
- la Petite France - all-free-photos
Pour découvrir tous les secrets d’une ville, il faut savoir apprendre à lever les yeux et à être attentif aux moindres détails, cette promenade propose donc un autre point de vue sur Strasbourg.
Commençons par un quartier qui recèle bien des mystères, celui de la cathédrale. Célèbre pour ses nombreuses légendes, la cathédrale doit surtout sa renommée à sa construction grandiose et à sa tour qui culmine à près de 142 mètres. Elle resta d’ailleurs, jusqu’au XIXe siècle, l’édifice le plus haut, dépassé aujourd’hui par la cathédrale de Rouen.
Les détails historiques
- Enseigne en fer forgé au 24, place de la cathédrale
Sur la façade d’un antiquaire se trouve une petite enseigne révolutionnaire représentant la cathédrale surmontée d’un bonnet phrygien. En 1794, les révolutionnaires ont exigé la destruction de la flèche de la cathédrale qui, par sa hauteur exceptionnelle, symbolisait l’arrogance de la religion chrétienne. Afin d’éviter ce désastre, le strasbourgeois Sulter proposa de coiffer la flèche d’un bonnet pour indiquer au-delà du Rhin que Strasbourg participait à la gloire de la Révolution. Cette enseigne rappelle aux passants cette période troublée de l’histoire.
- Impact d’obus au 12-13, place de la Cathédrale
En observant bien la façade de l’Hôtel de la cathédrale, vous pouvez apercevoir un obus prussien encastré dans la façade, qui n’a pas bougé depuis le bombardement de la ville. En effet, en 1870, les Prussiens ont envahi la France et bombardé Strasbourg de projectiles, semant la terreur. La France a perdu la guerre et, avec le traité de Francfort, l’Alsace est devenue allemande jusqu'à la Première Guerre mondiale.
- Le pilier de la minceur au 10, place de la Cathédrale
Le pilier soutient l’encorbellement de l’angle de la plus ancienne pharmacie de France (1268), devenue aujourd’hui la boutique Culture. Ce pilier de la minceur tire son nom d'une vieille tradition : si on ne parvenait pas à se glisser entre le pilier et le mur, un régime s’imposait. Il est le témoin de l’importance que portaient les bourgeois du XVIe siècle à leur physique.
Le jeu de piste se poursuit avec des maisons qui se démarquent par leur originalité.
Les maisons excentriques
- Maison Kammerzell au 16, place de la Cathédrale
La profusion d’ornementation sur cette maison à colombage a fait d’elle l’un des monuments incontournables de Strasbourg. Le moindre espace sur les poutres est sculpté de représentations de scènes antiques, religieuses et profanes. L’autre caractéristique se trouve au niveau des fenêtres : en regardant bien, vous remarquez que les vitres sont constituées de cul-de-bouteille.
- Maison égyptienne au 10, rue du Général Rapp
En plein quartier allemand, se dresse sur la façade d’une maison une fresque d’inspiration égyptienne. Cette curiosité architecturale, mêlant l’art nouveau et l’orientalisme, était très à la mode au début du XXe siècle.
- Maison Cagliostro au 12, rue de la Râpe
Le comte Cagliostro était un personnage mystérieux, à la fois aventurier, alchimiste et inventeur, entre autres, d’un élixir de jouvence qu’il vendait à Strasbourg. De 1780 à 1783, le comte vécut dans cet immeuble qui présente, sur ces trois façades, uniquement des fenêtres d’où son surnom : la Lanterne.
Poursuivons ce circuit avec des monuments qui cachent bien des secrets.
Des monuments mystérieux
- Pont du Corbeau entre la rue de la Douane et le quai Saint-Nicolas
Au Moyen Âge, c’était le lieu des exécutions publiques, ce qui lui a valu l’appellation de "pont des supplices". Les condamnés à mort étaient enfermés dans une cage et exposés sur le pont au regard des passants, pendant quelques jours pour être jetés par la suite à l’eau.
- Le barrage Vauban, place Hans-Jean-Arp
Après le rattachement de Strasbourg à la France en 1681, Louis XIV fait appel à Vauban pour construire un barrage. Ainsi, en cas d’attaque, en fermant les vannes, on pouvait inonder les terres situées au sud pour les rendre infranchissables par l’ennemi. Pour améliorer la protection du bâtiment, le toit a été recouvert d’un remblai de terre afin d’amortir les impacts d’obus.
N’hésitez pas à aller voir de vous-même, une terrasse a été créée offrant une vue imprenable sur Strasbourg. L’accès à l’intérieur du barrage est également libre, permettant ainsi de voir tous les moulages de plâtres des statues de la cathédrale.
Pour conclure cette visite, rendez-vous dans la Petite France, le quartier le plus pittoresque de Strasbourg.
La Petite France
Ce quartier doit son nom à une terrible maladie, la syphilis. Au XVIe siècle, les soldats de François 1er atteints du « mal français », comme l’appelaient les allemands, ont été soignés dans un hôpital installé à proximité. Il est dorénavant un des endroits les plus touristiques de la ville. Ce charmant quartier se distingue par des maisons à colombages aux grands toits pentus, occupé au Moyen Âge par des tanneurs, meuniers et pêcheurs, comme en témoigne le nom des rues : rue des Moulins ou celle du Fossé des Tanneurs.
Si cette visite a éveillé votre curiosité, courez consulter le livre Strasbourg secret de Bernard Vogler, qui vous révèlera bien d’autres trésors cachés.
