Sécurité sociale, entre ras-le-bol et déficit

Gros-plan sur le malaise de la Sécu

la Sécu - géraldine PETEYTAS
la Sécu - géraldine PETEYTAS
Dégradations des conditions de travail, déficit record prévu pour 2010 : l'emblème de la protection sociale en France souffre.

La Sécurité sociale est un ensemble d'institutions qui protège les citoyens de ce que l'on nomme "les risques sociaux" : maladie, accident, décès, etc. D'un point de vue pratique, elle assiste financièrement ses bénéficiaires.

D'un point de vue institutionnel, elle est composée de différents organismes, pour la plupart de droit privé, qui contribuent à cette aide financière. La "Sécu", comme on l'appelle communément, est chargée d'une mission de service public.

Malaise grandissant chez les salariés

Depuis plusieurs mois, les appels à la grève au sein de la Sécurité sociale se multiplient, témoignant clairement du ras-le-bol de l'ensemble de ses salariés.

Encore très récemment, le 28 janvier 2010, un appel national à la grève a été lancé par tous les syndicats des différents organismes de la Sécu pour protester contre une très nette dégradation des conditions de travail et réclamer des améliorations, tant pour les salariés que pour les assurés.

Les premiers demandent principalement aux pouvoirs publics :

  • l'arrêt des suppressions d'emplois dans tous les organismes - par exemple, à la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Poitiers, 72 emplois ont disparu depuis 2001;
  • une évolution des carrières;
  • l'arrêt des restructurations, mutualisations et externalisations à marche forcée;
  • le remplacement des départs en retraite - seule une personne sur trois partant à la retraite est actuellement remplacée.

La raison globale de ce mécontentement est donc le dégradation de la situation au sein des organismes, tant au niveau des conditions de travail des salariés qu'au niveau de la qualité du service rendu. En effet, les assurés comptent parmi les principales victimes de ce délabrement. Les effectifs de la Sécu diminuant régulièrement et la charge de travail augmentant constamment, les retards s'accumulent et le service se dégrade.

Le problème du "trou" de la Sécu

En 2010, la Sécurité sociale devrait enregistré un déficit record, à 30 milliards d'euros. Les principaux financements de la Sécu sont assurés par des cotisations sociales prélevées sur la rémunération des salariés.

Les avis et les propositions destinées à réduire ce déficit divergent selon les partis politiques, les syndicats, les associations et suscitent de vifs débats.

Voici toutefois quelques éléments clé qui expliquent le "trou" de la Sécu.

  • La Sécurité sociale subit la hausse brutale du chômage.
  • Son régime général connait un déficit important, faute d'équilibre entre les recettes et les dépenses. Ce déficit induit nécessairement un besoin de financement complémentaire, comblé par emprunt, ce qui contribue à accroître le déficit.
  • La croissance des dépenses de santé est supérieure à la croissance économique moyenne.
  • La régulation du système de soins français est presque impossible, ses principaux acteurs étant en total désaccord.
  • Les régimes spéciaux auxquels souscrivent entre autres les artisans, les commerçants, les employés de la SNCF et de EDF ainsi que les militaires n'ayant pas suffisamment de rentrées financières, c'est le régime général qui renfloue leurs caisses.

Les mesures principales que le gouvernement a pris ou pourrait prendre pour faire face au problème sont :

  • une hausse du forfait hospitalier, qui passera de 16 euros à 18 euros;
  • la baisse du remboursement des médicaments jugés "non indispensables", qui devrait passer de 35 % à 15 %;
  • une possible accentuation des contrôles des arrêts-maladie et des transports sanitaires.

Entre dégradations des conditions de travail au sein de la Sécurité sociale et un déficit croissant, une donnée reste immuable : l'assuré fait toujours partie de ceux qui paient les pots cassés.

géraldine peteytas, géraldine peteytas

Géraldine Peteytas - Jeune journaliste licenciée en Lettres Modernes et en Information-Communication Géraldine PETEYTAS est passionnée par ...

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