
- Tramways dans le centre de Nantes - Gnak
Initié en 2010 par Stockholm, le concours européen pour le titre de la capitale verte récompense des métropoles dynamiques et efficaces dans leurs politiques environnementales. Hambourg prendra la place de la capitale suédoise en janvier prochain. Pour la troisième année du concours (2012), c’est Vitoria-Gasteiz (Espagne) qui a été choisie par la commission européenne.
Nantes succédera à cette ville du pays Basque, grâce notamment à sa politique ancienne de développement des transports en commun. Première ville à réintroduire le tramway en 1985, Nantes a réussi à réduire ses émissions de C02 à 4,77 tonnes par habitant. Mais c’est aussi la ville qui s’est engagée dans un grand projet d’aéroport pour 2015.
Meilleure élève en "climat"
Nantes était en concurrence avec six autres villes européennes dont Barcelone, Nuremberg et Reykjavik. Elle a donc obtenu les meilleures notes sur dix critères, comme la qualité de l’air, la gestion des déchets, la densité de son réseau de transport ou encore la promotion de la biodiversité.
Selon Ronan Dantec, vice-président au développement durable à Nantes Métropole, joint par téléphone, "Nantes a devancé les autres candidates sur les transports et le plan climat où elle a obtenu la note de 14,5/15". Après Paris et Lyon, Nantes est la troisième ville en nombre de voyages en transports collectifs par habitant. A travers son Plan Climat, la métropole de 800 000 résidents veut réduire de 25% ses émissions deCO2 d’ici 2020, en associant ménages, associations, scientifiques et élus aux projets et décisions.
Un aéroport flambant neuf à 20km de la capitale verte
Quand il s’agit de développer les transports et de financer des projets innovants en matière d’environnement (comme la villa en déchets), écologistes et socialistes avancent main dans la main. Mais dans les collectivités locales, ils se sont divisés sur le vote du financement de l’aéroport. Pour un coût de 556,6 millions d’euros, les collectivités vont engager 115 millions. Le 18 octobre, Nantes Métropole a accepté de participer au chantier à hauteur de 17,9 millions au chantier, soit 2% du budget de l’agglomération).
Alors qu’il a porté la candidature de Nantes pour être "Green Capital", Ronan Dantec "assume un franc désaccord" sur la question de l’aéroport. Comme son parti, Europe-Ecologie qui espère un abandon du projet en 2012, en cas de victoire des socialistes (et d’alliance avec eux) en 2012. L’écologiste assure que l’absence de consensus affiché sur l’aéroport permet "d’avancer sur d’autres politiques ambitieuses".
Mais pour Dominique Fresneau, porte-parole de l’Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport (Acipa), interviewé par téléphone, "Nantes Métropole veut bâtir une capitale verte en saccageant 2000 hectares de terres agricoles à côté".
Capitale verte : "une responsabilité plus qu’un prix"
Techniquement, l’aéroport de Notre-dame-des-Landes prévu à une vingtaine de kilomètres de Nantes n’est pas pris en compte dans les critères de « la capitale verte de l’Europe ». Seules les réalisations et projets en cours sur la zone urbaine sont évalués. Mais le trafic aérien généré par les 4 millions de voyageurs annuels attendus (aujourd’hui, il y en a près de 3 millions) ne va-t-il pas plomber les efforts de la ville pour réduire ses émissions ?
Non, répond Ronan Dantec, "car le Plan Climat de l’agglomération s’attaque aux émissions dues aux transports routiers et consommation domestique d’énergie". Les émissions de C02 produites par les entreprises ne sont pas comptabilisées par Nantes Métropole. Comme le C02 émis par des entreprises, celui généré par les avions sera revendu ou échangé sur le marché européen du C02. Une manière de cacher le problème pour l’Acipa.
Le titre de "capitale verte" n’est pas une récompense sans conséquences. Ronan Dantec le sait : "On va devoir animer l’Europe sur les questions d’environnement, diffuser nos idées et bonnes pratiques. C’est une responsabilité presque plus qu’un prix". Aujourd’hui l’image de Nantes est positive dans les médias, mais le poids "aéroport" pèse toujours lourd dans la balance de la controverse. La médiatisation pourrait se retourner contre l’élève modèle sur laquelle les projecteurs européens sont braqués.
Mise à jour du chapeau, le 27 octobre à 19h31. Un lecteur remarque à raison qu'il ne s'agit pas d'un "nouvel" aéroport puisqu'il en existe déjà un, appelé "Nantes Atlantique", au sud de la ville. Mais il ne s'agit pas simplement d'un déplacement de l'aéroport existant, puisque le nouvel aéroport sera plus grand pour accueillir plus de passagers.
CONT11
