Stupeur à l'ouverture de son testament (rédigé deux mois seulement avant sa mort) : Freddie lègue plus de la moitié de son patrimoine, estimé à plusieurs millions d'euros à la femme, discrète et fidèle, qui avait partagé sa vie avant qu'il ne devienne totalement gay. Qui est donc cette Mary Austin qui hérite le plus gros de la fortune de Freddie ? Pour le découvrir, revenons à la fin des sixties...

La rencontre avec l'âme sœur

Freddie avait quitté l’université avec un diplôme de concepteur en art graphique, et, éventuellement, quelques promesses de contrats dans la presse locale, notamment pour dessiner des publicités de corsets pour femme. Il ouvre une boutique dans Kensington Market (le magasin fermera définitivement, après 18 mois d'existence, lorsqu’il décidera de se consacrer uniquement à la musique). Dans ce haut lieu de la mode chic et cheap, Freddie vend ses dessins, ses créations artistiques, et des vêtements, neufs ou d'occasion. C'est donc plus ou moins dans le cadre de ses activités professionnelles qu'il s'est alors rendu au magasin Biba, boutique de mode très appréciée à l'époque.

Ce n'est pas un hasard

Biba était l'un des rares magasins à proposer une mode androgyne. C'est là qu'il rencontre l'une des rares femmes de sa vie : Mary Austin. Aux dires de ses proches, Mercury aurait couché avec des centaines d'hommes, et aurait eu sa première relation homosexuelle en Inde à l'âge de quatorze ans, alors qu'on ne lui connut que peu de relations féminines durables (Mary, l'actrice Barbara Valentin et la championne de tennis Billie Jean King). En 1970, en tout cas, il tombe amoureux de Mary, vivra avec elle sept années durant et envisagera même le mariage. À l'ouverture de son testament, on découvrira qu'il lui a légué la plus grosse partie de son héritage ainsi que sa somptueuse demeure londonienne dans le plus pur style victorien qu'elle-même lui avait déniché.

Il lui sera resté fidèle jusqu'à la fin.

Bien qu'officiellement séparés, et alors que Mary a refait sa vie, elle et Freddie ont toujours de très intenses sentiments d'amitié. Et de reconnaissance : c'est elle qui est en partie responsable de son "look", lui ayant appris à se maquiller, vernir ses ongles et choisir ses vêtements (jusqu'à leur rencontre, il portait inlassablement T. shirt et jeans ; dès lors, il opte pour des vêtements de satin noir).

Freddie lui avait offert un appartement

Il l’avait volontairement choisi près de chez lui, afin de pouvoir continuer à la voir, à alimenter cet amour devenu platonique. Après Freddie, Mary connut Jo Burt, musicien accompagnant le chanteur gay Tom Robinson, découvert par Elton John, puis s'installa avec Piers Cameron, un décorateur de qui elle eut un petit garçon, Richard, dont Freddie devint le parrain.

Munich, paradis du sexe

À la fin des années soixante-dix, Freddie, qui a déjà acquis un pied-à-terre à New York (et, bien sûr, à Londres), découvre Munich avec ravissement. Il restera trois ans dans la ville bavaroise, alors célèbre pour ses techniques d'enregistrement et sa musique disco qui se répandait dans le monde entier. Il y réside avec ses amis fidèles Joe Fannelli et Peter Freestone (affublé d'un prénom féminin, Phoebe), secrétaires que l'on pourra considérer comme ses "hommes de confiance" et ses "hommes de compagnie" ou, plus prosaïquement, ses employés de maison (qui seront tous deux couchés sur le testament de Freddie, se voyant dotés, chacun, d'une somme de 500 000 livres).

Deux hommes et une femme…

Toujours à Munich, Freddie achète un appartement qu'il partage avec Barbara Valentin. Ils se retrouvaient souvent à trois dans le même lit : Barbara, Freddie, et sa conquête masculine de la soirée.

Le choix d'une telle ville repose sur l'esprit de liberté qui y règne pour la communauté homosexuelle ; il y avait notamment un quartier gay où tout était permis.

Mercury tomba amoureux de Winnie, un restaurateur

L'homme dut lui laisser un souvenir impérissable, car son amant suivant, le dernier en date, Jim Hutton, à qui Freddie légua également 500 000 livres, ressemblait beaucoup, physiquement, à Winnie. Hutton était, lui, un coiffeur visagiste. Leurs relations s'étant chevauchées, la vie devint insupportable pour les trois hommes, et Freddie revint à Londres en compagnie de Jim Hutton. C'est très vraisemblablement vers cette époque (1986) que le Sida s'est véritablement déclaré.

L'année suivante, à Ibiza, Freddie avait déjà des taches sur le visage

.Ce n'est pourtant que la veille de son décès que Freddie avouera publiquement être atteint par la terrible maladie. Il se trouva des détracteurs pour considérer que l'avoir caché si longtemps était une trahison vis-à-vis de la communauté homosexuelle.

Pourquoi en faire un mystère ?

Diverses interprétations s'affrontent : certains affirment qu'en star professionnelle, il ne voulait pas prendre le risque de décevoir son public féminin pour qui, finalement, il représentait l'homme idéal, ni la frange de son public masculin qui était opposé à l'homosexualité, surtout en cette période où l'on ne cessait de parler, dans les médias, du Sida et des comportements à risque. D'autres disent qu'il ne voulait pas offusquer ses parents. Dans un cas comme dans l'autre, l'image qu'il donnait de lui était prépondérante pour Mercury. Sa mort fit partie du show (plusieurs autres articles sur Freddie mercury sont disponibles en cliquant sur les liens disposés dans cet article)