En France métropolitaine, la plupart des espèces de palmiers d’ornement ont peu de problèmes parasitaires. Leur plus grand ennemi est plus souvent le gel, ou l’excès d’humidité, que les insectes parasites. Pourtant, l’apparition du papillon palmivore Paysandisia archon (Vagabond des palmiers) a changé la donne. Le Charançon rouge du palmier est aussi un nouveau ravageur qui semble également très problématique.

Un parasite dangereux pour la plupart des palmiers

Originaire d’Amérique latine, en particulier Argentine, Paraguay, Uruguay et états du sud du Brésil, Paysandisia archon est un parasite « ordinaire » à l’état sauvage qui provoque des dégâts généralement mineurs. Comme presque toujours dans ce genre de situation, c’est l’insouciance humaine, voire le mercantilisme, qui sont à l’origine de son introduction en Europe dans les années 90. L’importation mal contrôlée de palmiers d’Amérique du sud (Thrithrinax et Butia argentins) prélevés en milieu naturel est à l’origine de cette apparition du parasite.

Les palmiers d’ornement des parcs et jardins d’Europe et en particulier du pourtour méditerranéen sont très sensibles à ce parasite pour au moins trois raisons : Paysandisia archon ne semble pas consommé par des prédateurs naturels chez nous ; la chenille s’attaque au « bourgeon » des palmiers ; de plus, la plupart des palmiers ne sont pas dans les conditions écologiques idéales (limites d’aire) et n’ont pas toujours la résistance suffisante pour affronter les attaques parasitaires.

Quels palmiers sont attaqués par Paysandisia archon ?

Egalement présent en Espagne et en Italie, en France le papillon est actif en région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, en région Languedoc Roussillon, et de manière plus sporadique en Midi-Pyrénées, en Bretagne, Poitou-Charentes et Aquitaine.

Seuls quelques rares genres de palmiers semblent épargnés (Rhapis, Chamaedorea par exemple), mais rien ne permet d’affirmer qu’ils ne soient pas attaquables.

Chamaerops humilis, seule espèce de palmier naturel en France est aussi touché que les 20 autre espèces réparties en 10 autres genres : Brahea, Butia, Jubaea, Livistona, Phoenix, Sabal, Syagrus, Trachycarpus, Trithrinax, Washingtonia.

Comment se présentent le parasite et la maladie ?

La photo du papillon, prise sur stipe de jeune Phoenix canariensis, montre l’aspect de l’insecte dans sa forme ailée. Lépidoptère de la famille des Castniidae, il est l’unique représentant de sa famille en Europe. Le papillon fait 7 à 10 cm d’envergure. La chenille est presque aussi longue en phase finale, de couleur crème à blanc avec une tête rouge orangé.

Le papillon pond des œufs de grande taille (4 à 5 mm, en forme de grain de riz à 5 côtes) à la base des palmes. La larve, à l’éclosion, ne met que quelques secondes, au plus deux ou trois minutes pour pénétrer dans l’apex en haut du stipe. La chenille se développe alors en se nourrissant des tissus les plus tendres dans le cœur du stipe, et peut ainsi provoquer la mort du palmier en 2 ans seulement, et jusqu’à 4 ans chez de gros sujets.

La chrysalide (très grosse, avec ses 5 à 6 cm), est dans un cocon assez visible à la base des palmes, fait d’un mélange de fibres de palmier et de sciure.

Mis à part ces éléments, les autres signes visibles de la maladie sont : la perforation des palmes (des trous alignés à même hauteur sont visibles sur la palme quand elle pousse hors du stipe), puis le jaunissement des palmes centrales suivi de leur dessèchement. Une observation plus minutieuse montre la présence de gomme à l’entrée des galeries.

Comment lutter contre Paysandisia archon ?

La lutte contre ce papillon a été rendue obligatoire par arrêté du 7 février 2002. En application de l’article L.251-6 du Code rural, toute détection de Paysandisia archon doit être déclarée auprès du Service Régional de la Protection des Végétaux (auprès des DRAF).

Mais il faut reconnaître qu’il n'existait en fait, et jusqu’à très récemment, aucun produit de lutte efficace pour combattre ce parasite. Ce qui était vrai alors, l’est toujours aujourd’hui : soyez très vigilant à l’achat de palmiers en examinant attentivement l’état sanitaire de chacun ; refusez toute plante suspecte.

Depuis 2010 et plus encore 2012, plusieurs produits homologués sont disponibles sur le marché. Les données qui suivent proviennent de la ville de Portiragnes (34 – entre Agde et Béziers)

Insecticides : pulvérisation sur les palmes et stipes de bifenthrine ou d’imidaclopride. Faire ruisseler de la bouillie insecticide au cœur du palmier, permet une action curative sur les larves déjà présentes. Durée d’action : 3 à 4 semaines. A répéter de juin à septembre.

Tout nouveau : la glue brevetée de l’INRA ; Biopalm est une pâte fluide composée majoritairement de substances d'origines végétales (huiles végétales, latex et colophane), à appliquer sur le sommet du palmier, une fois par an, à l'aide d'un appareil de projection.

Autre nouveau produit, lui aussi biologique et inoffensif, les nématodes : simple à appliquer, ce produit semble donner de bons résultats.

L'ostrinil est un insecticide naturel composé de spores de champignons. Il s’utilise en traitement préventif à raison d’un toutes les 3 semaines de juin à septembre.