Signature de la personnalité des hôtes, de leur humeur et de leur sens de l’accueil, l’aspect des abords immédiats de la maison doit être soigné, notamment l’accès principal, l’entrée et la façade. Choisissez le style qui vous convient le mieux.

Plantes, jardins et histoire de France

La tradition des jardins comme signe extérieur de richesse et de personnalité est ancienne en France. Les plantes et la manière de les utiliser, de les mettre en scène, et l’usage d’accessoires pris dans la poterie ou la statuaire par exemple, sont des moyens efficaces de marquer le visiteur sur la nature des lieux, sur le pouvoir et les moyens des occupants.

Les plantes rares, issues des expéditions lointaines initiées par le royaume ou par de riches commerçants et notables, se devaient d’être montrées par le truchement de mises en scènes parfois impressionnantes comme les palmiers et agrumes de l’orangerie de Versailles ; tandis que, dans le même temps, curés et rebouteux entretenaient leur jardins de simples, pour soigner le petite peuple et l’impressionner avec la connaissance des pouvoirs magiques des plantes (source Revue Horticole, Journal d’Horticulture Pratique – La Maison Rustique, Paris - 1864).

Ce petit peuple n’avait quant à lui que le souci de cultiver utile, pour manger, tout simplement. Est-ce le dalhia, initialement introduit et cultivé pour son tubercule consommable, qui a donné le goût du jardin fleuri dans les milieux modestes ? Le fait est qu’au XIXe et XXe siècles, le fleurissement des pas de portes, des façades et des jardins a connu un véritable engouement à peine démenti depuis.

Plantes et styles de mise en scène, témoins d’accueils variés

Selon qui vit dans la maison ou l’activité conduite dans la bâtisse, il y a généralement une correspondance fidèle dès l’entrée, dès la façade de la maison, qui les laisse deviner. Le type de plantes utilisés et la mise en scène en sont les témoignages.

  • Plantes en pots variés : simplicité bon enfant et sans chichi
Entre valérianes et roses trémières qui se ressèment chaque année au gré du vent le long des murs, la porte d’entrée et la façade sont ponctuées de pots variés, parfois de simples bidons peints, parfois des poteries en terre, le tout souvent disparate, dans lesquels poussent là un laurier rose, là des géraniums, ici un « coussin de belle-mère » ou une touffe de joubarbe, à moins que ce ne soit un pied de cypérus. Avec peu de moyens, la petite collection marque un lieu où l’on sait vivre bien, même modestement. Le citronnier ou le laurier rose sont tirés dans la véranda ou au garage, l’hiver.

  • Profusion pour un style champêtre d’inspiration anglaise
Le foisonnement végétal contre les façades et près de l’entrée marquent la bonhommie des lieux, un style romantique et la simplicité organisée : poésie et qualité de vie. Rosiers grimpants rouges ou (et) vigne vierge, chèvrefeuille sur les murs, potées fleuries aux fenêtres de l’étage, pivoines, platycodons, crocosmias iris et marguerites se mélangent en pied de mur avec perovskia, hebe et verveine citronnelle.

  • Plantes graphiques et minéral pour un style moderne et dynamique
Rupture totale avec le passé, besoin d’un style minimaliste, envie d’afficher un ancrage dans le temps présent, moderne, design, la façade et l’entrée de la maison (souvent très vitrée) sont marquées par le mélange de minéral et de végétal. Blocs de pierre graphiques, graminées en touffes, yucca, bananier ou palmier, phormium et bambou sont mis en valeur de manière ostentatoire. Pas de fouillis… Juste quelques pieds choisis, peut-être alliés aussi avec une œuvre d’art ou un mouvement d’eau.

  • Montrer l’ordre et la rigueur, plantes et décor pour intimider
Afficher clairement que « ici ça ne rigole pas » c’est facile. À la manière des maisons de notaire ou d’avocat, des entrées de palais de justice ou des perrons de diplomates, c’est une façade dépouillée qui s’impose. Deux belles poteries Médicis en fonte ou en pierre, placées de part et d’autre de l’entrée, ou de l’escalier; seront plantées de buis ou d’ifs taillés en cône ou en pyramide, effilés. Éventuelle variante, deux cyprès de Florence fins et rigoureusement taillés.

  • Une végétation sobre et chic pour un accueil distant et formel
Remplacer les Médicis par des poteries d’Anduze ou par des bacs en bois carrés sur pieds (dites caisses à arbustes) adoucis l’accueil. Façade stricte, très soignée, sans fantaisie végétale, éventuellement ponctuée d’ifs ou de cyprès taillés, le décor végétal principal se fait par plantation dans les pots ou bacs, de camellias, de buis en grosses boules ou en spirales, de lauriers sauce ou, si le climat le permet, de citronniers ou de cycas. Un tel décor est habituel des administrations, cabinets médicaux ou des maisons de caractère en ville.

  • Arbres choisis pour marquer une maison bourgeoise
Traditionnellement, une certaine richesse financière s’affiche avec sobriété, avec des plantes majestueuses, originellement rares (comme c’était le cas au XIXe siècle), capable d’impressionner, tout en restant sobre. Là encore, la symétrie s’impose. Une sculpture, un bassin ou un rond de gazon soigné, et entourés de gravillons blancs, et deux arbres de caractère comme Cedrus atlantica, Cedrus libanii, Magnolia grandiflora, Ginkgo biloba, ou deux palmiers comme Trachycarpus fortunei ou Phoenix canariensis (si le climat le permet). Une vigne, une glycine ou un rosier rouge peuvent courir en frise sur la façade, horizontalement entre rez-de-chaussée et premier étage.

  • Plantes nobles pour la noblesse d’une famille ou d’un produit
La noblesse fait alliance depuis longtemps avec l’art du topiaire : if, charmille (charme) et buis sont taillés en des formes géométriques savantes devant les maisons, en allées ou sur les carrés de gazon bordés d’allées blanches. Les façades s’ornent de jasmin, de rosiers arbustes ou de rosiers grimpants blancs, et les symétries se réalisent avec des camellias blancs, ou rose pâle.

Les domaines viticoles, marqués de leur paysage si particulier, jardiné en stries parallèles, voient leur entrée marquée de rosiers rouges et les façades ornées aussi de vigne conduite en treille. Au pied des murs ou des marches, des boules de buis, de laurier tin ou de chèvrefeuille arbustif, de tailles différentes finissent le décor.