Personnes âgées: ces médicaments provoquent des chutes mortelles

La chute, souvent mortelle chez les seniors. - senioractu.com
La chute, souvent mortelle chez les seniors. - senioractu.com
Une liste de 70 médicaments favoriserait les chutes, souvent mortelles, des personnes âgées. L'Afssaps étudie leur éventuel retrait du marché.

Les chutes sont l'une des principales causes de décès des personnes âgées. Or, il existe plus de 70 médicaments qui favorisent les troubles de l'équilibre, de la vision, de la mémoire et des faiblesses musculaires, provoquant ainsi des accidents souvent mortels. En fait, révèle Le Figaro du 6 juillet, il y a dans ces molécules une substance à effet dit «anticholinergique», qui consiste à réduire les effets de l'acétylcholine, un neurotransmetteur du cerveau qui «joue un rôle de médiateur dans le système nerveux». Dès lors, ce qui est inoffensif pour les patients jeunes peut devenir extrêmement dangereux pour les seniors.

Ces molécules qui mettent en danger la vie des seniors

  • Quels sont les médicaments ?

Le Figaro cite des tranquillisants tels que Largactil, Terfluzine, des antitussifs tels que Broncalene, Broncorinol, des antidépresseurs tels que Elavil, Laroxyl, Tofranil, des antihypertenseurs comme Atenolol, des diurétiques comme Aldalix, Furosemide, des antiashmatiques comme Asmabec, Beclojet, des antiépileptiques comme Tegretol, des molécules prescrites dans le traitement du glaucome telles qu'Azarga, Combigan, Cosopt ou pour les incontinences urinaires comme Ditropan, Oxybutynine. Une liste de plus de 70 médicaments a été dressée par des chercheurs au terme d'une étude anglo-américaine.

  • Une étude auprès de 13 000 personnes âgées.

Pendant deux ans, des universités britanniques et américaines, financées par the Medical Research Council, ont menée une étude auprès de 13 000 patients âgés de plus de 65 ans. Publiées dans The Journal of the American Geriatrics Society, elle conclut que les médicaments qui ont un effet dit «anticholinergique» favorisent la mortalité des personnes âgées.

  • Un décès sur cinq.

Alors que 7% seulement des patients qui ne prenaient pas ces médicaments sont décédés durant les deux années de cette étude, 20% de ceux qui suivaient ce traitement sont morts, soit une personne âgée sur cinq.

  • Les chutes mortelles.

Les chercheurs ont mis en évidence «un lien de cause à effet» entre la prise de ces médicaments et les chutes qui se sont révélées plus nombreuses et qui sont souvent fatales à partir d'un âge avancé.

  • Des effets secondaires connus.

Les effets secondaires tels que les pertes d'équilibre, troubles de la mémoire ou discours incohérents sont connus depuis 2009, depuis qu'une équipe du CHU de Saint-Étienne a signalé le problème dans un article publié dans la Revue neurologique. Ce qui fait dire dans Le Figaro au Pr Olivier Saint-Jean, chef du service gériatrique à l'hôpital Georges-Pompidou: «Cette hausse des décès était pressentie».

  • Des effets parfois masqués.

Un sentiment confirmé par le Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre et gériatre à La Pitié-Salpêtrière: «En gériatrie, nous connaissons tous ces produits. Le problème, c'est que d'autres (médicaments ayant des effets anticholinergiques) avancent un peu plus masqués» que certains, prescrits en pleine connaissance de cause, comme antidépresseurs ou contre l'incontinence.

Il existe une alternative à ces traitements

  • Une autre prescription.

Il est nécessaire de ne pas prescrire ces médicaments aux personnes âgées. Ce qui est possible, puisque, selon le Pr Jean-Louis Montastruc du CHU de Toulouse, il existe des traitements alternatifs.

  • Éviter la surmédicalisation.

Le problème ne vient pas d'un médicament en particulier, mais plutôt de la «surmédicalisation» des personnes âgées: «Le danger vient de ce que certains effets secondaires qui sont minimes avec un produit se majorent lorsque vous avez plusieurs substances qui sont prises en même temps», confirme à Europe 1 le Dr Olivier de Ladoucette, psychiatre et gériatre à la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

  • Limiter les traitements prolongés.

Dominique Maraninchi, responsable de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) explique à Anne Jouan dans un autre article du Figaro qu'il faut «limiter au minimum les traitements prolongés et de bien prendre en compte la relation bénéfice-risque lors d'ajouts de traitements dont les effets secondaires indirects peuvent nuire au bénéfice global attendu».

  • Réserver ces médicaments aux plus jeunes.

«Il ne faut pas pour autant retirer ces médicaments du marché, estime le Pr Saint-Jean. Car si ces molécules sont susceptibles d'être délétères chez les seniors, elles ne le sont pas pour le reste de la population». Et d'observer que les prescriptions aux personnes âgées ont tendance à baisser ces dernières années.

  • Un réexamen par l'Agence.

