le plaisantin malicieux (« The Joker ») qui vit aux USA (« Living In The USA ») a connu des heures sombres (« My Dark Hour ») et est parti à la campagne (« Going To The Country »), puis à Mexico (« Going To Mexico ») où il a rencontré le gangster de l'amour (« Gangster Of Love »). On pourrait ainsi résumer, brièvement, la carrière de Steve Miller, auteur de quelques albums et chansons qui resteront dans l'histoire du rock.

Une guitare en or

On pourrait dire que si certains sont nés avec une cuillère en or dans la bouche, Steve Miller est né avec une guitare dans les mains. Sa mère était une chanteuse expérimentée et son père un physicien de profession, ingénieur du son pendant ses loisirs. Le petit Steve reçoit sa première guitare à l'âge de 4 ans. A cela, on peut ajouter que Les Paul, l'inventeur de la guitare électrique, fréquentait la famille Miller et aurait appris ses premiers accords à Steve.

Steve forme son premier groupe (les Marksmen) à l'âge avancé de 12 ans et pendant 5 ans écume les surprise-parties et fêtes diverses. Le départ de la plupart des membres du groupes pour l'université voit la fin du groupe. C'est là que Steve forme un autre groupe, The Ardells, avec un de ses amis, le guitariste Boz Scaggs. Vient ensuite dans le groupe un certain Ben Sidran qui joue de l'orgue.

On retrouve ensuite Steve à Chicago où il joue avec Paul Butterfield (Paul Butterfield Blues Band), Muddy Waters et Buddy Guy. Puis il forme un groupe avec l'organiste Barry Goldberg : le Goldberg-Miller Blues Band. On l'aura compris, Steve Miller est fortement impliqué dans la scène blues américaine naissante de l'époque. Mais après un single et une série de concerts à Manhattan, Miller retrouve une scène blues de Chicago déjà défunte.

Cap sur San Francisco

Steve ne fait ni une ni deux, il loue un microbus Volkswagen et se rend à San Francisco où il retrouve Paul Butterfield. Il ne faut pas longtemps pour qu'il forme le Steve Miller Blues Band qui débute à l'Avalon Ballroom en janvier 1967. Et ça marche ! Très rapidement, le groupe devient une tête d'affiche, joue au Fillmore Auditorium en avril et se retrouve sélectionné pour le festival de Monterey Pop. Le mois suivant le groupe enregistre un album avec Chuck Berry à l'Avalon. Un disque alimentaire certes, mais Miller qui dort dans son van depuis quelque mois a bien besoin de prendre un appartement...

Children of the future

Après Monterey, le groupe signe avec Capitol Records un contrat très avantageux financièrement et qui lui donne entière liberté artistique. Steve contacte alors Boz Scaggs et l'invite à le rejoindre. Le groupe se rend ensuite en Angleterre où il enregistre son 1er album avec le producteur Glyn Johns (cf. Rolling Stones). Children of the Future (1968) marche bien sur les radios mais ne se classe pas parmi les 100 meilleures ventes. Le suivant, Sailor (1968), qui comporte des titres comme « Living In The USA » ou « Gangster Of Love » marche déjà mieux et atteint les 40 meilleures ventes d'albums aux USA.

Brave New World

On retrouve Ben Sidran pour le 3ème disque du groupe, « Brave New World » (1969) qui est mixé en Angleterre avec Glyn Johns. C'est là que Miller rencontre Paul Mac Cartney. Celui-ci apparaît à la basse et à la batterie sur « My Dark Hour ». C'est sur cet album que figure un autre classique de Miller : « Space Cowboy ». En effet, Miller a la particularité de se créer des personnages qui le symbolisent comme le cow boy de l'espace psychédélique ou encore le gangster de l'amour qui sera suivi du Joker. La musique du groupe pendant cette période peut être définie comme du blues psychédélique car à coté de titres enlevés et ne dépassant pas les 3 minutes, on trouve des morceaux plus expérimentaux comme « Song For Our Ancestors », « Quicksilver Girl » ou « Your Saving Grace ».

The Joker

1972. La voiture qui transporte Steve Miller vers un aéroport pour une tournée européenne a un accident. Il se brise la nuque et retourne chez ses parents en convalescence pendant 8 mois. C'est certainement cette période d'inactivité qui lui donne des idées pour la suite : The Joker (1973). Le son du Steve Miller Band a changé, plus funky, plus rock, moins psychédélique mais toujours avec une bonne dose d'humour. C'est un n° 1 pour « The Joker ». Fatigué de tourner, Miller s'accorde du repos. Fly Like An Eagle (1976) et Book Of Dreams (1977), deux albums certifiés platine, sont le résultat de cette « pause ».

L'un des derniers grands albums de Steve Miller, Abracadabra, paraît en 1982. Il reste actif pendant les 80's et les 90's et a publié en 2010, un disque où il revient au blues de ses origines : Bingo ! Si vous ne connaissez pas Steve Miller et désirez découvrir sa guitare magique, sa voix chaleureuse, ses compositions accrocheuse, offrez vous le Best Of 1968-1973 qui comporte des titres extraits des 9 premiers albums. Un bon moment garanti !