
- Les enfants sont aussi victimes - innocencebrisee.discutforum.com/enfants-temoi...
« SOS les mamans » est une association créée par des mamans qui luttent pour le respect de la femme, la protection de la maternité et des enfants.
Protéger les enfants
À l’heure où un mariage sur deux se termine par un divorce, ces mères s’inquiètent du devenir des enfants lors des séparations. Elles souhaitent exprimer leurs inquiétudes notamment quant à l’application imposée du principe de garde alternée sans garde-fou (âge des enfants, conflits, éloignement des foyers ou éducation incohérente) et souvent sans prise en compte de la situation de l’enfant ou de la mère.
« Avec cette loi, on alterne des bébés ! », explique la présidente. Or la reconnaissance, l’épanouissement et la continuité du lien maternel sont essentiels pour le bien-être du bébé et son futur équilibre. « Les nourrissons ne disposent pas de la constance de l’objet, poursuit-elle. Tout objet sortant de sa vue lui semble donc perdu, faire vivre cette séparation brutale d’avec sa mère est une épreuve terrible pour les bébés. »
Le collectif dénonce le manque d’études sérieuses portant sur les séparations des couples avec enfant, sur l’établissement des modes de garde, sur les besoins des enfants en fonction de leur âge et sur leur vécu de la séparation.
Défendre les mères
L’association s’insurge contre les a priori dont les mères sont victimes : « tueuses de pères », « femmes vénales », « mères aliénantes » ou bien encore « hystériques »… Autant de qualificatifs trop souvent utilisés, selon le collectif, contre des mères qui ne font que protéger leur enfant. « Lorsque les pères revendiquent leurs droits, on ne les taxe pas de tueurs de mères, alors pourquoi le faire lorsqu’il s’agit des femmes ? »
La présidente rappelle que le montant moyen des pensions alimentaires versées est seulement de 150 euros, alors qu’on accuse souvent les femmes de profiter de celles-ci pour s’enrichir. Autre chiffre souvent soumis à des critiques : la garde est confiée à la mère dans 85 % des cas (1). On oublie de dire que moins de 30 % des pères réclament la garde des enfants lors des séparations ; lorsqu'ils le font, la justice tranche en leur faveur dans 60 à 70 % des cas.
Selon la présidente, « L’autorité parentale n’a été accordée aux mères qu’ en 1970, aujourd’hui elle est de plus en plus remise en cause ». En effet, lors du vote de la loi de 2002 sur l’autorité parentale, les mères n’étaient tout simplement pas représentées, contrairement aux collectifs de défense des droits des pères, dont les 30 propositions ont été acceptées.
Le cas des mères maltraitées
En France, la justice traite de façon séparée les cas de violences conjugales des questions de droits de garde des enfants, il n’existe pas de lien entre les condamnations pénales (pour violences par exemple) et les procédures des affaires familiales. Les juges maintiennent bien souvent des droits de visite et d'hébergement pour le parent agresseur ainsi que l'autorité parentale conjointe. Tout se passe donc comme si la femme battue et l’homme violent étaient des personnes différentes de la mère et du père.
Il est donc commun qu’une femme qui fut victime de violences soit contrainte de se séparer de son enfant, même tout petit pour le remettre à un homme qu’elle sait violent et dangereux, qu’elle soit obligée de garder des contacts avec son ancien agresseur, et même qu’elle soit dans l’obligation de lui donner son adresse : « de quel droit, dans une démocratie, oblige-t-on des victimes à donner leur adresse à leur agresseur ? » s'insurge la présidente.
Parcours de mère
Sur le site de l’association, vous trouverez divers témoignages de mères victimes d’un système qui ne les entend pas. On y relate notamment le cas de cette jeune maman emmenant son bébé au point relai pour qu’il y rencontre son père :
« Le père de mon fils attendait souvent notre arrivée à la fenêtre. Il me regardait et me faisait des signes du genre "je vais te trancher la gorge", j'avançais en tenant mon cou précieusement jusqu'à l'entrée en ravalant ma salive. Souvent, nous étions suivis à notre retour en voiture par ses amis de quartier l'ayant accompagné jusque-là. Je me demandais si je ne devenais pas parano, le style de scénarios que seule "l'agence tout risque" pouvait inventer. Bref, de toute façon, à la prochaine audience, je savais que la justice lui aurait délivré mon curriculum vitae, mon heure de naissance, mon cycle menstruel, la localisation géographique de ma brosse de toilette dans la maison, etc. Ce n'était qu'une question de temps. »
Pétition pour la protection des enfants
Les enfants sont des victimes collatérales des violences faites aux femmes et sont oubliés par les lois contre celles-ci. Si vous souhaitez réagir et soutenir l'association dans son combat, vous pouvez signer cette pétition.
Contacts
(1) Sources : dossier d'étude n°109 de la CAF, octobre 2008.
