La "triomphante beauté", selon le mot de Mme de Sévigné, de cette blonde et sensuelle créature bien en chair, aux yeux "couleur d'azur", séduisait tous ses contemporains. "Il n'était pas impossible d'avoir plus d'esprit, de fine politesse, d'expression singulière, d'éloquence", disait Saint-Simon. De la plus ancienne maison du royaume, Françoise Athénaïs de Rochechouard de Mortemart, née en 1640 à Lussac-Les-Châteaux, en Poitou, d'abord connue sous le nom de Mlle de Tonnay-Charente, vint à la cour en 1660 et fut nommée dame d'honneur de la reine. Elle épousa, en 1663, Louis Henri de Goudrin de Pardaillan, Marquis de Montespan. Dès 1667, elle devint maitresse de Louis XIV, avant de succéder à Louise de La Valière comme favorite en titre en 1670. Dix ans plus tard, elle reçut la charge de surintendante de la Maison de la Reine.

Une femme joyeuse et d'esprit

Si Mme de Montespan n'exerça aucune influence politique réelle, elle fut encensée par toute la cour qui la redoutait, ne serait-ce qu'en raison de son esprit caustique et mordant, " l'esprit des Mortemart" disait-on. Elle savait conter à merveille, contrefaire les ridicules, et c'était "passer sous les armes" que d'affronter son regard quand elle se trouvait à une fenêtre en compagnie du roi. Elle sut également protéger des écrivains et des artistes comme Quinault, Racine, Boileau.

La chute d'une icône de la cour

Après douze années d'une liaison souvent orageuse, Louis XIV commença à se détacher de l'altière Montespan, sous l'effet d'une brève passade pour Mlle de Fontages et surtout, en raison de l'influence grandissante exercée par la dévote Mme de Maintenon, décidée à ramener le roi à la piété et à la religion. Déjà compromise dans l'affaire des poisons (1680), en raison de ses relations qui avaient fourni des philtres pour gagner et conserver l'amour du roi, Mme de Montespan, en butte également aux intrigues de Louvois, finit par se retirer au couvent Saint-Joseph qu'elle avait fondé rue Saint-Dominique, à Paris. Elle mourut le 27 mai 1707, pendant une cure à Bourbon-l'Archambault.

Une descendance honnie

De sa liaison avec le roi, Mme de Montespan avait eu huit enfants dont six survécurent et furent légitimés: le duc du Maine, le comte de Vexin, Mlle de Nantes, Mme Tours, Mlle de Blois - qui devint la femme du Régent - et le comte de Toulouse. Tous excitèrent la hargne de la grande noblesse. Le testament qui leur permettait de monter sur le trône en cas de vacance et si le reste de la dynastie s'éteignait fut cassé par le Parlement au début de la Régence comme contraire aux lois fondamentales du royaume.

Complément:

Louise de la Vallière