Charlemagne

Charlemagne era le premier à imaginer des dispositions consacrées à l’éducation, avec l'aide d'Albinus Alchwin, un moine, d'origine anglo-saxonne qui sera son conseiller culturel, dès 782. Charlemagne, le guerrier, était aussi administrateur, législateur, et protecteur des lettres (autodidacte il étudia la grammaire, la rhétorique, la dialectique et l’astronomie).

Le souverain va imaginer et mettre en place trois niveaux d’enseignement

1 - L’école paroissiale dirigée par le curé, pour apprendre à lire, écrire et compter. Ce premier niveau étant principalement destiné à donner l'accès aux études pour plus défavorisés. Beaucoup d' enfants des milieux non favorisés ne vont pas à l'école. Pour ceux qui le peuvent cela se limite souvent à la paroissiale, s'ils ne sont pas destinés à une vie religieuse ils peuvent néanmoins y acquérir une formation minimale : lecture, écriture et bases de l'arithmétique. Il est vraisemblable que le curé ne suivait pas un programme précis et que les horaires fluctuaient, surtout en milieu rural, selon les saisons et travaux de la terre.

2 - L’école épiscopale (1) dirigée par un chanoine en milieu urbain.

3 - L’école monastique dirigée par un abbé en milieu rural. Chaque cathédrale, chaque monastère, se devait d'avoir deux écoles : une intérieure, une extérieure. La première était réservée aux clercs et aux moines, la seconde (littéralement sous le porche) ouverte gratuitement à tous, pour y enseigner la foi, les prières, le chant, la lecture et l'écriture. Les élèves sont groupés en chœurs (classes) sous la direction d’un "écolâtre" (2).

L'enseignement destiné aux moines et clercs

Enseignant principalement le latin, l'histoire, le droit, l'histoire et les arts, les monastères seront longtemps les centres de la culture au moyen âge.Par la suite Charlemagne instaura, en son palais d’Aix-la-Chapelle, l’école palatine (3), destinée à former la future élite laïque et religieuse, spécialisée en droit, théologie, et sciences. Ecole en principe réservée aux enfants de seigneurs, le monarque y acceptait néanmoins quelques jeunes doués, d’humble condition. Certains d'entres eux devinrent évêques, abbés ou ministres du roi. Dans la classe moyenne la voie des étudiants passe par l'épiscopale ou la monastique. Pour les fonctions d'élite laïque, ou cléricale c'est la "palatine", et plus tard l'université.

Il convient de préciser que ces établissements dispensaient un enseignement exclusivement aux garçons, les rares femmes "lettrées" le sont par le fait d'être issues d'un milieu social aisé et d'avoir eu un père, ou un frère ayant fréquenté l'école.Les filles de bonne famille fréquentent aussi les couvents ou les religieuses dispensent des cours de lecture, écriture et de bonnes manières. Les écoles monastiques sont souvent loin des villes et vont peu à peu perdre des étudiants, qui vont se retrouver dans les écoles cathédrales. Leur proximité limite d’autant plus les coûts que l'enseignement y est en principe gratuit. Ce qui n'interdisait pas de faire des cadeaux aux maîtres.

Evolution de la langue française

A l’époque elle est constituée de multiples dialectes, fondamentalement différents entre les deux grandes zones géographiques. Au nord le "parler" d’oïl, représenté par le picard, le champenois, le wallon, le francien. Au sud le "parler" d’oc , caractéristique du provençal et de l’occitan.

La langue d’oïl, plus répandue et parlée par une grande majorité de la population sera finalement adoptée sur l’ensemble du territoire. Le latin restera néanmoins très longtemps la langue des savants, de l’église, de la diplomatie, et pour la rédaction des actes officiels.

Naissance de l'université

Au XIIe elle naît de l’évolution des écoles (cathédrales et monastiques) suite à l’accord de privilèges aux maîtres et étudiants.

Les universités dépendent directement du pape, sont dispensés d’impôts, de devoirs militaires, bénéficient d’une justice spécifique. Aux fil du temps elles se spécialiseront, Orléans pour le droit, Montpellier pour la médecine. Par définition l'université est un établissement qui comprend l'enseignement supérieur, dans tous les domaines de la connaissance et la conservation des publications relatives à la recherche, dans ses archives et bibliothèques.

L’église trouvera là une opportunité pour assurer sa main mise et le contrôle de l’élite. En 1251 le théologien Robert de Sorbon crée un collège dédié, comme on s'en doute à la théologie, qui deviendra la première université de Paris. De nos jours la Sorbonne, est le nom usuel de Paris IV.

L'université comprenait quatre facultés, Arts - Droit canon - Médecine - Théologie, chacune sous la responsabilité de maîtres chapeautés par un doyen. Maîtres et étudiants sont groupés selon leur d'origine dans des nations : française, picarde, normande et anglaise.

La durée des études était différente selon les facultés, la maitrise de la faculté des Arts étant obligatoire pour accéder aux autres, demandait environ 6 années, on y entrait dès l' l’âge de 14 ans, pour devenir bachelier et ensuite Maître es arts (4).

La médecine et le droit demandaient 6 années pour la licence ou le doctorat, les plus longues études étaient la théologie, soit 15 années en comptant le doctorat des Arts. Au fil des années elles vont se spécialiser, Orléans pour le droit, Montpellier pour la médecine, Paris restant la plus importante de France pour la théologie.

Les cours dispensés dans des locaux loués par les maîtres, assistés par des répétiteurs, sont sanctionnés pas des argumentations sur le pour et le contre, les examens se déroulent à Noël ou en Carême. Les "escoliers" d'origine modeste étaient entretenus et hébergés dans des collèges fondés par de généreux donateurs.

Parmi les prestigieux étudiants de la l'université de Paris citons : le poète François Villon Maître ès arts en 1452 et Pierre Cauchon, docteur en théologie et évêque de Beauvais, surtout connu pour avoir "orchestré" le procès de Jeanne d'Arc.

(1) De la cathédrale

(2) Professeur, on dit aussi "scolastique"

(3) Ecole du palais.

(4) Grade universitaire dans les 7 arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique, astronomie, arithmétique, géométrie, musique. Le bachelier était un jeune clerc, non licencié.