Autrefois, la nouvelle année dépendait de nombreux régimes calendaires. Ainsi, pour les Celtes, la nouvelle année commençait le 1er février. Pour les Grecs et les Romains, le nouvel An débutait au 1er mars. En France, il fallut attendre le XIVe siècle pour que la nouvelle année démarre le premier janvier, proche du solstice d'hiver. Depuis, le 1er janvier est devenu le jour des voeux et des étrennes.

Les voeux et dictons de bonne année: le tour des régions

Les différentes formules anciennes de souhaits étaient parfois assorties d'une quête, d'une demande d'étrennes.

Les voeux de Nouvel An en Bretagne et en Normandie (*)

Dans cette région, on accompagnait les baisers échangés le premier janvier, de ces bons mots: "Une bonne année, je vous souhaite, santé et prospérité, et le paradis à la fin de votre vie". Il se disait encore: "Bonjour à vous! Je ne vous ai pas encore vu cette année; la bonne année je vous souhaite et beaucoup d'autres, santé et prospérité, et le paradis à la fin de votre vie". Les plaisantins délivraient des voeux douteux, tels que: "Bonne année à tout ce qui est vôtre. - Et dans le ménage, point de soucis ". En Normandie, l'expression était identique, à la différence que l'on rajoutait parfois à la fin du voeux ... "si vous avez su le mériter."

Les souhaits de nouvelle année en Franche-Comté et dans les Vosges (****)

En Franche-Comté, les jeunes gens criaient à la lumière de torches allumées: "Bonne année reviens, Ramène du pain, Du vin, De tous les biens, Des noisettes, Pour les filles, Des noix pour les garçons." Une quête des étrennes avait lieu du 1er janvier à l'Epiphanie, à cette occasion, les jeunes enfants et les pauvres gens se déguisaient comme à Carnaval.

Dans les Vosges, les souhaits du premier jour de l'An s'accompagnaient d'une quête d'étrennes: "C'est aujourd'hui le nouvel an, Je vous souhaite la bonne année, et une parfaite santé, Et une parfaite année, Et une parfaite santé, Et toutes sortes de prospérités, ..." Et chacun de recevoir un sou après avoir entonné ses souhaits.

Les voeux de Nouvel An en Auvergne (*)

Dans cette région, on constate que les souhaits sont apparentés à une demande d'étrennes:

"Bon jour, bon an, les étrennes nous demandons", ou "Je vous souhaite une bonne année, une bonne ménagère et à la fin -de vos jours- le pays des anges.". Pour les jolies demoiselles, les paroles suivantes étaient dites: "Bonne année - Jolie jeune fille - Tendez votre figure - Je vous donnerai un baiser". On entendait aussi à cette occasion: "Je vous souhaite un plein sac d'écus, fouillez dans votre poche et donnez m'en un cent".

Les bons voeux dans les Landes (*)

Il se disait autrefois pour la nouvelle année: "Bonjour, (Nom). Je vous souhaite bonne fête et bonne année, de beaucoup d'autres accompagnée".

Les souhaits de bonne année en Provence (*)

La tournure des voeux dans cette région était généralement la suivante: "Bon jour, Bon An, l'étrenne vous demandons", ou "Bonne année, accompagnée de beaucoup d'autres. De tant que le bon Dieu voudra".

Les voeux de bonne année, rédigés par des personnages historiques, célèbres

Mme de Simiane, petite fille de la Marquise de Sévigné, nous laisse, à travers ses écrits, un témoignage de ses expressions (**) :

  • « Bonjour et bon an, monsieur, et tout ce qui s'ensuit ».
  • « ...Je vous souhaite de bonnes années, sans nombre, tous les bonheurs que vous méritez, et que je suis, avec un attachement très parfait, Votre dévouée ».
Alfred Nettement, journaliste et historien du 19ème siècle, nous laisse ce doux message de belle année, retrouvé dans un article de la semaine des familles (***):

  • « Je vous la souhaite, oui, je vous souhaite une bonne et heureuse année; je souhaite aux parents la santé et le bonheur de leurs enfants, et aux enfants la santé de leurs parents; je vous souhaite le goût du bonheur intérieur, l'union et cette paix qui appartient aux hommes de bonne volonté comme la gloire appartient à Dieu le goût des joies de la famille, de ces plaisirs doux et purs, auxquels je serai heureux de contribuer en vous offrant une lecture qui puisse intéresser votre esprit sans rien coûter à votre coeur ».

