En construction ou rénovation c’est la question que chacun se pose, car la diversité des énergies renouvelables, et plus encore la diversité des moyens et techniques pour les capter et les utiliser rendent difficiles les choix lorsqu’il s’agit de se déterminer sur les bonnes orientations adaptées à notre habitat et à nos besoins.

Quelle énergie est la plus efficace ? quelle solution est la plus rentable ? Laquelle choisir ? voilà des questions qui, parmi d’autres, sont les plus fréquentes. Vaste sujet auquel nous n’avons pas la prétention de répondre, mais voici des éléments qui peuvent utilement guider la réflexion, synthèse de nombreux travaux sur le sujet (*).

Les énergies renouvelables ne sont pas compatibles avec un habitat énergivore

Avant de s’orienter sur des comparatifs d’efficacité/rentabilité, la première véritable réflexion impose de s’intéresser à la consommation énergétique de l’habitat. À une époque où les enjeux économiques sont tels que toute entreprise se doit d’intégrer la performance énergétique dans ses produits et ses solutions pour sa clientèle, le choix énergétique du propriétaire constructeur ou rénovateur de maison passe d’abord par les choix même de matériaux et de type d’habitat - et par un diagnostic thermique dans le cas de la rénovation.

La sagesse voudrait d’ailleurs qu’avant de choisir une énergie renouvelable, l’orientation vers des habitats peu ou pas énergivores s’impose prioritairement. C’est l’esprit même des nouvelles constructions BBC (bâtiments basse consommation) que l’on peut adopter ou dont on peut se rapprocher. Architecture passive, bâtiment à énergie positive, construction HQE ( haute qualité environnementale) ou à haute performance énergétique déterminent tous l'architecture bioclimatique. Et quant à construire, il est intéressant de savoir que certains de ces habitats, à prix tout à fait abordables, ne font dépenser que 10€/mois d’énergie pour être chauffés (valeur garantie par les constructeurs eux-mêmes). En rénovation, les matériaux et les techniques professionnelles permettent d’atteindre aussi une efficacité énergétique exceptionnelle, avec des habitats sains et économiques, parfaitement isolés.

Dans le même temps, les besoins en électricité peuvent et doivent être notablement réduits grâce à la prise en compte de 4 points :

· Acquisition de matériel et machines à faible consommation (classes A++, A+ et A)

· Utilisation de systèmes électriques économes (basse consommation, led)

· Recherche d’équipements non électriques et à efficacité égale

· Modifications des comportements pour lutter contre le gaspillage

De quels usages énergétiques parlons-nous ?

C’est en considérant donc l’amélioration de la performance énergétique de l’habitat que toutes les énergies renouvelables prennent du sens. Mais de l’énergie pour quoi faire ?

Dans une maison, les trois besoins principaux sont le chauffage ou la climatisation (selon régions et saisons), la production d’eau chaude sanitaire, et l’électricité. Le premier besoin est en grande partie résolu dés lors que la construction ou la rénovation ont rendu l’habitat idéalement climatisé en toute saison.

· Le complément énergétique pour satisfaire les besoins en chauffage peuvent être la biomasse solide dont le bois, le solaire thermique basse température et la géothermie.

· La production d’eau chaude utilise des énergies renouvelables comme le solaire thermique basse température et la géothermie surtout.

· L’électricité peut-être éolienne, photovoltaïque, hydraulique, géothermique, marine.

La certitude d’une énergie renouvelable

Les unités de production individuelles garantissent à son utilisateur l’origine 100% renouvelable de l’énergie utilisée. À de rares exceptions près, il n’est en effet pas facile de connaître l’origine de l’énergie fournie par les distributeurs puisque, par exemple, les grandes unités hydrauliques, celles utilisant les énergies marines, les fermes d’éoliennes, les grandes unités d’électricité géothermique, solaire ou de biogaz, réinjectent l’énergie produite dans le réseau national avec les énergies nucléaires et d’autres sources de matière non renouvelables.

Dans le cas particulier de l’hydroélectrique, il existe des pico-centrales capable de fournir jusqu’à 20kW et des microcentrales produisant entre 20 et 500kW, ces installations sont réservées à des situations particulières comme certains cas d’habitat très isolé ou pour de la production d’électricité rurale décentralisée. Elles sont à écarter à titre individuel.

Biomasse, éolien et solaire

Pour une maison individuelle l’énergie renouvelable se trouve donc de manière certaine dans l’usage de la biomasse ou dans la production de sa propre énergie (éolien et solaire).

Biomasse : Il existe aujourd’hui des appareils à combustible bois innovants et efficaces à disposition des particuliers notamment avec des chaudières à biomasse brûlant différents biocombustibles : granulés de bois, bûches, plaquettes forestières, sciures ou copeaux. À l’échelle locale, il peut aussi exister d’autres matières organiques judicieusement mises en valeur et économiquement très intéressantes telles que paille, résidus solides des récoltes, grappes de maïs, bagasse de la canne à sucre, grignons d’olives …

L’éolien est prometteur et offre déjà des solutions très intéressantes avec de petites unités sur mât ou sur pignon par exemple (production 600 W, 1000 W …), éligibles au crédit d’impôt.

Le solaire thermique est très prisé avec un crédit d’impôt et des aides des collectivités locales qui le rendent particulièrement intéressant. Au niveau photovoltaïque, la production est un peu moins intéressante financièrement sauf en cas de vente de l’électricité produite.

Important : la solution énergétique passe souvent par diverses sources d’énergie renouvelable. La comparaison entre celles-ci ne vaut qu’à l’échelle locale. L’éolien peut être plus intéressant en un lieu que le solaire ou vice et versa. L’implantation locale de l’habitat, ses caractéristiques, son environnement proche et la région où il est implanté sont autant de critères qui sont à intégrer pour un comparatif ciblé et pertinent. Enfin, l’état des aides est à considérer aussi à l’échelle locale et s’ajoute aux divers crédits d’impôts éventuels.

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(*) avec, parmi les sources : energies-renouvelables.org, quelleenergie.fr, maison.com