Evoquer le thème de l’uniforme à l’école fait immanquablement penser aux petits élèves britanniques. En effet, cette pratique est largement répandue dans les écoles outre-Manche, et d’une manière générale dans les pays de tradition anglo-saxonne. En France, cependant, le sujet ne laisse pas indifférent et le débat resurgit régulièrement. Examinons les arguments de ceux qui sont favorables au retour de l’uniforme et de ceux qui s’y opposent.

L’uniforme à l’école

Dans la majorité des pays européens où l’uniforme scolaire est porté, il l’est principalement dans les écoles privées, afin de montrer son appartenance à une institution. Ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne où l’uniforme est imposé dans la majorité des écoles publiques.

Il est composé pour les garçons d’un pantalon (ou d’un culotte courte) associé à une chemise et une cravate. Quant aux filles, elles arborent une jupe (ou un kilt), avec un chemisier et parfois une cravate.

En France, le port de l’uniforme a été abandonné après les évènements de 1968. Pourtant, on le trouve encore dans les DOM-TOM ainsi que dans certaines écoles en métropole : les lycées militaires, les écoles hôtelières, certaines formations agricoles ou scientifiques… Cependant, l’idée de rétablir l’uniforme partout fait souvent débat en France. Mais les avis sont contrastés.

Les arguments des "pour"

  • L’égalité
Pour ses défenseurs, l’uniforme gommerait les inégalités sociales. Dans la cour de récréation, l’envie de posséder le beau vêtement de marque de son camarade disparaîtrait ainsi que la honte ou l’humiliation qui vont avec. A ce sujet, Xavier Darcos, ministre de l’Education nationale entre 2007 et 2009 et fervent défenseur du retour de l’uniforme à l’école, déclarait dans Libération, toujours en 2009, que celui-ci "a beaucoup d’avantages, ne serait-ce que parce que ça supprime les différences visibles de niveau social". Sans vouloir pour autant mettre tout le monde en blouse grise, ajoutait-t-il.

  • Le côté pratique
Plus besoin de se demander le matin ce que l’on va mettre : finis les pertes de temps, les hésitations, voire les conflits avec les parents. De plus, l’uniforme serait le moyen, selon certains, de faire baisser la violence et le racket à l’école. C’est en tout cas l’avis de François Baroin qui déclarait à L’Express en 2004, alors qu’il était vice-président de l’Assemblée nationale, que l’uniforme pourrait être "un moyen de lutter contre la violence et le racket qui minent certains établissements scolaires et qui pourrissent la vie de nos adolescents. Une violence générée par l'envie de posséder le blouson ou les baskets de marque du copain".

Les arguments des "contre"

  • La perte d’identité
C’est le principal argument des opposants au retour de l’uniforme à l’école. Certes, il gommerait les différences, mais ainsi, tout le monde se ressemblerait. Un peu comme des "clones", sans moyen de se différencier, d’affirmer sa propre identité ou sa personnalité. Comment, de ce fait, apprendre la diversité aux enfants?

C’est en tout cas l’avis de Marcel Rufo, pédopsychiatre reconnu, qui déclarait en 2008 sur Livenet.fr que "les différences de couleurs, les différences sociales et vestimentaires font partie de la République. Imposer l’uniforme revient, en un sens, à les cristalliser. A montrer du doigt les diversités comme de véritables dangers. Or, je le dis franchement, vivre dans un monde qui tenterait de niveler les divergences, irait, pour moi, à l’encontre du respect d’autrui."

  • Un retour à l’ordre annihilant
Pour certains, l’uniforme serait synonyme d’un retour à une certaine discipline autoritaire, comme l’école l’a connue par le passé. Et qui dit discipline à l’école, dit également sanctions et punitions.

Une certaine génération, traumatisée par quelques pratiques humiliantes (se mettre à genoux sur une règle…) pense qu’il ne faut donner aucune occasion de revenir à un système éducatif trop rigoriste.

Cela expliquerait-il les réactions, parfois vives, qui ont eu lieu après que Luc Chatel, Ministre de l’Education Nationale, a proposé le retour de l’enseignement de la morale à partir de la rentrée de septembre 2011? De là à le penser, il n'y a qu'un pas.

Finalement, on observe que ce n’est pas encore tout de suite que les élèves français arboreront l’uniforme. Peut-être parce que l’Ecole a encore plusieurs réformes importantes à réaliser. Avant de s'attaquer à celle-ci.

Autres sources :

- france-jeunes.net

- atlantico.fr