Si les historiens font généralement remonter à l'entre-deux-guerres, avec Paul Carbone et François Spirito, l’apparition du « milieu marseillais », c’est-à-dire, selon Wikipedia, "l’existence d’un vaste réseau organisé de contrôle des activité illicites et de vol, au profit d’une élite du crime plus ou moins proche des élites officielles (politique, milieux d’affaires, police, show-business, sport…)", des activités illicites ont toujours existé à Marseille et en Corse, et cette région a toujours connu des reglements de comptes.

Toujours est-il que deux hommes, dont un ancien responsable nationaliste, ont été tués par balles le 8 avril 2012, jour de Pâques, en fin d'après-midi vers Vezzani, près d'Aleria en Haute-Corse. Leurs corps ont été découverts sur le terrain de la propriété agricole de la famille de l'un d'eux.

L'ancien nationaliste Jo Sisti et son beau-frère Jean-Louis Chiodi ont été tués par balles

Joint par téléphone, un des enquêteurs, qui souhaite conserver l'anonymat, indique : "l'ancien nationaliste Jo Sisti et son beau-frère Jean-Louis Chiodi ont été tués sur une propriété de la famille Sisti....".

Cette information est confirmée par le procureur de la République de Bastia, Dominique Alzeari. Selon lui, "Les faits ont eu lieu dans un endroit très retiré de cette zone montagneuse, au lieu-dit Quinzena.

"Les corps des victimes, âgées toutes deux d'une soixantaine d'années, ont été retrouvés à plusieurs mètres l'un de l'autre, près d'une voiture, a ajouté le procureur. Il s'agit d'un acte très brusque, très violent. Une autopsie doit être effectuée lundi, ou mardi 10 avril 2012. C'est la famille d'une des victimes, inquiète de ne pas avoir de nouvelles, qui a découvert les cadavres.....".

Un guet-apens organisé par plusieurs tireurs

Le 9 avril 2012, les magistrats du parquet de Bastia ont confirmé que plusieurs armes avaient été utilisées lors de l'assassinat des deux hommes. Ce qui confirme la présence de plusieurs tireurs sur la scène de crime, une bergerie, où se rendait Joseph Sisti pour nourrir ses bêtes.

Selon un enquêteur de la gendarmerie, Jo Sisti remontait une piste en terre dans son 4x4 Toyota "dans la matinée ou en fin de matinée" en compagnie de son beau-frère, âgé de 51 ans, lorsqu'ils sont tombés dans une embuscade en entrant dans la propriété.

Les deux hommes tués par du gros calibre lors de l'embuscade

"Jean-Louis Chiodi est descendu du véhicule quand il a été mortellement blessé à la poitrine par une arme de chasse et achevé d'une balle dans la tête tandis que Joseph Sisti a été visé par plusieurs balles de gros calibre alors qu'il tentait d'échapper aux tueurs en sortant de la voiture qui a terminé sa course contre un rocher", précisait la source jointe par téléphone.

"Il aurait également été achevé à bout portant d'une balle dans la tête", selon cet enquêteur. "Plusieurs étuis de gros calibre, principalement du 9 mm et du 11,43 mm ont été retrouvés sur place".

Les deux corps ont été découverts par l'épouse de Joseph Sisti, qui inquiète de ne pas voir revenir son mari, s'était rendue sur place.

"C'est une enquête difficile où tout est ouvert en raison du contexte délicat de la plaine orientale où de nombreux faits de banditisme et une dizaine de meurtres ont été constatés depuis trois ans", expliquait le colonel Christian Rodriguez, commandant la région gendarmerie en Corse, contacté par téléphone.

Les fils des deux victimes étaient connus des services de justice. Le 5 novembre 2011, à Migliacciaru, non loin de la scène de crime, ils avaient échangé des coups de feu avec le GIGN qui avait interpellé une partie d'un groupe de quatre hommes. Les deux fils des victimes, très impliqués pour l'indépendance de la Corse, auraient également été mis en cause en janvier dans une dizaine d'attentats perpétrés en Haute-Corse.

"Il n'y a aucun lien entre les fils, qui nient les faits qui leur sont reprochés, et le double homicide des pères", soulignait le procureur de la République de Bastia Dominique Alzeari.

