Applicable à tous les âges, en thérapie ou non, la microkinésie, est une technique de soins manuelle douce. Le terme vient du grec "micro" (petit à petit) et "kinési" (mouvement et thérapie), soit "soin par le petit mouvement". Décrite pour la première fois en 1939, par W.G. Sutherland (un ostéopathe diplômé de l'École américaine de Kirsville), la microkinésie a été initiée en 1983 par Daniel Grosjean et Patrice Bénin, masseurs kinésithérapeutes lorrains.

C'est quoi la microkinésithérapie ?

La microkinésithérapie est une technique de soins non invasive et réellement efficace, souvent pratiquée par des kinésithérapeutes ou des médecins spécifiquement formés à la méthode.

Agressions traumatiques, virales, toxiques, microbiennes, émotionnelles... Pour s'en débarrasser, depuis les origines, le corps humain a des facultés naturelles de défense, d'adaptation, de cicatrisation et d'autocorrection qui lui permettent de réagir et de repartir. Mais lorsqu'il doit combattre une agression supérieure à ses capacités d'autodéfense, la vitalité du tissu corporel concerné va être altérée et le corps "mémorise" cette agression. Apparaissent alors différentes manifestations ou séquelles (douleur, lésion...).

Mais ce que nous ignorons, c'est que la trace "mémorisée" ne reste pas à l'endroit où le traumatisme a eu lieu, elle se diffuse dans le corps... parfois très loin de son lieu d'origine ! C'est ainsi que se créent des symptômes douloureux variés et trompeurs, car ils se manifestent à un autre endroit que celui où s'est déroulée l'agression. En définissant à la fois la cause initiale et l'endroit précis où elle a eu lieu, le microkinésithérapeute traite la partie réellement atteinte, qui n'est pas forcément celle décrite par le malade.

Un tissu altéré présente toujours une caractéristique particulière et la résistance qu'il émet, lorsqu'il est sollicité par les doigts, en est le signe. Le thérapeute sent la réaction du tissu abîmé, en l'isolant entre ses deux mains, par micropalpation. Il va reconnaître ainsi la trace laissée, aux différentes formes qu'elle présente : perte de vigueur, d'énergie, mollesse, passivité, raideur... Ceci est valable pour toutes les traces que le corps a subies tout au long de sa vie et dont il a gardé la mémoire.

Déroulement d'une séance

Le patient est invité par le thérapeute à décrire les symptômes du mal qui l'amènent à son cabinet. Puis, il lui demande de s'allonger sur une table de consultation... tout en conservant ses vêtements. Ce qui ne manque pas de surprendre la première fois ! De cette façon, le microkiné ressent mieux les rythmes vitaux et le patient est plus à l'aise, surtout celui pour qui le fait de se dévêtir dérange.

Pour commencer, le thérapeute "interroge" les tissus pour retrouver les causes directes du dysfonctionnement décrit par le patient. Il travaille obligatoirement avec ses deux mains ensemble : l'une d'elle garde la cicatrise (la cause du dérèglement) et l'autre, la conséquence (le symptôme ressenti). Il procède ainsi à une micropalpation tout au long de la ligne médiane du corps à la recherche de la partie affectée. Une fois cette partie définie, il cherche ensuite à localiser le tissu atteint, afin de retrouver le symptôme et sa localisation exacte dans le corps.

Le praticien sollicite alors l'organisme par des étirements, des poussées synergiques, des compressions... En effectuant ces gestes, il reproduit les cicatrices (émotionnelles ou traumatiques) que l'organisme n'identifie plus, l'obligeant ainsi à les reconnaître, à réagir par autocorrection et à les éliminer définitivement.

Après la séance

La séance terminée (entre 30 et 45 min), le thérapeute a retrouvé et réveillé les désordres qui ont motivé la consultation. L'organisme commence alors à les évacuer. Il est normal, bien souvent de se sentir fatigué pendant 48 heures, ainsi que d'éprouver des douleurs ou des émotions en lien direct avec la libération des cicatrices à l'origine du mal. Boire beaucoup d'eau et ne pas faire trop d'efforts sont la seule ordonnance prescrite, pour faciliter l'élimination.

Doit-on revenir en consultation ?

Il arrive qu'une seule séance soit insuffisante pour régler définitivement le problème, dans ce cas une deuxième est fixée à quelques semaines d'intervalle (ou de façon plus rapprochée en cas de malaise aigu). Cependant, on ne va pas au-delà de trois séances pour un même symptôme. Si le thérapeute n'a pu résoudre le problème dans ce délai, soit il n'est pas parvenu à retrouver les causes responsables de la maladie, soit celle-ci n'est plus récupérable et il se doit dans ce cas de réorienter son patient vers d'autres thérapies.

Sans malaise particulier, dans le seul but d'un bien-être personnel, on peut aussi avoir recours à la microkinésithérapie, en programmant deux ou trois séances annuelles.

Qui pratique ?

La microkinésie est une méthode de soins qui nécessite une bonne connaissance de l'anatomie du corps humain. C'est pourquoi le Centre de formation à la microkinésithérapie ne forme que des praticiens, professionnels de santé (kinésithérapeutes diplômés d'État pour la plupart) ou des médecins.

Pour en savoir plus :

- Où trouver un microkiné : www.microkinesitherapie.com

- Prix d'une séance : le prix est libre et fixé par le praticien lui-même (autour de 45 euros la séance), non remboursé par la sécurité sociale, mais certaines mutuelles prennent en charge les séances.