Il y avait quinze films engagés dans la course au trophée de cette huitième édition du FIFO et, de l'avis de l'ensemble du jury, tous de très grande qualité. Si l'attribution du Grand Prix du Jury semble avoir été acquise sans véritable discussion tant elle semblait évidente, les trois autres récompenses ont provoqué des débats passionnés.

Le FIFO, un véritable succès populaire

En constante augmentation d'une édition à l'autre, la fréquentation des projections par le public tahitien montre un incontestable et croissant engouement de la population polynésienne pour cette manifestation.

La participation au vote pour désigner le lauréat du Prix du Public, plus importante d'année en année elle aussi, montre bien que les habitants se sont approprié le festival.

Les facilités faites aux jeunes et aux scolaires, (tarifs spéciaux, horaires de projections adaptés, forums, ateliers divers, etc) atteignent également leur but et le jeune public est de plus en plus présent.

Le développement des stages, ateliers, conférences, débats et autres séminaires ouverts à tous participe également grandement au succès croissant du FIFO dans le cœur du grand public.

Enfin, et c'est loin d'être négligeable, la couverture médiatique de l'évènement s'internationalise d'année en année, assurant de fait une promotion de grande valeur à l'ensemble de la Polynésie française, donnant d'elle une image (enfin !) bien différente et tellement plus juste et belle de celle véhiculée traditionnellement par les agences de voyages et autres offices du tourisme.

Un palmarès logique

Avec respectivement vingt deux et quatre millions et demi d'habitants, l'Australie et la Nouvelle-Zélande sont (l'Indonésie mise à part), et de très loin, les plus peuplés des états insulaires du Pacifique Sud.

D'autre part, depuis quelques années maintenant, l'industrie cinématographique australienne fait une concurrence sévère à Hollywood. Il n'est donc pas surprenant que ces deux pays soient très fortement représentés dans les films en compétition comme dans le palmarès final.

Australie et Nouvelle-Zélande, sans réelle surprise, remportent donc les quatre prix du jury officiel. L'expérience et la puissance des moyens humains, techniques et financiers leurs permettant de proposer des films d'une qualité internationale indiscutable.

Les votes du public se sont, eux, très logiquement et très nettement portés vers un film polynésien.

Le grand prix du jury pour un film australien

Sans aucune contestation possible, c'est le film australien Contact, réalisé par Bentley Dean et Martin Butler, qui remporte ce grand prix du jury.

Un vrai beau sujet traité avec une infinie pudeur et énormément d'émotions contenues et un mélange d'images d'archives poignantes et de séquences contemporaines d'une rare beauté. Un témoignage unique de 78 minutes pour narrer la rencontre entre une peuplade totalement isolée du bush australien et les hommes blancs et les conséquences de cette rencontre.

Les trois Prix Spéciaux du Jury

Ces trois récompenses vont à deux films néo-zélandais et un australien, les productions anglophones des géants de la région trustant ainsi le palmarès, au détriment d'œuvres très originales et d'une grande beauté comme, par exemple, le film polynésien "Makatea, l'oubli".

  • Kuru : the science and the sorcery, du réalisateur australien Robert Bygott, raconte, à travers l’histoire de deux prix Nobel et de 50 années de recherches, du mépris tragique d’un avertissement qui aurait pu empêcher la propagation de la maladie de la vache folle et celle de Creutzfeldt-Jakob
  • Premier film néo-zélandais récompensé,Trouble is my business de Juliette Veber relate, de manière beaucoup plus anecdotique, le difficile parcours trois élèves maori d’un lycée de Pacific Island, un quartier du Sud d’Auckland, et le vain combat d'un principal adjoint pour garder ses élèves et les protéger des multiples dangers et dérives qui les guettent.
  • Autre production néo-zélandaise,This way of life de Thomas BurstynTourné sur quatre années, ce film décrit l'intimité d'un couple maori et de ses six enfants. Totalement isolés dans les fabuleuses montagnes de Ruahine de Nouvelle-Zélande, cet homme et cette femme, au milieu d'une cinquantaine de chevaux, luttent pour inculquer à leurs enfants des valeurs traditionnelles en voie de disparition.

Le Prix du Public du FIFO 2011

C'est très logiquement que les votes du public de Tahiti se sont massivement portés sur une production polynésienne. Si ce choix a désigné comme lauréat Lucien Kimitite, un homme de la terre des hommes, le film de Dominique Agnel, sans doute que la stature, la notoriété et l'incontestable aura de ce personnage hors du commun disparu en 2002 dans des circonstances jamais élucidées ont très fortement influencées ce choix. On peut en effet penser qu'un traitement moins conventionnel aurait mieux servi l'exceptionnel personnage qu'était Lucien Kimitite, tout comme fut exceptionnel son parcours.

FIFO 8 est mort, vive FIFO 9

Comme toujours en Polynésie française, le FIFO 2011 s'est terminé avec des danses et des chants traditionnels avant que ne soient projetés une dernière fois les cinq films primés.

Comme chaque année, pour tous ceux qui n'ont pas eu le privilège de pouvoir assister à cette manifestation, la plupart de ces films seront diffusés par le réseau France Télévision. Donc : surveillez vos programmes !

En attendant une édition 2012 que tout le monde espère encore meilleure, les projecteurs se sont éteints sur cette dernière séance...

Pour tout savoir sur le FIFO 2011, consulter impérativement, les sites officiels du FIFO : http://fifo-tahiti.com/ et de l'ICA (Institut de la Communication et de l'Audiovisuel) : http://www.ica.pf/

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