
- Platini 1985 - inconnu
Après Raymond Kopa et avant Zinedine Zidane, Michel Platini fut le plus grand joueur français de football. Leader de la génération Hidalgo avec l’équipe de France, il tire les Bossis, Six, Amoros, Rocheteau, Janvion, Lacombe, Bats, Battiston, Genghini, Stopyra et Trésor vers le haut. Il atteint avec les uns ou les autres deux fois les demi-finales de la Coupe du monde (1982, 1986), remportant le Championnat d'Europe organisé par la Franceen 1984 et marquant 9 buts en phase finale (record). C’est l’apothéose pour le célèbre carré magique qu’il forme avec Luis Fernandez, Jean Tigana et Alain Giresse, sous la houlette de Michel Hidalgo.
Trois clubs et l’équipe de France
Fils d'un immigré italien, Aldo, installé à Joeuf en Lorraine, c'est là que le jeune Michel s'entraîne à tirer ses premiers coups francs, contre un portail en fer de sa rue, au désespoir de tous les voisins...
Il ne connaîtra que trois clubs: l’AS Nancy-Lorraine, l’AS Saint-Étienne et la Juventus de Turin. Et les Bleus de France. Ces maillots avec lesquels il marquera le total de 353 buts, comme meneur de jeu ou avant-centre. Parmi tous ces buts, 41 furent inscrits pour l’équipe de France en 72 sélections, dont 50 comme capitaine.
Sa carrière s’étalant de 1972 à 1987, il remporta tous les trophées sauf la Coupe du monde. Champion d’Europe des Nations, champion de France et d’Italie, et vainqueurs des coupes nationales respectives, son apogée se situe en 1985 où il remporte la Coupe d’Europe des clubs champions (future Ligue des Champions) et la Coupe Intercontinentale, face à Argentinos Juniors.
Nancy et le temps des copains
Le petit Michel démarre mal dans la carrière: refoulé du centre de recrutement du FC Metz pour faible capacité respiratoire et insuffisance cardiaque! Dès septembre 1972, le centre de formation de Nancy l’accepte, et c’est le début d’une longue amitié avec Jean-Michel Moutier puis Olivier Rouyer, deux jeunes du cru. Après quelques blessures dues à son fragile gabarit, Platini devient le patron de l’équipe. La montée de Nancy en 1975, en première division, le fait accéder à la maturité et c’est en mars 1976 qu’il honore sa première sélection en équipe de France. Premier but sur coup franc, sur passe d’Henri Michel, sa carrière est lancée…
C’est à Nancy qu’il concocte un entraînement spécial pour tirer les coups francs, son arme favorite, son entraîneur Antoine Redin faisant placer des bonhommes en mousse pour simuler les murs de joueurs.
Il gagne la Coupe de France en 1978, marquant l’unique but contre Nice. Il participe à sa première Coupe du Monde en Argentine la même année, puis rejoint en 1979 l’AS Saint Etienne et les Verts. C’est le plus grand club français de l’époque, une première marche.
Le taulier d’Hidalgo
Platini, c’est le leader de Michel Hidalgo, le nouveau sélectionneur. Celui-ci appellera même régulièrement Olivier Rouyer, son acolyte de Nancy, pour favoriser son jeu et sa joie de jouer. Comme Zidane et Dugarry un peu plus tard avec Aimé Jacquet. C’est surtout un leader de terrain avec ses coups francs mais aussi la confiance qu’il amène à ses partenaires, marquant des buts décisifs dans le jeu, comme celui contre l’Argentine en 1978, ou le Brésil la même année, et surtout celui gagnant de la demi-finale 1984 contre le Portugal, assurant la victoire tricolore après une chevauchée de Tigana donnant au «patron» le caviar. En fait, la seule fois où Platini lâcha ses partenaires fut lorsqu'il rata son penalty contre le Brésil en Coupe du Monde 1986. Mais un certain Luis Fernandez marqua derrière pour un exploit légendaire…
Les Verts et l’épopée bis
C’est donc chez les Verts de Saint-Étienne que Michel atterrit durant l’été 1979, avec des ambitions à la hausse et les Janvion, Battiston, Lopez, Larios, Rep, Rocheteau ou Zimako pour l'aider à les concrétiser. Il y remporte son premier titre de champion national mais ses parcours européens sont tronqués, malgré quelques exploits ponctuels, comme les victoires contre Hambourg ou le PSV Eindhoven. Il joue et perd France-Allemagne 1982 à Séville (3-3, défaite aux penalties) après une deuxième défaite en Coupe de France, puis rejoint la Juventus de Turin. L’affaire de la Caisse noire arrive sur les bords du Forez, et le rattrapera quelques temps plus tard, jusqu’à en être amnistié.
L’italien de la Juve et les années de gloire
Après quelques mois difficiles, durant lesquels on se demande si Michel va s’imposer chez la Vieille Dame, surnom de la Juventus, il prend son rythme de croisière et engrange les buts et les passes décisives. C’est là qu’il connait son apogée de footballeur, et pose son jeu de longues passes précises dans les pieds de Boniek ou d’autres, ou marquant lui-même avec sang-froid dans toutes les positions et de toutes les distances. Il s'adjuge 3 titres de meilleur buteur dans le Calcio et accède à la gloire. Seule ombre au tableau: la finale de la C1 au Heysel, en 1985, qui étale devant ses yeux 39 morts et 600 blessés, suite à des effondrements de grilles sous la poussée des supporters de Liverpool. C’est la fin de ses illusions sur le football mais aussi des hooligans, avec des mesures draconiennes d’interdictions et de contrôles prises par le football anglais.
Champion d’Italie en 1986, il prend sa retraite en 1987 en simultanément avec l’équipe de France, où il laisse un grand vide. Un triple Ballon d’Or, le seul à en gagner trois la suite de 1983 à 1985, ça ne se remplace pas comme ça!
Après le foot
Après de mauvais résultats d’Henri Michel avec l’équipe de France, il revient chez les Bleus comme sélectionneur en 1988, rappelant même comme joueurs les retraités Tigana et Battiston. Eliminé de la Coupe du monde 1990, il qualifie haut la main la France pour l’Euro 1992, mais celle-ci est néanmoins éliminée en phase finale par le Danemark, le futur vainqueur de cette édition.
Dès 1992, il est co-président du comité d’organisation à la Coupe du monde 1998 en France avec Fernand Sastre. Mission parfaitement accomplie. En 2001 il devient conseiller du président de la FIFA, Sepp Blatter. Membre du comité exécutif UEFA, puis FIFA en 2002, il remporte la présidence de l’UEFA en janvier 2007, battant et succédant à Lennart Johansson, en place depuis 1990.
Une DCNG Européenne
Après avoir imposé la protection en C1 des clubs champions des petites nations, il a en projet une sorte de DCNG européenne (commission de contrôle des comptes des clubs) et prône le fair-play financier. La refonte du calendrier international aussi, pour une saison de mars à octobre, et les grandes compétitions internationales en janvier-février. C’est prévu.
Son seul défaut? Il est contre la vidéo dans le football. Mais, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…
Dix buts de Platini pour le plaisir: www.youtube.com/watch
