Retraites : ville par ville, les manifestations du 2 octobre

Les syndicats mobiliseront-ils davantage? - DR.
Les syndicats mobiliseront-ils davantage? - DR.
Pour leur 3e journée d'action en un mois, les syndicats ont mobilisé entre 899 000 et 3 millions manifestants selon les sources.

L’Intersyndicale était bien décidée à mettre la pression sur le gouvernement. Après les manifestations du 7 septembre qui ont réuni entre 1,2 et 2,7 millions de manifestants et plus de 200 cortèges, après celles du 23 septembre qui ont été plus nombreuses encore (232 cortèges, 1 million de personnes selon la police et plus de 3 selon la CGT) le record a été au moins égalé en France: selon la police, les cortèges ont réuni 899 000 personnes, 2 900 000 selon la CFDT et 3 millions selon la CGT.

La CFDT répond à Gérard Larcher

La manifestation nationale du 2 octobre a pris la forme de cortèges dans les grandes villes de France ainsi que dans de nombreuses communes plus modestes, trois jours avant l’examen du texte de la réforme par le Sénat. Le 2 à midi, le ministère de l'Intérieur avançait le chiffre de 380 000 personnes dans la rue, soit un résultat légèrement inférieur à la journée du 23 septembre (410 000) à la même heure.

Le président Gérard Larcher, dans le souci de déminer la situation autant qu’il le pouvait, a annoncé qu’il entendait déposer un certain nombre d’amendements, notamment à propos de la retraite des femmes pénalisées par l’allongement de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ et de 65 à 67 ans de l’âge de départ à taux plein. Il a également précisé que les sénateurs allaient travailler sur une refonte plus profonde du système des retraites au delà de 2018. Deux points essentiels pour la CFDT qui sont le signe d’une main tendue à la centrale syndicale de François Chérèque. Celui-ci a d'ailleurs accueilli le message en faisant une contre-proposition, comme le précise Le Figaro du 29 septembre. Il a demandé au gouvernement que le passage à 67 ans de l'âge de la retraite à taux plein ne soit voté par les députés qu'en 2015. Il a justifié cette demande par le fait que «le gouvernement découvre qu'il y a un souci avec la retraite des femmes et des handicapés», mais aussi «sur les carrières longues, les polypensionnés, la pénibilité», ce qui nécessite à l'évidence de «retravailler la réforme dans son ensemble».

Cela ne devait pas avoir d’influence, cependant, sur l’importance de la mobilisation du 2 octobre qui s’annoncait considérable. (On comptait 229 manifestations en France le 2 à midi.) En effet, l’Unédic a donné, sans le vouloir, un argument supplémentaire aux syndicats. Il a publié une note alarmiste qui ne va pas arranger les affaires du gouvernement. La réforme des retraites a pour but, rappelons-le, de financer le système jusqu’en 2018. Or, il pourrait coûter beaucoup d’argent à l’assurance chômage : autour d’un milliard d’euros d’ici dix ans, puis environ 500 millions par an, en raison du financement nécessaire du chômage des seniors avec l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite de deux années supplémentaires.

63 000 pour la police, 310 000 pour les syndicats

A Paris, il y avait deux parcours. Les défilés sont partis à14h30 de République en direction de Nation. Le parcours principal a gagné la Bastille puis Nation (Solidaires - UNSA - FSU ). Le deuxième parcours a emprunté le boulevard Voltaire pour se rendre lui aussi à Nation (CFTC, de la CGT, de la CGC et CFDT). Tous les grands leaders syndicaux étaient présents, notamment Jean-Claude Mailly pour FO, Bernard Thibaut pour la CGT et François Chérèque pour la CFDT. Ils étaient 63 000 à 17h selon la police contre 65 000 le 23 septembre. Pour les syndicats, en revanche, ils étaient 310 000 soit 10 000 de plus que le 23.

Voici le détail des appels à la manifestations et les lieux de rendez-vous des cortèges dans les villes de province (sources: syndicats et presse quotidienne régionale).

Cinq manifestations sont prévues à 10h dans l’Aveyron. A Rodez et à Saint-Affrique au jardin public, à Millau à la gare, à Decazeville devant la maison des syndicats et à Villefranche de Rouergue place de la mairie.

A Moulins, Vichy et Montluçon, des manifestations seront organisées par l'ensemble des huit organisations syndicales à partir de 15 h. A Chateauroux, à 10h place de la République.

