquent la langue des signes) : privilégiez la communication gestuelle et, si vous en avez l’occasion, apprenez leur langage !

Quoi qu’il en soit, chassez les préjugés. Communiquez patiemment, avec tact mais sans compassion. Et pour tous ceux qui craignent la différence… sachez que, bien souvent, elle se résume à une véritable richesse.

Portrait, Bianca Fiorà

Bianca Fiorà - Née en Italie, d’un père italien et d’une mère roumaine mais italienne de coeur, j’ai vécu ...

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Commentaires

25 janv. 2010 22:45
Laurent Matignon :
Je me permets d'indiquer que je consacre un blog aux troubles auditifs depuis près de trois ans :
http://www.Oreille-Malade.com
1 Commentaire:
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