Melqart, en phénicien, signifie « le roi de la cité (Milk-qart) ». Il était le dieu tutélaire de Tyr, la ville qui joua le plus grand rôle dans la colonisation phénicienne en Méditerranée. Mais il comptait aussi parmi les divinités majeures du panthéon phénico-punique. En outre, il est associé à la déesse Astarté, déesse suprême du panthéon phénicien, avec qui il forme un couple.
Melqart avant les influences grecques
Les premières représentations de Melqart le montre debout et barbu. Il portait un long vêtement et une coiffe conique. Il est, par exemple, illustré ainsi sur la stèle de Barhaddad conservée au musée archéologique d’Alep. Mais cette iconographie est assez mal connue, car dès le VIe s. av. n. ère, Melqart a commencé à changer d’apparence.
Ce dieu était très populaire, comme en témoignent les nombreux théonymes issus de son nom, tels que Hamilcar ou Bomilcar.
Aspects du culte de Melqart
Au Xe s., le roi Hiram célébra pour la première fois la « résurrection » (égersis) de Melqart. Le dieu trouva sans doute la mort par le feu et cette renaissance se traduisait par un mariage rituel entre Melqart et Astarté. A partir de cette époque, cette fête fut partie intégrante du culte de ce dieu et était réalisée tous les ans, en février-mars.
La localisation du sanctuaire de Melqart à Tyr n’est pas encore connue, mais des textes et un bas-relief, nous informent sur des éléments qui en auraient fait partie. Ainsi, ce temple semble avoir abrité deux stèles jumelles, un olivier, un feu sacré, un serpent et un aigle.
Assimilation de Melqart avec Héraclès/Hercule
Héraclès, comme Melqart, avait une dimension de fondateur de villes. Cette caractéristique a pu jouer un rôle dans le rapprochement et l’assimilation des deux divinités.
Dès lors, Melqart est représenté selon la même iconographie qu’Héraclès. Il portait donc la peau de lion sur sa tête et la massue dans sa main. Cette nouvelle iconographie sera adoptée même en Phénicie et, petit à petit, remplacera l’ancienne apparence du dieu.
Héraclès-Melqart fut adopté comme dieu dynastique par l’empereur romain Septime Sévère, en association avec Liber Pater/Dionysos/Shadrapa. Dans le domaine grec, ces deux divinités, Héraclès et Dionysos, étaient aussi les divinités protectrices d’Alexandre le Grand.
Le conquérant a d’ailleurs employé cette raison, son souhait de réaliser un sacrifice à Melqart, pour tenter d’entrer dans la ville de Tyr. Les Tyriens ayant refusé l’accès au temple à Alexandre, celui-ci décida d’assiéger la cité.
Le protecteur des navigateurs
Hormis celui de Tyr, l’autre sanctuaire le plus célèbre de Melqart se trouvait à Gadès/Cadix, en Espagne. Il est aujourd’hui sous l'eau. A Carthage aussi, les colons tyriens lui avaient élevé un temple peu après leur arrivée, tout comme à Lixus (sur la côte Atlantique du Maroc).
D’autres sanctuaires de Melqart ont également été construits dans les colonies tyriennes de la côte africaine (Cirta, Hadrumète, Lepcis Magna, etc.), d’Ibiza, de Sardaigne, de Malte et de Chypre, notamment.