Transmission des voeux pour la Nouvelle Année

A chaque début d'année, la coutume veut que l'on échange des voeux. Ils prennent souvent la forme de cartes de voeux, ou de cartes de visite notamment en ce qui concerne les professionnels et le rang social occupé. De plus en plus, sont utilisés d'autres moyens de communication. Certains utilisent le téléphone, qui a un inconvénient: oral, il ne laisse pas de trace, de souvenir. D'autres envoient des voeux par sms, ils sont courts et peu pérennes. Il est également de plus en plus courant de transmettre des voeux par cartes virtuelles (cartes électroniques). Si ce sont des medium de notre temps, ils ont le désavantage d'être volatiles et ne peuvent donc pas être conservés. Ainsi, pour la famille ou les personnes importantes, il serait préférable de s'en tenir aux formes papier pour l'envoi des voeux. Ainsi, une belle carte de voeux, écrite à la main, ou encore un beau papier de carton portant votre nom gravé ou imprimé, aura plus de signification pour le destinataire. Symboliquement, ce mode de transmission s'assimilera plus à une visite. Enfin, sachez qu'il est de bon savoir vivre que ce soient les filleuls(es) qui souhaitent les bons voeux à leurs marraines et parrains, les premiers.

Quand doit-on envoyer les souhaits de Nouvel An?

On entend souvent dire que l'on a tout le mois de janvier pour transmettre ses bons voeux. D'après l'étiquette, le protocole attaché à cette coutume, il semblerait qu'il soit de bon savoir vivre d'envoyer ses voeux la première semaine de l'année. Ils doivent être portés personnellement, ou transmis via la poste, dans les premiers jours. Il s'agirait même d'une condition pour que le bon message soit perçu par le destinataire comme un témoignage d'estime, de sympathie et surtout de politesse. Ce qui naturellement représente l'objectif de l'émetteur.

La symbolique et les croyances relatives aux étrennes

L'origine des étrennes est païenne, on les retrouve sous le terme de Strenae chez les Romains. Les étrennes représentaient des dons d'heureux présage, de bonne fortune, de bon augure. La générosité liée aux étrennes tient à une bonne fortune du premier jour de l'An, qui perdurerait toute l'année à venir. Dans l'antiquité, la nature du don en déterminait la magie, le présage. Ainsi, le laurier et l'olivier appelaient à la réussite, les dates, les figues, le miel à une douce et belle année. Dans l'Allier, plus précisément dans l'ancien Duché du Bourbonnais, on offrait en étrenne un coq en pâte. Ce dernier symbolisait le pouvoir de l'animal à ramener le soleil du nouvel an. C'est ainsi, qu'il perdure dans de nombreuses cultures une croyance qui fait que chacun est persuadé que les voeux, les tâches accomplis au début de la nouvelle (souvent le premier jour) auront une répercussion magique sur l'année à venir.

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Sources:

(*) Société des traditions populaires, Revue des traditions populaires, 1886-1919

(**) Gustave Merlet , Extraits des classiques français : cours élémentaires : prose et poésie / accompagnés de notes et notices,C. Fouraut et fils (Paris), 1870

(***) La Semaine des familles, J. Lecoffre (Paris), 1858-1896

(****) Saintyves, Pierre, Les liturgies populaires : rondes enfantines et quêtes saisonnières, Edition du livre mensuel (Paris), 1919