Michel Constantin de son vrai nom Michel Constantin Hokloff est né d’une mère polonaise et d’un père russe le 13 juillet 1924 à Billancourt , dans les Hauts-de-Seine. Son père est un Mongol descendant direct de Gengis Khan. Il fût gouverneur de Varsovie à l’époque où les russes dominent la Pologne. Le père de Michel Constantin quitte la Russie avec une jeune polonaise après que des conflits eurent éclaté dans le pays. Le couple traverse l’Europe et s’installe en Pologne, puis en Allemagne avant d’arriver en France. La famille qui s’est agrandit entre-temps de deux filles, déménage à plusieurs reprises avant d’arriver à Billancourt. N’étant pas très doué pour l’école, le jeune Michel entre à l’école d’apprentissage des Usines Renault. Il prend rapidement le nom de Michel Constantin pour se faciliter la vie. Après la guerre, il obtient une place d’acheteur : un travail qui lui permet de parcourir la France à la recherche de produits manufacturés et de matières premières. Par la suite, il monte une société de fabrication d’aiguilles à tricoter, avant de créer la première laverie automatique.

Michel Constantin : un sportif exemplaire

Parallèlement à ses activités professionnelles, Michel Constantin pratique des activités sportives. Après avoir commencé par le football, il enchaîne avec l’athlétisme. Puis, il joua au basket-ball avant de passer au volley-ball un sport peu pratiqué à l’époque. Il va apprendre ce sport jusqu’à avoir une technique parfaite. Il intègre différents clubs et sera champion de France avec le Stade Français, le Racing Club de France, et le C.O Billancourt. Il devient international à partir de 1947. Il aura en tout 15 sélections en équipe de France. En 1951, tout en continuant sa carrière de volleyeur, il rentre comme pigiste au journal « L’équipe » pour rendre compte de manière occasionnelle de l’actualité du volley-ball. Au fur et à mesure, il va s’occuper de la rubrique basket-ball, hand-ball et volley-ball. Il quittera le journal en 1966. C’est dans un centre de vacances, il rencontre Maurine, une jeune enseignante avec qui il se marie en 1957. Le couple aura, par la suite, une fille prénommée Sophie. En 1960, il démarre un carrière d’entraîneur. Bilan : 7 titres de champion de France de volley-ball (3 avec le C.O Billancourt et 4 avec le Racing). Michel Constantin abandonna son poste d’entraîneur en 1970.

L'orientation logique vers le cinéma

Michel Constantin habitait à 500 mètres des fameux studios de cinéma. Le cinéma exerçait une fascination sur lui tous comme ses camarades de voisinage dès sa plus tendre enfance. Aussi, pouvait-il échapper à une carrière dans le cinéma ? Faisant des livraisons de pain au studio de cinéma, c’est comme ça qu’il appris à connaître le personnel. Son physique de sportif, sa gueule et sa taille de 1,85 m étaient prédisposées à ce qu’il fasse carrière. Et c’est ainsi qu’il fît sa première apparition dans « En effeuillant la marguerite » (1956) de Marc Allégret. Par la suite Jean, le fils du réalisateur Jacques Becker qui connaissait Michel Constantin parla de lui à son père. Il se trouve que lui-même avait déjà vu des matches de l’équipe de France de volley. Le film racontait l’histoire de cinq prisonniers qui font un trou dans le sol de leur cellule pour s’évader de la prison de la Santé. Le film intitulé « Le trou » réalisé par Jacques Becker sortira au début de l’année 1960. Dans ce film, où il joue aux côtés d’acteurs non professionnels, il attire très vite l’attention, d’autant que le film est un succès. Son rôle suivant est celui du chef des racketteurs dans « Un nommé la Rocca » en 1961 réalisé par Jean Becker, le fils de Jacques. Michel Constantin apparaît la même année dans « La loi des hommes » ou « Maigret voît rouge » en 1963. On le voît ensuite au générique de films comme « Les grandes gueules » ou « Ne nous fâchons pas » en 1965. L’année suivante, il joue dans « Le dernier souffle » de Jean-Pierre Melville. Michel Constantin tourne à plusieurs reprises pour José Giovanni : « La loi du survivant » (1966) ou « Dernier domicile connu » (1969) avec Lino Ventura et Marlène Jobert.

La succès et la popularité

Au début des années 70, la carrière de l’acteur est à son apogée. Michel Constantin tourne avec les plus grands réalisateurs européens : Terence Young, Sergio Sollima, Alberto de Martino, Sidney Hayers. Il obtient ses plus grands rôles en tant que vedette principale grâce au réalisateur Georges Lautner, avec « Il était une fois un flic » (1971) et « La valise » (1973). Dans ces deux films, il a pour partenaire Mireille Darc. Il est également le partenaire de Jean-Paul Belmondo dans « La scoumoune » (1972) où il est de nouveau dirigé par José Giovanni.

Dans les années 80, il continue de tourner mais on lui confie seulement des petits rôles. On retiendra cependant ces prestations dans « Tir groupe » (1982) de Jean-Claude Missaen et « Les morfalous » (1983) d' Henri Verneuil. On le retrouve ensuite à la télévision où il présente brièvement un jeu télévisé avant d’être le héros récurrent de la série « L’addition est pour moi » aux côtés de André Pousse. Au cinéma, Michel Constantin tourne son dernier film « Ville à vendre » sous la direction de Jean-Pierre Mocky en 1991. A partir de cette période il se met en retrait du cinéma et profite d’une retraite bien méritée dans le Var. Mais l’acteur réapparaîtra une dernière fois à l’écran en 2001, dans le documentaire « La route des grandes gueules » qui relate le tournage du film « Les grandes gueules » (1965) de Robert Enrico, 35 ans plus tard, et retrouve ainsi l’équipe restante du film sur les lieux même du tournage. Malade, Michel Constantin meurt le 29 août 2003 à l’hôpital de Draguignan, dans le Var.