« Espèce en danger critique d’extinction », « espèce en voie de disparition », … ces termes sont trop connus, trop entendus et reviennent de plus en plus souvent dans la bouche des écologistes. Ces expressions n’ont pas été inventées par hasard et veulent dire bien des choses. Elles ont été créés par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) qui, depuis 1948, dresse sa liste rouge des espèce animales et végétales en danger sur la planète.

Qu’est-ce que l’UICN ?

L’UICN est une association née d’une rencontre entre l’Unesco, la Ligue suisse pour la conservation de la nature et le gouvernement français. Son objectif : étudier la nature, dresser un bilan de son état et faire pression sur l’opinion mondiale pour conserver et protéger notre patrimoine naturel.

Pour cela 10 000 experts bénévoles, 1000 salariés et 800 ONG travaillent d’arrache-pied pour recenser les populations animales et végétales sur la planète et mener des actions de sensibilisation. A cette organisation se rajoutent 84 gouvernements et 111 agences gouvernementales. L’UICN est une association qui n’a pas de membre individuel mais des membres collectifs qui dialoguent ensemble. Tous les 4 ans tout le monde se réunit pour le congrès mondial de la nature.

Pourquoi la liste rouge ?

L’Union œuvre sur beaucoup de sujets mais son travail le plus visible est sa liste rouge. Elle est reconnue comme le document de référence pour connaître l’état de la biodiversité. Tous les 4 ans une version papier et revue de la liste rouge est publiée. Mais elle est constamment mise à jour sur le site Internet de l’association. 7 000 experts travaillent à l’élaboration de cette liste qui contient 7 catégories :

- Préoccupation mineure

- Quasi menacé

- Vulnérable

- En danger

- En danger critique d’extinction

- Eteint à l’état sauvage

- Eteint

Des critères précis et détaillés permettent de classifier toutes les espèces présentes connues sur la planète. En simplifiant, les experts tiennent compte de la surface qu’occupe l’espèce, du nombre d’individus matures et de la tendance au déclin ou à la hausse des naissances. Le résultat n’est pas brillant, un quart des espèces sur la liste sont considérées comme menacées (et entrent dans une des trois catégories "vulnérable", "en danger", "en danger critique d’extinction").

Quel poids ont l’UICN et sa liste ?

Les publications n’ont aucune valeur réglementaire. L’association fait du lobbying plus ou moins efficace. Des projets voient le jour, des fonds sont créés pour soutenir des actions environnementales… mais pas suffisamment. Alors l’UICN n’hésite pas à prendre position contre un Etat membre négligeant. Mais cela reste du lobbying.

Et la France dans tout ça ?

En 1992, le comité français de l’UICN était créé et aujourd’hui, il organise un congrès de la nature national tous les ans pour faire le point avec ses membres. Sur la liste rouge, la France est classée 9e des pays hébergeant le plus d’espèces animales et végétales menacées, principalement dans les DOM-TOM. Un projet de liste nationale est en cours, il devrait voir le jour en 2010.