Les périodes chaudes printanières et estivales sont favorables à l’apparition, la prolifération et la pullulation de moustiques. Ils sont vecteurs de parasites dangereux pour l’homme : le chikungunya (prononcer « chicoungougnia ») et la dengue (prononcer « dingue ») surtout. Les départements d’outre-mer sont largement concernés (Réunion, Guyane, Guadeloupe, Martinique, notamment), mais la France de métropolitaine n’est pas vraiment à l’abri.

S’informer est nécessaire pour mieux se protéger.

Moustique-tigre, vecteur du chikungunya, présent en France

En 2009, pour la première fois, le moustique responsable de la propagation de maladies graves a été détecté en Italie, puis à Menton. Il a été vu depuis à deux reprises à Marseille.

Dominique Arnoult, dans son article du 6 mai 2010 publié dans La Provence, nous transmet le témoignage de Jean-Jacques Coiplet, le délégué territorial pour les Bouches-du-Rhône de l'Agence régionale de santé (ARS) : « En 2009, nous avions (…) eu 7 cas de chikungunya et de dengue. »

Par les informations nationales, nous apprenions, début juin 2010, que deux nouveaux cas étaient répertoriés en région PACA.

Certes, il s’agit de personnes venant de l’océan Indien (Comores, Réunion), mais la probabilité que la maladie se propage n’est pas vraiment nulle : Aedes albopictus (littéralement Aedes piqueté de blanc), le moustique-tigre en question, peut trouver dans cette région toutes les conditions propices à son développement et sa prolifération, compte-tenu de la chaleur et de l’abondance des zones humides, Camargue notamment.

La rencontre entre une personne porteuse de chikungunya ou de dengue et le moustique reste possible.

Pas de panique sur les risques actuels de contracter cette maladie en France métropolitaine, mais la prudence s’impose toujours quand il s’agit de piqûres de moustiques, notamment dans le sud de la France.

Nous vous recommandons de suivre les conseils pour se protéger des moustiques et lutter contre leur apparition et leur développement.

Les précautions à prendre sont encore plus nécessaires pour tout déplacement à la Réunion ou à Mayotte, notamment.

La préfecture de La Réunion délivre toutes les informations utiles à ce sujet sur le site national « Moustiques Infos ».

La dengue est aussi transmissible par les moustiques

La dengue ou « grippe tropicale » est la maladie infectieuse virale la plus répandue dans le monde. C’est une maladie due à un virus transmis par la piqûre d’un moustique du genre Aedes. Si la maladie est généralement bénigne, elle peut parfois devenir grave, voire mortelle.

On parle alors de dengue hémorragique ou de dengue sévère qui provoque notamment des saignements, soit externes soit internes : hémorragie interne, saignement du nez, par exemple.

La direction de la Santé et du Développement social de Guyane nous indique que « la dengue "classique" se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d’incubation, par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de frissons, de maux de tête, de nausées, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires », mais précise aussi que « certaines personnes ne présentent aucun de ces signes, et on parle alors de dengue "asymptomatique" ».

Si la guérison ne peut s’envisager que sur une dizaine de jours environ et s’accompagner de deux semaines de convalescence, la dengue n’est pas vraiment dangereuse dans la très grande majorité des cas.

Reste que le risque d’une forme grave existe et qu’en conséquence, il faut prendre très au sérieux toute apparition de fièvre brutale et de douleurs articulaires, même une semaine après avoir quitté des zones à risques de piqûres de moustiques.

Là encore, le meilleur moyen de minimiser au maximum les risques est de suivre les conseils de protection contre les moustiques.

Ils sont d’abord vrais pour toute la France des tropiques, mais peuvent être suivis également dans l’Hexagone.

Guyane, moustiques et fièvre jaune

Si l’Afrique intertropicale est très largement touchée par la fièvre jaune, la France est concernée dans son territoire d’Amérique latine : la Guyane. La fièvre jaune est une maladie virale (virus amaril) transmise à l’homme par un moustique (Aedes). En réalité, elle concerne initialement des singes, mais fut transmise à l’homme quand il s’est aventuré dans les forêts.

Fort heureusement, la prévention par vaccination a une efficacité presque absolue. Le vaccin est très facile à tolérer.

Il est indispensable de s’informer sur les destinations à risque, mais concernant la Guyane, le vaccin est obligatoire sous peine de se voir refuser l’entrée dans le territoire ou d’être mis en quarantaine (le contrôle du certificat de vaccination est systématique). Il s’agit d’une seule injection sous-cutanée ou intramusculaire qui doit être réalisée obligatoirement au moins dix jours avant le départ. Sa période de validité est de dix ans.

Ce vaccin peut s’associer avec un vaccin contre l’Hépatite B, ce qui est fortement recommandé, car la Guyane est une région de forte endémie.

La Guyane est aussi un lieu potentiel de développement de la dengue, mais reste un département vraiment intéressant à découvrir.

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