Avec sa forme évoquant la tiare papale, la Timballe de fettuccine aux boulettes de veau de Boniface VIII fait partie de ces recettes traditionnelles médiévales que vous pouvez déguster dans les environs de Rome et dans lesquelles il y a autant à manger qu'à apprendre !

Liste des Ingrédients pour 6 personnes

  • 700 g de viande de veau hachée
  • 1 tranche de lard salé ou de "guanciale"(joue de porc)
  • 1 carotte, 1 oignon et 1 branche de céleri
  • 500 g de purée de tomate fraîche ou en boite
  • 700 g de fettuccine aux œufs
  • 12 tranches fines de jambon cru de Parme
  • 200 g de parmesan râpé
  • Herbes aromatiques de votre choix : thym, laurier, centaurée...

Recette de la Timballe de Boniface VIII

La préparation rapide de ce plat qui peut être réalisé en 1h si l'on utilise des fettuccine fraîches ou sèches du commerce, consiste essentiellement à faire les boulettes de viandes, les cuire dans la sauce tomate, ébouillanter les pâtes puis dresser le plat à passer au four.

  • Réalisation des boulettes
Dans un bol, salez et poivrez la viande hachée et mélangez-la bien avec l'huile d'olive et un peu de parmesan rapé. Formez des boulettes dans le creux de la main. Taillez la tranche de lard ou de guanciale en petits dés. Hachez finement la carotte, l'oignon et le céleri et faites-les revenir avec les lardons dans un peu d'huile d'olive. Quand les lardons sont translucides, ajoutez les boulettes et faites-les dorer légèrement avant de les couvrir avec la pulpe de tomate. Couvrez et laissez mijoter à feu doux 30 min en remuant de temps en temps.

  • Cuisson des fettuccine
Contentez-vous de faire bouillir les pâtes quelques minutes, puisque leur cuisson se terminera au four. Si vous voulez employer des fettuccine faites maison, pour gagner du temps, pensez à commencer par la réalisation de vos pâtes avant de préparer les boulettes.

  • Dressage du moule
Beurrez les parois d'un moule à flan, à gâteau, à brioche ou à charlotte. N'importe quel plat en terre aux bords assez hauts fera l'affaire, pourvu qu'il passe au four. Un plat festonné donnera un résultat final plus spectaculaire. Disposez les tranches de jambon sur les parois dans le sens de la hauteur, en partant du fond. L'extrémité de chaque tranche doit se superposer à la suivante jusqu'au bord du moule, en prenant soin de les faire dépasser de 3 cm au moins. Une fois l'intérieur du moule entièrement recouvert de jambon, versez les fettuccine préalablement mélangées aux boulettes, à la sauce et au parmesan, puis repliez le jambon par-dessus. Enfournez à 180°C pendant une vingtaine de minutes, jusqu'à ce que l'armure de jambon deviennent dorée et croustillante sans brûler. Défournez, démoulez sur un plat rond, servez en tranches, nappé d'un peu de la sauce et de quelques boulettes de viandes réservées à cet effet.

Une recette inspirée par la guerre du roi de France contre le Pape

Voici pour la petite histoire. La grande histoire qui a inspiré ce plat remonte, elle, au moyen-âge, à l'époque de la rivalité entre le Pape Boniface VIII et le roi de France Philippe Le Bel. Le Pontife voulait élever la puissance spirituelle au-dessus de la puissance temporelle, en d'autres termes, il prônait la supériorité des papes sur les rois. Au point de fulminer la bulle pontificale Super Petri Solio pour excommunier le roi de France.

La réaction de Philippe Le Bel ne se fit pas attendre. Au début du mois de septembre de l'an 1303, Il envoya Guillaume de Nogaret avec une armée à Anagni, près de Rome, pour faire prisonnier le pape et le ramener en France, afin d'être jugé par le concile. Allié à la famille de Sciarra Colonna, en lutte avec la famille des Caetani à laquelle appartenait Boniface VIII, Guillaume de Nogaret prit la ville de nuit et enferma le pape dans son palais.

L'histoire raconte que Nogaret créa la stupeur en giflant violemment le pape. Si bien que 3 jours plus tard, la population d'Anagni se souleva et bouta les Français hors de la ville. Plus tard, la recette de la Timballe fut crée par un traiteur de la ville en l'honneur du pape Boniface VIII outragé, qui mourut un mois après sa libération, des suites du mauvais traitement infligé par les Français.

L'épisode intitulé "Lo schiaffo d'Anagni" - la gifle d'Agnani - fut même immortalisé par le poète Dante Alighieri qui lui dédia deux versets dans La Divine Comédie - Purgatoire XX, 85-90.