Philippe de Commynes est le fils d'un noble flamand, Colard II de la Clyte, dévoué au duc de Bourgogne, Philippe le Bon. Du fait de leurs relations privilégiées, Colard fait de son fils le filleul du duc.
Après ses études, Philippe entre, en 1464, au service de Charles, fils de Philippe le Bon. Il est à ses côtés pendant la guerre du Bien public puis, quand Charles devient duc de Bourgogne, en 1467, et devient son chambellan. Il participe également à la répression des révoltes des villes flamandes et à l’entrevue de Péronne (1468), avec Louis XI.
Au service de Louis XI
Mais déjà Philippe songe à passer au service du roi. C’est d'ailleurs ce qu’il fait en 1272. Louis comble aussitôt son nouveau conseiller : il lui offre la seigneurie de Talmont (Vendée) et le marie à Hélène de Chambes, une riche héritière du Poitou, qui lui amène le titre de sire d’Argenton. Le roi le nomme ensuite sénéchal du Poitou, puis capitaine de Poitiers.
A la mort du roi en 1483, il est membre du Conseil de régence. Mais, très vite, il se dresse contre les Beaujeu et participe, avec Louis d’Orléans, aux complots qui visent à les éloigner de Charles VIII. En 1488, il est jugé et emprisonné, puis il part en exil. Mais Commynes est le spécialiste des affaires italiennes et c'est à ce titre que Charles VIII le rappelle et lui confie des missions en Italie (1494-1495). De même, Louis XII le choisit comme conseiller pour les guerres d’Italie (1507).
Les Mémoires
Commynes est surtout resté célèbre pour les Mémoires qu’il rédige, de 1489 à 1498, dans son domaine d’Argenton où il se retire jusqu'à sa mort, en 1511. A l’origine, ils doivent servir à Angelo Catone, archevêque de Vienne, pour écrire une vie de Louis XI. Mais Commynes finit par relater les règnes de Charles VII, Louis XI et Charles VIII.
Il est particulièrement bien placé pour raconter le conflit franco-bourguignon, dont il a été acteur et témoin. En toute impartialité, il cherche à analyser et à éclairer les événements et il évite de parler de ce qu’il n’a pas vu. Commynes est donc un véritable historien et ses Mémoires, imprimés en 1524, sont une source historique inestimable. Sainte-Beuve le décrit comme « Premier écrivain vraiment moderne ».
Sources :
Jean Favier : "Philippe de Commynes", in Dictionnaire du Moyen Age, histoire et société, Albin Michel, Paris, 1997.
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