Le 22 mars dernier, le Mali qui semblait un modèle de démocratie en Afrique de l'ouest, a fait l’objet d’un coup d’état alors que des rebellions armées sévissaient dans le Nord : résumé du processus qui y a conduit.

Touareg et indépendantistes du Nord à l’origine de la crise

Les frontières du Mali, héritées de la colonisation ont intégré dans une même nation des populations très diverses dont notamment les "noirs" du Sud (Bamabara, Dogon, Soninké, etc...) et les populations "blanches" du Nord (Tourareg, Arabes, etc...).

Dès les années 60 est né un mouvement touareg réclamant l'indépendance ou du moins l'investissement de l'Etat malien dans le développement économique des régions du Nord qui sont pauvres et désertiques.

Les rebellions ont perduré dans les années 90 et 2000, à noter que le Niger voisin a fait l’objet de mouvements identiques.

Dans les années 2000, après la dernière rébellion, de nombreux Touaregs ont quitté le Mali et se sont insérés dans l'armée du général Khadafi en Lybie

Pendant et après la chute de celui-ci, nombre d’entre eux sont rentrés au Mali avec véhicules, armes et munitions de guerre

En décembre 2011 s'est constitué un mouvement réclamant l'indépendance de l'Azawad , région du Sahel à cheval sur le Mali et le Niger : Mouvement national de libération de l’Azawad ((MNLA), mouvement constitué de nombreux anciens Maliens touaregs de Lybie.

En janvier 2012, la rébellion armée est déclenchée. En février et mars, elle connaît un net succès militaire sur l'armée malienne et s'empare de plusieurs villes stratégiques au nord du Mali vers la frontière algérienne.

L’ armée qui ne se sent pas soutenue déclenche un coup d’état

Pendant ce temps, le malaise grandit dans l'armée malienne en raison de l'inertie des hommes politiques, du manque de moyens pour faire face à des Touaregs très bien armés et très motivés et à une fracture entre les officiers et la troupe – entre autres pour des questions de primes non payées, problème identique à celui Burkina Faso à l’origine des émeutes de 2011.

Le président Amadou Toumani Touré ne s'investit pas dans la crise et semble attendre la tenue des élections présidentielles, fin avril, auxquelles il ne se représente pas pour transmettre le problème à son successeur.

Le malaise grandit entre la troupe et la hiérarchie et finalement, suite à un désaccord entre le Ministre des armées et des hommes de troupes, une mutinerie éclate le 22 mars et renverse Amadou Toumani Touré.

Une junte militaire, Comité national pour le redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) prend le pouvoir. Menée par le Capitaine Sanogo, elle est constituée d’hommes d'un faible niveau de formation, elle ne fait pas l'unanimité dans la classe politique malienne, mais tient tête à la CEDEAO (Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest) qui réclame le retour de Touré ou la formation d'un gouvernement intérimaire représentatif.

Elle doit toujours faire face aux rebelles du Nord.

Le MNLA appuyé par une branche rebelle touareg salafiste et peut-être par des éléments de AQMI (Al Quaida au Maroc islamique), s'empare le 30 mars de Kidal , le 31 de Gao et le 1 avril de Tombouctou : le Nord malien est tombé sous la coupe du MNLA

La junte demande l'appui militaire des pays voisins pour faire face à la rébellion

Une délégation de la junte s’est rendue le 31 mars à Ouagadougou pour rencontrer le Président burkinabé Blaise Campaoré, chargé de la médiation.

La junte a annoncé qu’elle rétablissait la constitution et allait constituer un gouvernement où seraient représentées les différentes composantes de la société civile et organiser des élections.

Les questions aujourd'hui :

  • Comment la Junte pourra-t-elle tenir dans ce contexte ?
  • A-t-elle réellement la volonté de laisser le pouvoir aux civils ?
  • Les mouvements rebelles ayant remporté le conflit armé, quelles conséquences pour l’intégrité territoriale du Mali ?
  • Le MNLA va t-il se satisfaire d’une certaine autonomie politique, économique et culturelle ou va t-il exiger une indépendance totale ?
  • Quelle sera dans ce cas l’attitude de la CEDEAO qui a déjà mobilisée une force militaire en vue d’une intervention sur le territoire malien ?

Pour en savoir plus

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