Quelques irréductibles ont trouvé le moyen de placer leur argent de sorte qu’il ne rapporte pas seulement à eux-mêmes mais qu’il rende service à l’humanité. Certains ont investi le marché de l’investissement socialement responsable (ISR). D’autres ont trouvé quelques placements solidaires, d’autres encore pratiquent l’épargne de partage.

Tout ce petit monde se retrouve sur des valeurs communes, ou presque. L’investisseur en Bourse ne ressemble jamais complètement à l’épargnant qui partage ses intérêts avec une association caritative ou une ONG. Il n’empêche que le boursicoteur humaniste regardera à deux fois le produit financier dans lequel il vient d’investir. Gare aux sociétés qui ne respectent pas les Droits de l’homme, l’environnement ou qui osent faire travailler les enfants…

La Bourse pour un monde meilleur ???

Qui l’eut cru ?! La Bourse n’est pas seulement un monde de requins prêts à tout pour gagner des fortunes avec des modèles mathématiques délirants. L’ISR a pour objectif de privilégier les titres qui allient performance financière, politique de l’emploi innovante et respect de l’environnement et des Droits de l’Homme. Le tout est de se renseigner auprès de son banquier pour savoir quels sont les fonds évaluer par les agences de notation sociétale et connaître les entreprises les plus transparentes sur leur gestion.

Les fonds solidaires

Vous voulez que votre argent ait du sens, qu’il reste un moyen d’échange, voire qu’il serve de nobles causes ? Optez pour les fonds solidaires.

Ils permettent de soutenir des projets socialement utiles qui trouvent difficilement des financements sur les marchés classiques. Pour y souscrire, il faut passer par les clubs d’investisseurs, les sociétés de capital-risque ou par les sociétés financières coopératives. Un exemple : on dit que les femmes ne sont pas justement reconnues dans l’initiative économique. Qu’à cela ne tienne ! Quelques-unes d’entre elles, résolues, ont créé l’association Racines (Réseau d'Accompagnement des Créations et Initiatives avec une Nouvelle Epargne de Solidarité)en 1989. Leur but : la reconnaissance et le soutien aux femmes entrepreneuses.

Avec les Clefe

Pour parvenir à leur fin, ces femmes mettent en place, dès 91 les Clefe, les Clubs locaux d’épargne pour les femmes qui entreprennent, un outil financier sous le statut juridique de l’indivision. Si vous voulez investir dans l’aide aux femmes créatrices d’entreprises, c’est une bonne adresse. Sachez simplement que ce type d’épargne solidaire (en actions non cotées) est très risqué. Vous passez outre l’intermédiaire bancaire et si l’entreprise se casse la figure, vous perdez vos plumes. En revanche, du point de vue de la solidarité, c’est la forme de placements la plus engageante.

L’épargne de partage

Vous décidez d’offrir au moins 25 % de vos intérêts à une association qui œuvre pour la protection de l’environnement ou l’insertion professionnelle de personnes en difficultés ? Ça s’appelle l’épargne de partage. Oui, c’est possible. Là encore, le choix existe entre le livret, le fond commun de placement ou l’assurance-vie. Le plus sûr est évidemment le livret. Il permet de dormir sur ses deux oreilles tout en réalisant son doux rêve de solidarité. Verser la moitié de ses gains à l’Association française contre la myopathie ou à l’UNICEF, en voilà de beaux gestes ! Vous pourrez, en plus, le déduire de vos impôts.