L’exposition phares au musée de la marine rend compte de la nostalgie des français pour les phares. Depuis leur automatisation complète et la dernière relève à kéréon en 2004, une page s’est tournée. Chaque été, des milliers de visiteurs se pressent à la porte de la quinzaine de phares qu’il est encore possible de visiter. Des photographes tels que Philippe Plisson et Jean Guichard se spécialisent dans leur photographie et ces images font le tour du monde. C’est tout un patrimoine maritime qui se remet à vivre.

L’exposition au musée de la marine et le phare de Cordouan

L’exposition phares au musée de la marine nous présente la maquette du fameux phare de Cordouan érigé en 1611 et conçu par Louis de Foix. C’est le premier phare royal et le plus ancien phare de France. Classé monument historique l’objectif affiché est de rivaliser avec le prestigieux phare d’Alexandrie. Haute de 68 mètres la tour de six étages compte 311 marches. Au premier étage se trouve l’appartement du roi, au deuxième étage une chapelle, au troisième étage la salle des girondins. La chambre de quart est située entre le cinquième et le sixième étage, dernier étage où se situe la lanterne.

L’évolution des phares à partir du XIXe siècle

L’exposition phares au musée de la marine nous livre à travers dessins et photographies un bel aperçu de l’architecture des phares au XIXe siècle. Le XIXe siècle et ses plus de 300 phares mis en chantier est assurément la grande période des phares. Avec la vapeur, la flotte maritime se développe et c’est l’époque des grands paquebots. Les phares se dotent d’une nouvelle architecture. Léonce Reynaud ingénieur architecte élabore un plan type : piédestal cubique ou cylindrique, fut et couronnement supportant la lanterne. Le but est de marquer une séparation entre espace de travail et espace privé afin d’installer la famille à demeure. Celle-ci permet à un des membres de suppléer le gardien en cas de défaillance. La maison phare fait son apparition également à l’embouchure des estuaires et des passes.

De la lentille de Fresnel à l’électrification.

L’exposition présente grandeur nature la lentille de Fresnel. Inventé au XIXe siècle elle permet un éclairage beaucoup plus puissant que le charbon et les lampes à huiles placées au centre d’un réflecteur. La première lentille constituée d’un disque central convexe entouré d’anneaux concentriques est installé pour la première fois à Cordouan en 1823. Le rituel est immuable. Le gardien place un manchon en fibre d’amiante sur le bruleur, allume une petite lampe de chauffe puis jette l’alcool enflammé qui se trouve à l’intérieur. L’électrification met fin progressivement à ce procédé à partir du début du XXe siècle.

Le gardien de phare

L’exposition phare au musée national de la marine nous donne à voir la reconstitution de salle de veille d’un gardien de phare. C’est là la nuit qu’il effectue des quarts durant lesquels il allume, éteint les feux et surveille l’horizon maritime. Un journal de bord, une lampe, un livre constituent son univers. Le gardien de phare a un statut qui a évolué au fil des temps au fur et à mesure des progrès de l’éclairage. Fonctionnaires depuis 1953 il est peu qualifié et beaucoup ont une activité parallèle. En 1950 avec l’électrification des grands feux il est remplacé par l’électromécanicien. Enfin en 1980 avec l’automatisation il devient le contrôleur des travaux publics, phares et balises.

Aujourd’hui avec le système de GPS les phares perdent peu à peu de leur utilité. Mais plus que jamais les phares fascinent, ils restent la mémoire vivante des cotes du littoral français.

Renseignements pratiques:

Musée de la marine

17 place du Trocadéro 75116 PARIS

Ouverture : Lundi-Vendredi : 11h -18h

Samedi-Dimanche: 11h 19h