Soldes, entre arnaques et réalités

Des promos souvent miroir aux alouettes pour les fashion victim's

Comment distinguer les vraies soldes des fausses, qui favorisent les importations et les délocalisations au détriment des plus défavorisés

Il y a une trentaine d’années, les soldes correspondaient encore à une réalité économique. Les commerçants proposaient ainsi des remises de 20 ou 30 % sur le reste de leurs stocks.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus pour eux de liquider leurs invendus de la saison mais de faire un réel profità l’occasion de ces périodes tant prisées des consommateurs. Ainsi ils mettent en place une stratégie d’achat pour satisfaire les acheteurs avides de remises de plus en plus alléchantes.

Pour cela, les magasins doivent contourner la loi

En effet, celle-ci leur interdit de démarquer des marchandises qui ont mois de trois mois de présence en rayons. Pour y parvenir, rien de plus simple: il suffit de faire livrer les produits destinés aux soldes d’hiver en septembre et ceux d’été en avril. Mais pour préserver des bénéfices de 25 à 35 % malgré des remises de 50 à 70 %, une seule solution: acheter à bas prix des marchandises importées et délocalisées.

Comment le consommateur peut-il faire la différence entre les vraies et les fausses soldes ?

  • Les vrais soldes concernent des produits dépareillés, proposés en quantités limitées et dont le commerçant veut véritablement se débarrasser.
  • Les fausses soldes concernent souvent des marchandises qui apparaissent tard dans les rayons car souvent de moins bonne qualité. Les commerçants préfèrent les conserver le plus longtemps possible en réserve pour ne pas altérer leur image. Enfin, ils sont généralement proposés en grande quantité, comme si rien n’avait pu être vendu en cours de saison.

A titre d’exemple, imaginons un magasin de vêtements qui propose en cours de saison au prix de 100€ une veste de qualité qu’il a acheté 40 €. A la fin de l’hiver, il lui en reste deux qu’il décide de solder à -40%. Vendues à 60€, sa marge sera de 20€

Parallèlement, il a acheté à 20€ 30 vestes importées de moindre qualité pour les soldes qu’il se fait livrer en septembre. Il en met 4 en rayon début décembre au prix de 90 €.

A l'heure des soldes, il va les démarquer à -50%. Vendues à 45 €, sa marge sera de 25 €. Le consommateur, attiré par l’image de qualité du commerçant, se laissera tenter par les vestes importées et le détaillant aura préservé sa marge.

Des pratiques risquées pour tous

Comment imaginer la survie d’un commerce quand on sait que les soldes représentent aujourd’hui jusqu’à 50% des ventes. Malheureusement, c’est souvent le comportement des acheteurs les plus démunis et dont les emplois sont particulièrement vulnérables aux délocalisations, qui favorise ce type de politique commerciale. Ils ne se rendent pas compte qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis.

S’il n’est pas question de réglementer les marges et les prix, ne pourraient-on pas imposer de faire figurer sur les étiquettes le prix d’achat de départ et les provenances des marchandises proposées pendant les soldes?

Guy Dovert 2009, Guy Dovert

Guy Dovert - Guy Dovert - 68 ans Co fondateur de Neuilly-Putaux écologie en 1977 Après une carrière de chef d'entreprise ...

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