Deux victimes honorablement connues

Ces nouvelles affaires montreraient la proximité de certains milieux du grand banditismes corse et marseillais, et les enquêteurs n'écarteraient pas l'hypothèse de nouveaux réglements de comptes dans les milieux nationalistes, dont les deux victimes, honorablement connues, auraient pu faire les frais.

Les spécialistes du grand banditisme s'accordant sur le fait que le milieu corse et le milieu marseillais sont les plus puissants milieu français du grand banditisme. Le site Wikipedia écrit même : "Étroitement liés aux intérêts corses, le milieu de Marseille a traditionnellement de puissantes ramifications à Paris et à l'international (Afrique du Nord, Amériques..)".

Qui était Jo Sisti ?

Jo Sisti, ancien secrétaire général dans les années 90 de l'Accolta Naziunale Corsa (ANC), ancien élu de l'assemblée régionale de Corse, était militant de la formation nationaliste modérée Femu A Corsica ("Faisons la Corse"). Selon le procureur de la République de Bastia, Dominique Alzeari, "aucun élément a priori n'aurait pu laisser penser que les deux hommes allaient être abattus".

Une série d'interpellations et des assassinats qui touchent cette partie de la Corse

Le Procureur de la République s'est aussi interrogé sur "la problématique de la Plaine orientale qui prend des proportions inquiétantes", avant de replacer cette affaire "dans la série d'interpellations et les assassinats qui touchent cette partie de la Corse depuis deux ans....".

L'enquête a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie.

La famille Sisti était très médiatique

En novembre dernier, le fils de M. Sisti avait défrayé la chronique, accusé d'avoir tiré sur des hommes du GIGN. Il devait ensuite expliquer aux journalistes "ne pas avoir identifiés les gendarmes venus l'interpeller". Son père avait alors évoqué, pour Corse-Matin, le contexte "de violence multiformes que connaît actuellement la Plaine orientale".

"La microrégion de la Plaine orientale connaît actuellement un climat de violence multiforme qui touche des honnêtes gens", avait alors souligné M. Sisti. "Dans ce contexte, il a cru qu'on en voulait à sa vie. Il a pensé que ces hommes armés et cagoulés étaient venus pour l'abattre", avait ajouté Jo Sisti, précisant "Mon fils gère le bar du village de Pietroso et n'a absolument pas le profil du trafiquant de machines à sous".

Cinq hommes ont été tués par balles en Corse depuis le début 2012

Depuis le début de l'année, cinq hommes ont été tués par balles en Corse. Le précédent, un homme de 27 ans, avait été tué le 16 mars à la sortie d'un café de Corte par un seul tireur, qui avait pris la fuite à pied.

Les reglements de comptes ne datent pas d'hier

Si les historiens font généralement remonter à l'entre-deux-guerres, avec Paul Carbone et François Spirito, l’apparition du « milieu marseillais », c’est-à-dire, selon Wikipedia, "l’existence d’un vaste réseau organisé de contrôle des activité illicites et de vol, au profit d’une élite du crime plus ou moins proche des élites officielles (politique, milieux d’affaires, police, show-business, sport…)", des activités illicites ont toujours existé à Marseille et en Corse, et la Corse a toujours connu des reglements de comptes, comme le relatait déjà Prosper Mérimée au XIX ème siècle avec "Colomba"..

Les meurtriers de Fabrice Vial courent toujours

Cette nouvelle affaire survient alors que les meurtriers de Fabrice Vial courent toujours.

Mais qui a bien pu tuer Fabrice Vial, un chef d'entreprise de 43 ans, abattu, selon les premières constatations, par un tueur professionnel dans le golfe de Porto-Vecchio ? Comme Suite 101 le révélait quelques heures après le drame, ce chef d'entreprise a été assassiné par balles sur son yacht en pleine nuit.

Cette nouvelle affaire (lire aussi après les arrestations des corses à Marseille, 12 mises en examen), jamais élucidé et qui n'aurait pas progressé depuis six mois, pourrait avoir des ramifications avec les grands banditismes corse et marseillais. Les spécialistes du grand banditisme s'accordant sur le fait que le milieu corse et le milieu marseillais sont les plus puissants milieu français du grand banditisme. Le site Wikipedia écrit même : "Étroitement liés aux intérêts corses, le milieu de Marseille a traditionnellement de puissantes ramifications à Paris et à l'international (Afrique du Nord, Amériques..)".

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