La recherche d’un appartement n’a jamais été chose facile. Même si aujourd’hui les moyens de recherche se sont multipliés et se font pour beaucoup par internet, le reste du parcours n’a pas été simplifié.
Recherche d’appartement à plein temps
La recherche peut se faire principalement de chez soi, les annonces paraissant rapidement sur le net. Sur Le Bon coin, Vivastreet ou le PàP, les bonnes annonces par particuliers sont les premières recherchées, évitant ainsi les frais de dossiers parfois supérieurs au montant du loyer. Ensuite, faute de mieux, il faut se résoudre à passer par une agence (seloger.com, les sites agréés FNAIM), en évitant celles à listes qui promettent monts et merveilles pour 300 euros. Enfin, il y a les journaux, les gratuits, les affichages, les relations et les petites annonces. Un épluchage qui engendre la descente d’un forfait de téléphone, soit un quotidien bien rempli pour une recherche à plein temps.
La colocation comme solution
Il faut d’abord passer la sélection par téléphone, notamment la fameuse question : est-ce pour une colocation? Bon nombre de propriétaires n’acceptent pas ce système de logement. Pour toute une génération de jeunes actifs, un loyer seul et une solitude certaine leur font préférer le système de partage d’appartement. Solution commode et agréable où l’on réapprend à vivre ensemble, en forme de mini-communautés, où partage et échange se font dans différents domaines, financier et culturel. Pourtant, beaucoup de bailleurs estiment que colocation rime avec dégradation ou nuisance. Le locataire idéal est toujours un couple sans enfants. Calme et discipliné si possible. C’est toute une catégorie d’annonces qui s’éliminent d’elles-mêmes dès le premier appel.
Une bataille quotidienne
Ensuite, il faut décrocher la visite. Pour cela, il ne faut pas hésiter à se vendre, à gonfler un peu les salaires que l’on touche afin d’obtenir le sésame qui permettra de jeter un œil aux lieux. La visite fixée, il faut se battre pour laisser un dossier. On vous fera bien comprendre que « beaucoup de personnes ont déjà postulées pour l’appartement » et qu’il faut aller très vite si vous souhaiter déposer un dossier. Et là commence la course aux documents et la compétition du meilleur dossier. Il faut maintenant des pages et des pages pour avoir droit à un logement décent.
Prouver sa bonne foi administrative
Le salaire du locataire doit être équivalent à trois fois le montant du loyer. Vos économies n’y feront rien. Dernier avis d’imposition, trois derniers bulletins de salaires, CDI nécessaire, périodes d’essais terminées, certaines annonces affichant carrément « fonctionnaires uniquement ». Enfin, il faut fournir les dernières quittances de loyer du logement précédent, quand il y en a. Il faut montrer patte blanche. Sans parler évidemment du racisme ambiant. On vous demande avant tout votre nom et parfois, si sa consonance est par trop exotique, alors l’appartement sera soudainement loué. Réessayer en vous nommant Dupont et la porte s’ouvrira.
Garants et garanties
Pour ceux qui ne rentrent pas dans ces cases réservées aux fonctionnaires, la solution a toujours été de trouver un garant. Quelqu’un de confiance qui, d’une certaine manière, grâce à son salaire, prouvera de votre bonne foi, vous couvrira et rassurera le bailleur. Aujourd’hui, même pour un salarié en CDI, il faut un garant - et même deux si possible- dont les salaires sont saisissables. Exit donc retraites et pensions. On rencontre même des avocats à qui l’on a demandé de se trouver quelqu’un pour se porter caution. Cela porte presque à sourire. Cependant, il existe depuis février 2010 une assurance loyers impayés à laquelle souscrivent bon nombre de propriétaires, et là, il n’est même plus question de garants: le locataire seul doit gagner au moins trois fois le montant du loyer.
Discrimination massive à la location
Partant du fait qu’un studio coûte en moyenne, dans une ville de province, entre 450 et 700 euros par mois, il faut donc qu’un locataire seul gagne au minimum entre 1350 et 2100 euros. Fini donc les mi-temps, les CAE-CUI, et autres contrats aidés. Fini les RMI, les RSA et course à l’intermittence. Aujourd’hui, en France pour se loger, il faut être riche avant d’emménager. C’est en somme une discrimination massive qui vise toute une catégorie de la population.
De toutes façons, pour prétendre aujourd’hui à un RSA, il faut une adresse et un loyer. Pour postuler à des postes en CUI-CAE, il faut être au RSA et pour obtenir un logement, il faut des revenus suffisants. Le serpent se mord la queue. Aujourd’hui, une recherche d’appartement pour de jeunes actifs hors fonction publique prend en moyenne un mois et demi. Où se loger pendant ce temps ?
