
- Andromède - Sébastien Polet
Contrairement aux idées reçues, l’Astronomie n’est pas née en Egypte mais en Mésopotamie. L'existence de l'écliptique, ligne imaginaire sur laquelle se déplacent le Soleil, la Lune et les planètes fut très tôt remarquée. Les scribes-astronomes de Babylone ou d'Assur la divisèrent en trois zones parallèles (le chemin du dieu Enki/Ea, celui d'Anu et celui d'Enlil) et en douze tranches inégales où ils désignèrent, comme points de repère, les douze signes du zodiaque auxquels ils donnèrent les noms suivants :
Nom sumérien / Nom akkadien (babylonien) / Traduction / Nom actuel
- MUL-LÚ-HUN-GÁ / agru / le Journalier / le Bélier
- MUL-GU-AN-NA / alû / les Etoiles / le Taureau
- MUL-MAŠ-TAB-BA / mâšu / les Jumeaux / les Gémeaux
- MUL-AL-LUL / allattu / le Crabe / le Cancer
- MUL-UR-GU-LA / urgulû / le Lion / le Lion
- MUL-AB-SÍN / šer'u / l'Epi / la Vierge
- MUL-ZI-BA-AN-NA / zibânîtu / la Balance / la Balance
- MUL-GÍR-TAB / zuqaqîpu / le Scorpion / le Scorpion
- MUL-PA-BIL-SAG / pabilsag / le Sagittaire / le Sagittaire
- MUL-SUHUR-MAŠ-KU / suhurmâšu / le Poisson-Chèvre / le Capricorne
- MUL-GU-LA / [non attesté] / le Géant / le Verseau
- KUN-MEŠ / zibbatû / les Queues / les Poissons
Une astronomie sumérienne ?
La première colonne indique que les Sumériens (peuple le plus ancien de la Mésopotamie antique) connaissaient déjà ces constellations. Toutefois, cela n'apparaît pas dans leurs textes conservés sur tablettes d’argile. Au IIIe millénaire avant notre ère, nous ne retrouvons, dans ces tablettes, que les noms du Soleil, de la Lune, de quelques planètes, étoiles et constellations mais pas de textes astronomiques. Ce ne fut qu'à partir du IIe millénaire que ces connaissances furent ordonnées en listes par les Babyloniens !
Dans l'état actuel des connaissances, il est impossible de déterminer le niveau du savoir des scribes-astronomes des pays de Sumer et d'Akkad (Sud de l’Iraq moderne). Nous ne pouvons que reconnaître qu'ils possédaient un certain savoir qui fut développé plus tard par les Babyloniens. Ils observaient et découpaient déjà le ciel en constellations. Ces noms furent conservés jusqu'à l'époque perse et transmis aux Grecs et aux Romains.
La naissance de l'horoscope
Il faut aussi se demander le but de ces observations. Il est plus que probable qu'elles concernaient plus la sphère du religieux que celle d'une astronomie "scientifique".
L'astronomie mésopotamienne s'est trouvée étroitement liée à l'astrologie, mais cette dernière n'a acquis un caractère déterminant pour le destin de l'individu qu'à partir du moment où il fut devenu possible d'établir la configuration astrale au moment de sa naissance, ce qui exigeait une multitude d'observations et de corrélations. C'est pourquoi l'astrologie horoscopique n'a prospéré que très tardivement (fin du Ier millénaire avant notre ère).
Héritage astronomique et astrologique
Enfin, il est utile de constater que l’astrologie moderne se base sur le découpage du zodiaque réalisé en Mésopotamie au IIe millénaire avant notre ère. Mais depuis cette époque, le ciel a énormément varié. La dérive stellaire a modifié les formes des constellations. L’année stellaire n’étant pas totalement égale à l’année solaire, il y a actuellement un décalage de deux signes du zodiaque entre les observations des astronomes et les prévisions des astrologues…
Chaque jour, le soleil se lève dans l'une des constellation du zodiaque. Mais l'astronomie et l'astrologie ne sont plus en accord puisque cette dernière base ses prévisions sur le calendrier babylonien (sans même le savoir dans la plupart des cas)...
