Depuis longtemps, le football professionnel veut mettre la main sur la Fédération française de football (FFF). Les erreurs tactiques de ces dernières années et l'appui des pouvoirs publics lui donnent enfin la possibilité de le faire. Si l'on peut se poser la question du maintien du président, pourquoi réclamer à tout prix une refonte du système ? À qui profiterait ces changements ?
Le fonctionnement de la Fédération française de football
La FFF est une association loi 1901 reconnue d'utilité publique. L'assemblée fédérale, le Conseil fédéral et le bureau assurent son administration et son fonctionnement. L'assemblée fédérale est composée des délégués des clubs. Le Conseil fédéral compte 21 membres issus à majorité du football amateur. Les membres du Conseil ne peuvent recevoir de rétribution en raison de leurs fonctions, mais sont remboursés des frais sur justificatifs.
Les chiffres de la fédération
La FFF comprend 2 225 595 licenciés, 17 753 clubs amateurs et 40 professionnels. Elle représente 1 000 000 de matchs par an et emploie 7 000 salariés et 350 000 bénévoles. Le chiffre d'affaires 2008-2009 s'est élevé à 204 900 Keuros provenant pour 35 % des redevances télé, pour 29 % des contrats de partenariat et pour le solde, de la billetterie, de la contribution de la Ligue du foot professionnel et de manifestations exceptionnelles.
L'équilibre des budgets
Pour 2008-2009, le résultat brut dégagé par l'équipe de France est de 41 300 Keuros. À cela, il convient de déduire ce qui est versé aux joueurs, soit 10 200 Keuros. Le montant alloué au football amateur est de 42 400 Keuros. Les comptes de la fédération sont positifs et devraient le rester les prochaines années, vu les excellents contrats commerciaux négociés l'an dernier.
Des amateurs gèrent des stars
La FFF compte plus de 17 000 clubs amateurs pour seulement 40 clubs professionnels. La composition de ses membres reflétant cette réalité, les professionnels sont minoritaires au sein du Conseil fédéral. C'est peut-être grâce à cela que les primes données aux joueurs, bien que conséquentes, ne sont pas les plus élevées du monde. À titre d'exemple, les Français devaient recevoir 300 000 euros de prime en cas de victoire, les Espagnols en auront 600 000.
La Fédération française de football a commis des erreurs tactiques ces dernières années. C'est indéniable. Pour autant, profiter de ces erreurs pour modifier ses statuts et donner la majorité aux professionnels représente un danger. Au vu des récents comportements des joueurs de l'équipe de France, un encadrement issu du monde amateur semble être un rempart face aux appétits financiers de ces prétendues stars.