La dangerosité de plus de 70 médicaments concernés fait l'objet d'un réexamen par l’Agence du médicament . À la fin de l'année 2011, la politique de prescription à destination des personnes âgées devrait être radicalement transformée. Car pour Dominique Maraninchi, le directeur de l'Afssaps, cité par carevox,«il n'est pas raisonnable de laisser sur le marché des molécules aux effets possiblement dangereux».

Thierry de Cabarrus, T.C.

Thierry de Cabarrus - J'ai passé trente-sept ans dans de nombreux journaux de la presse généraliste comme grand reporter, rewriter, ...

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Commentaires

7 juil. 2011 08:22
Anonyme :
je pense à mon âge que tous les vieux qui tombent malades et décédent ,c'est bien le fait des médicaments qu'on leur imposent !j'ai peur de tomber malade et je refuse tous les médicaments !je sais qu'on les mettrait dans ma nourriture !tous les moyens sont bons pour se débarrasser des vieux comme moi !le but ,renflouer les caisses en supprimant les vieux et leur rafler leurs biens !il est vrai qu'il y a trop de vieux en france !tout çà c'est voulu !
mes salutations!
7 juil. 2011 08:29
Anonyme :
oui cest bien beau la duree de vie!!!!! mais tout le reste ne suit plus!!!alors on se bourre de médicaments!
7 juil. 2011 08:41
Anonyme :
soignez vous avez les plantes, fumer du chanvre.
7 juil. 2011 08:44
Anonyme :
je pense tout de suite à ma grand mère qui s'est fracturé un bras il y a un mois après un malaise, forcément avec l'équivalent d'un sac plastique a prendre en médocs par jours... tout s'explique.
7 juil. 2011 09:52
Anonyme :
oui il faut regarde ces medicaments de pres surtout que moins on me prescrit de medicament mieux je me porte , j;ai de l;ezetrol 10 MG prescrit par le medeçin vu la posologie je le prend plus fini. nada
8 juil. 2011 19:50
Anonyme :
Ou est le liste ?
8 juil. 2011 20:10
Thierry de Cabarrus :
Vous cliquez sur «une liste de 70 médicaments», dans le deuxième paragraphe.
18 juil. 2011 23:53
Anonyme :
Je suis médecin, et je passe mon temps à essayer de dissuader mes patients âgés de prendre toutes ces cochonneries.
Le problème survient quand il s'agit de choisir ce qu'on va supprimer: "ah non, Docteur, pas celui-là!" est la réponse habituelle à toute proposition, quelqu'elle soit.
Et s'il me plait à moi d'être battue? disait Molière...
On n'arrive à supprimer quelques produits qu'après un passage à l’hôpital, quand les ordres viennent d'en haut.
Mais bien souvent, une ordonnance longue d'une aune est un critère de choix d'un médecin plutôt qu'un autre. Tant que le train de vie des médecins dépendra de tels critères, ne comptez pas sur eux pour modifier leurs habitudes...
J'ai renoncé à vacciner par conviction, sur des bases plus que solides.
J'ai arrêté il y a bien longtemps de prescrire un produit de moins de 5 ans, faute de recul (et c'est encore insuffisant!).
J'ai essayé de ne plus prescrire plus de trois médicaments par ordonnance, et j'y parviens tant bien que mal.
Chacun de ces renoncements m'a coûté un bras, financièrement, mais je n'ai jamais d'accident thérapeutique. Et mes patients vivent vieux, et mieux.
Qui aura le courage de proposer un autre mode de rémunération des médecins? Personne.
Et vous continuerez à constater que les plus grands empoisonneurs, ceux qui ruinent la sécu, sont aussi les plus riches.
Dans un monde où il est impossible de sortir d'un cabinet avec de judicieux conseils mais sans une ordonnance, je vois une médecine à l'avenir bien sombre.
Ce ne sont pas les médecins qu'il faut rééduquer: la plupart savent ce qu'ils font, et n'ont guère de choix. Ce sont les patients. Ainsi que les laboratoires et leurs VRP, qu'il faut moraliser. Doux rêves utopiques!
Doctorix.
19 juil. 2011 11:33
Anonyme :
Et que dire du PROTELOS (des Laboratoires SERVIER... encore !) à 44 € les 28 sachets à prendre quotidiennement (bonjour le déficit). Médicament donné pour lutter contre l'ostéoporose (la manne...) alors qu'il y a bien d'autres solutions ! Ce médicament a entre autres effets secondaires sur le cerveau : pertes de mémoire, troubles de la conscience, convulsions). A quand dans ce domaine également le principe "pollueur, payeur". Cela pourrait être une idée pour aider au financement de la dépendance des personnes âgées. L'industrie pharmaceutique soigne certes (ou soulage des symptômes), mais il serait très intéressant d'étudier son impact sur les maladies dégénératives du cerveau, ainsi que tout ce que nous propose l'industrie chimique (mais peut-être ne faut-il pas en parler... sujet tabou).
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