Le cours préparatoire est traditionnellement appréhendé comme LA classe où l’on apprend à lire.

Pourtant loin s’en faut, si la maternelle, comme son étymologie l’indique est un lieu où les enfants sont encore « maternés », elle permet néanmoins l’entrée véritable de l’élève dans l’acte de lire.

L’élève découvre le principe alphabétique et commence à percevoir comment celui-ci permet de lire ou d’écrire.

Beaucoup d'informations des plus utiles pour son entrée dans la lecture lui sont apprises sous des aspects plus ou moins ludiques lors de ces trois ou quatre années de maternelle.

Votre enfant est prêt pour le Cours Préparatoire (CP) !

Quel que soit le niveau actuel de votre enfant, faites confiance au professeur.

A l'entrée au CP, il est normal d'observer des décalages entre les élèves. Certains n'ont pas encore effectué toutes les acquisitions nécessaires mais le maître va repérer les difficultés, les identifier et va y remédier.

Face à l'hétérogénéité de la classe, la différenciation pédagogique est un outil que le professeur utilisera pour pallier cette disparité des élèves. Il s'agit d'adapter les activités en fonction des différences repérées entre les élèves dans le but de permettre à chacun d'évoluer dans ses acquisitions scolaires.

Le débat sur les méthodes utilisées par les professeurs est un débat d'experts et devrait le rester.

La jungle des méthodes de lecture

Inutile d'entrer dans les théories sur les méthodes de lecture, sachez cependant, concernant la méthode dite globale, qu'elle n'a jamais réellement été utilisée en France mais en Belgique et provient des recherches de Monsieur Ovide Decroly (1871-1932), médecin, psychologue et pédagogue belge.

Quant à la méthode syllabique, elle représente aux yeux des non-initiés la méthode traditionnelle, sous-entendue " la bonne vieille méthode" ! Sauf que dans la plupart des cours préparatoires, les élèves apprennent bel et bien le son et la graphie correspondante mais de manière plus appropriée que ne le faisaient les maîtres d'antan. Il convient ici d'expliquer le problème de la méthode syllabique pure : elle donne des informations erronées ou partielles.

Exemple : [O] s'écrit o; o fait [o], or si l'enfant automatise ces deux informations, il sera désorienté quand il rencontrera au, eau, chapeau, bateau, chaud, jaune, poisson, bon, oiseau !

La diversité des méthodes et des activités constitue une richesse d'adaptation pédagogique et ne doit en aucun cas vous perturber.

Tous les professeurs utilisent un ensemble de techniques pour enseigner et non pas une méthode, il s'agit là d'une guerre des mots de non-initiés.

Certains remarqueront que leur enfant semble plus souvent deviner que lire. Le maître connaît bien cette attitude mais celle-ci ne doit pas vous déconcerter. Il s'agit là d'un classique, au fil des exercices de lecture, votre enfant ne devinera plus mais lira !

Un aspect de l'apprentissage est souvent décrié par bien des parents: les petits mots à apprendre par coeur ! " par, pour, oû, et, dans, depuis " etc. Pourtant à quoi sert de torturer l'enfant devant ces mots qui se retrouvent sans cesse dans notre belle langue et qu'il est si facile de retenir une fois pour toutes ?

Sans compter que l'orthographe de ces mots sera connue une fois pour toutes, quand il s'agit de mots invariables, bien sûr.

Attention il ne s'agit pas là d'une méthode globale !

Ce n'est qu'une technique consistant à retenir un petit capital de mots afin de faciliter l'apprentissage, rien de plus.

Vous-même, lorsque vous lisez un livre un peu plus technique que d'ordinaire, vous arrêtez-vous aussitôt de lire pour vous précipiter sur le dictionaire quand vous butez sur un mot inconnu?

Peu d'entre nous le font pour une raison simple: cela ne nous empêche pas de comprendre le sens de la phrase ! Justement la définition d'un vrai lecteur n'est pas seulement celui qui déchiffre mais celui qui le fait tout en donnant du sens à ce qu'il lit. C'est la définition de lecteur que donne Jean Foucambert mais là encore il s'agit d'un expert.

Même si certains mécanismes du cerveau sont connus quant à l'acte de lire, personne ne sait précisément comment l'on devient lecteur.

Un enfant motivé par son maître devindra lecteur, voire grand lecteur quelle que soit la méthode d'apprentissage utilisée et quel que soit le milieu social dont il est issu. Qu'importe la méthode, l'apprentissage se fera mais avec votre aide, il se passera dans de meilleures conditions.

Pour cela quelques conseils pragmatiques

Faites confiance à l'adulte compétent qu'est le professeur et surtout à votre enfant.

Ne dénigrez jamais le maître devant votre enfant. Si vous bavardez à la sortie des classes avec d'autres parents d'élèves, veillez à ce que votre progéniture ne vous entende pas ! Attention aux commérages des non-compétents !

Pour faire confiance à son professeur, l'élève doit être sûr que vous partagez cet état d'esprit.

Supprimez de votre vocabulaire les phrases négatives concernant son avancée en lecture, il est un temps d'adaptation nécessaire qu'il faut respecter.

Soyez serein, plus vous le serez, plus votre enfant le sera et c'est d'une importance capitale. Gratifiez-le toujours de paroles encourageantes et admiratives et a contrario, dédramatisez systématiquement les écueils, les erreurs qui ne manqueront pas de survenir.

Par dessus tout, ne perdez jamais de vue que l'erreur en lecture est la plupart du temps source d'apprentissage. En effet, l'enfant doit prendre conscience qu'il peut apprendre de ses erreurs.

N' achetez surtout pas en parallèle un manuel de lecture que tel " expert" vu à la télévision aurait conseillé ! Vous ne ferez qu'embrouiller votre enfant.

Des statistiques finalement rassurantes

Les chiffres parlent d'eux-mêmes, les enfants d'hier, contrairement à ce que l'on nous râbache n'étaient pas de meilleurs lecteurs que nous ou nos enfants ne le sommes ou ne le seront.

La première étude qui le montre a été réalisée par Alfred Binet à Paris en 1905-1906. Binet constate qu'à la fin du CP, trois jeunes Parisiens sur dix ont un niveau " nul". Vingt ans après les lois Jules Ferry (1880-1885), 30 % des écoliersde Paris sont non lecteurs après un an d'école élémentaire.

En 1960, les premières statistiques nationales signalent que plus d'un enfant sur quatre redouble le CP (moyenne nationale).

Dans tous les cas, privilégiez toujours la coopération adulte-enfant ! La lecture partagée est la première entrée dans l'écrit !

Continuez à lire des histoires à vos enfants, pour leur plaisir. Trop souvent les parents arrêtent le rituel de la lecture du soir sous prétexte que maintenant c'est un grand qui doit savoir lire ! Que nenni ! Et le plaisir de l'écoute ? Le plaisir du moment partagé autour d'un livre ?

Souces :

Le savoir lire aujourd'hui de Gérard Chauveau, les méthodes de lecture et l'apprentissage de l'écrit aux éditions Retz

La guerre des méthodes est finie de R.Goigoux, Libération, 02/09/2005

Expliquer la variété des acquisitions au CP, Revue française de pédagogie, 95, 1991 de Mingat A