Le thème , inspiré du livre splendide de Junichiro Tanizaki Eloge de l'ombre ( Traduction de René Sieffert aux Editions Verdier) est donné.

Il sera résolument dédié aux ombres, aux couleurs et à l'or.Et à toutes les subtilités qui peuvent aller de l'un à l'autre.

Ses expositions passées demeurant indélébiles dans nos mémoires,nous frémissons déjà d’impatience à l’idée de découvrir ses nouveaux projets.

En quelques mots, comme il saisit un visage ou un corps en « un seul coup de crayon », Henri Matchavariani relate son parcours , là où , toujours , le plaisir l'a guidé:

dessins de mode, d'illustration , dans le monde de la couleur…de la photo ou de la peinture.

Henri Matchavariani, un métier et une passion.

Directeur Artistique pour de grandes agences de publicité,

Havas, NCK, Mc Cann, Publicis...Henri M.a réalisé de grandes campagnes de pub et a tourné de nombreux films publicitaires avec Jean Becker, Jean- Jacques Annaud, Claude Miller et bien d’autres.

Il a obtenu deux prix importants pour deux de ces films : un Lion d’Argent à Cannes et un Clio d’Or à New York. Plus tard, comme ses dessins plaisaient et qu'à l'époque il ne dessinait que pour son propre plaisir.

Henri Matchavariani a choisi de devenir illustrateur et peintre

Alain François, qui était un des meilleurs agents d’artistes de l’époque l'a pris dès lors dans son équipe et le succès est parti comme une flèche, :Air France, campagne de presse et affiches, France soir, Salon du Prêt-à-porter.

Henri a réalisé des illustrations pour des magazines de mode tels que Vogue, Marie-Claire Italie, Elle, Joyce, Fashion .... Et puis il y a eu Fiat, le Salon International de l’automobile de Turin, Montedison-Italie, les automobiles BMW-Hollande, Woolmark, l’Oréal, des décors et des costumes d’Opéra, les grands Magasins Melsa au Japon, le Printemps/Italie 2, Le Passy -Plazza et beaucoup d'autres encore ....

Place à l’influence japonaise, de Mémoires de soie à Ombres et Ors.

Mémoires de soie, une exposition datant de 2003, fut un hommage marquant au Japon des soies et des kimonos.

" J’ai toujours admiré Hokusai et les maitres de l’estampe japonaise. D'eux et de leurs merveilles j'ai retenu la force et la souplesse du pinceau, l’écriture indissociable de la peinture, l’articulation du vide et du plein. Chaque mouvement ne peut être qu'unique... C'est cela que j'ai retenu . Et pratiqué jusqu'ici .

Le grand Hokusai à l'automne de sa vie a écrit ceci , qui est incroyable par sa clairvoyance et par sa modestie :

« Tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante ans ne vaut pas la peine d’être compté. C’est à l’âge de soixante treize ans que j’ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et des insectes. Par conséquent à l’âge de quatre vingt-dix ans je pénètrerai le mystère des choses; à cent ans je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quand j’aurai cent dix ans, chez moi, soit un point ou une ligne, tout sera vivant. ».

Nous sommes là face à l'infini . Alors dans mes tableaux, le point et le trait d’Hokusai sont devenus pour moi la référence absolue."

Puis, il y a eu en 2009 l'exposition "Carapaces," à la Galerie Feuillantine,

où le trait se mêlait à un bouillonnement d'or et d'argent qui préfigurait déjà l'exposition à venir.

Mai 2012 , l'exposition Ombres et Ors, comme une nouvelle approche de son art.

L'exposition est tellement autre chose que ce que Henri Matchavariani a présenté jusqu'ici

tout en étant la juste continuation dans la spontanéité du geste et dans l'idée de se servir encore une fois des ors .

Ici, Henri Matchavariani s'est comme « émancipé" du trait pour ne garder que la couleur : des murmures colorés, ou bien des souffles ténus ou puissants, des nappes d'eau stagnante,

le vent dans les pins , des reflets sombres un peu voilés , la couleur de l'obscurité .....

C'est ici une nouvelle approche de l'art que le peintre a su créer. L'éphémère et l'a-peine exprimé .

Le travail de la matière.

« Mille traits ont suivi comme un seul et unique trait jusqu'à ce qu'aujourd'hui je m'émancipe de celui-ci pour n'exprimer que le murmure coloré des nappes d'eau stagnantes ou des brouillards dorés ». (Henri Matchavariani)

L'ombre est la couche de nos sens. Pour rendre cela visible, Henri Matchavariani a travaillé sur des fonds noirs comme laques et a imaginé des couleurs ors se mêlant parfois à des rouges ou a des verts.

Le geste est réfléchi et pensé. Le noir/ombre donne plus de force et de présence. Leurs mouvements nous emportent vers la rêverie.

C'est à nous d'en saisir l'essentiel et d'y donner du sens.

Quelques extraits du livre ont guidé les visiteurs de cette exposition.

« A ces moments là, j'en viens à douter de la réalité de cette lumière de rêve, et je cligne des yeux car elle me fait l'effet d'une brume légère qui émousserait mes facultés visuelles. » p.50.

« Ces reflets, pareils à une ligne d'horizon au crépuscule, diffusent dans la pénombre environnante une pâle lueur dorée et je doute que nulle part ailleurs l'or puisse avoir une beauté plus poignante. » p.51.

Extraits du livre Eloge de l'ombre de Junochiro Tanizaki, publié par les Editions Verdier, traduction de René Sieffert.

Exposition Ombres et Ors, Henri Matchavariani

Galerie Feuillantine,

17 rue des Feuillantine, 75005 Paris,

Tél: 06 37 23 84 88

Du 10 mai au 2 juin 2012,

du mardi au samedi de 15h à 19h30

Dernier jour et décrochage le Samedi 2 juin de 18h à 21 h