Dans le Cantal, à Aurillac, manifestation à 14h30 depuis le prisme, et à Saint-Flour rassemblement à 10h, allées Pompidou.

A Clermont-Ferrand, le rendez-vous est à 10h, Place de Lille.

A Grenoble, rassemblement à 14h30, cours Jean-Jaurès, devant la préfecture d'Annecy à 14h. Même heure à Bonneville, devant la mairie, et à Thonon, place de l’Etoile.

A Lille, avec Martine Aubry en tête, le cortège s’ébranlera à 14h30, porte de Paris. A Béthune rassemblement à 9h30, 558 rue de Lille. A Cambray, rendez-vous à 10h devant la mairie.

A Maubeuge, rassemblement à partir de 14 h 30, face à l'Espace rive gauche, au bord de la Sambre. A Calais, départ de la Bourse du Travail à 14 h 30.

Dans la Somme, à Amiens, la manifestation partira de la maison de la Culture à 14h30 ; à Abbeville de l’hôtel de Ville à 15h ; à Doullens de la mairie à 17h30 ; à Ham de la place du Château d’eau 14h30

A Pamiers dans l’Ariège, un défilé est organisé à 10h, au rond-point du centre commercial Leclerc à St-Jean du Falga.

A Mende, rendez-vous à 10h cours de la Chicanette.

Dans le Maine-et-Loire, les rassemblements sont fixés à 10 h à Angers, place Leclerc ; à Cholet, place Travot ; à Saumur, avenue du Général-de-Gaulle ; à Segré, place du Port.

A Tours, rendez-vous à 15h place de la Liberté.

14h30, place Castellane à Marseille

A Marseille le cortège partira à 14 h 30 place Castellane. La journée se terminera par un meeting intersyndical sur le Vieux-Port. Dans la cité phocéenne, la journée du 23 septembre a attiré 220 000 manifestants selon les syndicats (25 000 selon la police) notamment de nouveaux salariés du privé, mais aussi de nombreux jeunes ainsi que beaucoup de femmes.

A Nice, 8000 personnes ont défilé selon la police, plus du double selon les syndicats.

A Toulouse, rendez-vous avait été donné place Arnaud Bernard et, vers 13h, la police comptait 28 000 manifestants contre 125 000 selon les syndicats.

A Bordeaux, rendez-vous au Jardin public à 14h30, l'intersyndicale espère renouveler le succès de la manifestation du 23 septembre: 35 000 personnes selon la police et ... 220 000 selon les organisateurs. A Blaye, rassemblement place des Cônes à la Citadelle à 10h30.A Gujan-Métras à 10h devant la mairie.

A Nantes, la manifestation partira à 15 h devant le CHU, à Brest , à 10 h 30, place de la Liberté. A Rennes, la police avait dénombré 13 500 personnes et les syndicats le double.

A Guingamp, les syndicats donnent rendez-vous samedi, à 10 h 30, sur l’échiquier du Champ-au-Roy aux «étudiants, familles, intérimaires, les salariés des petites boîtes pour « une manifestation avec un parcours en ville resserré et un apéro musical ».

A Rouen, la manifestation partira du cours Clémenceau à 14h ; au Havre, rendez-vous le 2 octobre à 15h à Coty, en face du Printemps.

A Reims, le cortège s'ébranlera à 14h, devant la maison des syndicats et ils partiront à 10h de Châlons, Epernay et Vitry.

Dans le Jura, les rendez-vous sont à 10 h à Dôle (avenue de Lahr), à Lons-Le-Saunier et à Saint-Claude (devant la sous-préfecture).

A Vesoul, rassemblement 14 heures devant le Théâtre, et à Gray, quai Mavia à la même heure.

A Nîmes, départ à 14h30, place St Charles, Carmes ; rassemblements dans les localités d’Alés, Bagnols, Uzès, Beaucaire, Villeneuve, le matin.

A Saint-Gaudens, rendez-vous à 10h Place Jean Jaurès.

Une chanson en vidéo à Avignon

A Avignon, le groupe HK et les Saltimbanques appelle à manifester au nom des syndicats dans une vidéo et en chanson : «On lâche rien !» Le rendez-vous est fixé à 14 h à Centre-Gare.

A Digne, on défilera à partir de 11 h, place du Général de Gaulle, à Gap dès 10 h 30 au Rond-Point de l’Europe.

A Lyon, à 14h, le cortège partira de la place Jean Macé à Bellecour, selon le parcours traditionnel des manifestations du 1er mai. 20 000 personnes pourraient à nouveau descendre dans la rue, selon la CGT.

A Villefranche-sur-Saône, ce sera place du Promontoire à 10h30.

En Saône-et-Loire, cinq cortèges défileront dans le département où l’Intersyndicale espère 26 000 manifestants. Ils partiront à Chalons de la Maison des Syndicats, à Macon de la place Genevès, au Creusot de l’Alto, à Montceau de la place de la Mairie et à Paray-Le-Monial de l’hôtel de ville.

A Montpellier, rassemblement à 13h30, Rives du Lez.Le 23, les manifestations avaient rassemblé entre 18 000 et 23 000 personnes selon les estimations.

A Grenoble, à 14h30, Cours Jean Jaurès et à 10h à Bourgoin-Jallieu, parking Diederichs.

A Lons le Saunier, Dôle et Saint-Claude, trois manifestations à 10 h.

A Roanne, à 10h15 devant la Bourse du travail et à Saint Etienne à 10h15 également devant la Bourse du travail.

A Orléans, manifestation à 14h30, place du Martroi et à Montargis, place du Pâtis.

A Cahors, départ à 10h, de la place Charles de Gaulle. A Figeac, à 10h, devant le lycée Champollion. A Agen, à 10h place de la Préfecture.

A Vannes, à 10h, à la Rabine et à Lorient à 10h, devant la Mairie.

A Metz, à 10h30 Centre Pompidou ; à Metz à 10h30 devant la mairie ; à Sarrebourg à 10h30 devant l’hôtel de ville ; à Thionville à 10h30 devant la sous-préfecture.

Dans l’Aisne, à Soissons, le rendez-vous a été fixé à 10h place de la République; à Chauny à 10h, place de la mairie; à Villers-Cotterêts, à 10h, place Aristide-Briand; à Saint-Quentin, à 10h, place Carnot; à Hirson à 15h, place des Travailleurs; à Château-Thierry à 10h, place Paul Doumer.

Dans l’Aude, à Carcassonne, rendez-vous à 10h30 Portail des Jacobins. ANarbonne, à la même heure parvis de la Sous-Préfecture.

Le rendez-vous du 12 octobre

Pour l’Intersyndicale, ces manifestations ouvertes à tous, aussi bien les salariés du public que du privé, les chômeurs, les femmes, les étudiants et les lycéens, avaient pour but de préparer les troupes pour le 12 octobre prochain et ainsi «faire monter graduellement la pression sur le gouvernement», comme l'avait annoncé Bernard Thibaut, début septembre. Le succès de la journée du 2 octobre leur donne bon espoir pour relever le pari du 12.

C'est en effet un pari risqué que tenteront de relever les syndicats ce jour-là: mobiliser davantage de grévistes que le 23 dans le public et le privé, et au moins autant que le 7 septembre dernier. Il s'agit de faire de cette journée de semaine un jeudi noir et de paralyser tous les secteurs de la vie économique.

Car en face, et sur les points essentiels, Nicolas Sarkozy ne veut rien lâcher. «Il fait de cette réforme un marqueur de son quinquennat qui, au-delà des contingences financières, a pour but d'effacer une avancée emblématique de la gauche : la retraite à 60 ans. », affirme La Dépêche du 29 septembre. Les syndicats le savent. Mais il leur faut obtenir quelque chose, non pas le retrait de la réforme, mais au moins une véritable négociation qui, selon eux, n'a pas encore eu lieu. Ils sont donc condamnés à réussir la plus grande grève que la France ait connue depuis 1968. Histoire de ne pas perdre la face.

Thierry de Cabarrus, T.C.

Thierry de Cabarrus - J'ai passé trente-sept ans dans de nombreux journaux de la presse généraliste comme grand reporter, rewriter, ...

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Commentaires

30 sept. 2010 14:38
Anonyme :
Merci d'ajouter à la liste des manifestations prévues le 2 octobre :

"A Mende, rassemblement à 10h, cour de la Chicanette" .
30 sept. 2010 22:22
Anonyme :
tres bien mais à quelle heure à Bordeaux?
2 Commentaires
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