Le petit âne gris des histoires de Noël, avec sa croix noire sur l’échine, est une image classique du Noël provençal. Il figure toujours en bonne place dans les pastorales, ces pièces de théâtre mettant en scène la Nativité. Avec son ami le bœuf, il est indissociable de l’idée de la crèche.

Un peu d’histoire

Depuis le XVe siècle, on élève des ânes pour aider les humains dans leurs tâches. Bâtés (c‘est-à-dire harnachés de façon à pouvoir être chargés), ils peuvent transporter de lourds fardeaux et leur équilibre dans les pentes rocailleuses n’est plus à prouver. Mais les trains et les camions les ayant peu à peu remplacés, leur population s’est mise à décliner.

Même si de nos jours il ne reste que peu de bergers qui font la transhumance, il est toujours utilisé pour le transport du matériel, de la nourriture, du sel pour les brebis. Parfois même, on installe dans un de ses paniers un agneau né pendant le voyage, trop faible pour suivre le troupeau. C’est cette fonction pastorale qui a fait de lui l’âne emblématique de la crèche.

Depuis l’avènement du tourisme vert, c’est aussi un compagnon de randonnée très apprécié : costaud, sûr, même dans des terrains très accidentés, il pourra être bâté pour aider à porter ou monter. Il saura également entretenir des pare-feu en débroussaillant efficacement. Et comme animal de compagnie, il vous prodiguera beaucoup d’affection. Il jouit d’un caractère calme et d’une humeur égale. Il faut savoir qu’un âne, qu’il soit provençal ou non, ne supporte pas la solitude. Que son compagnon soit un chien, un canard, une chèvre ou un autre âne, peu importe, il lui en faut un, il ne doit jamais être laissé tout seul.

Sa population

Dans sa région d’origine, composée des départements suivants : Alpes de Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Var et Vaucluse, on comptait près de 13 000 têtes à la fin du XIXe siècle. Au début des années 90, il n’en restait plus que 300. Il était menacé d’extinction.

En 1992 est née une association de l’âne de Provence. Grâce à ses membres, éleveurs et passionnés, sa population a doublé depuis, passant le cap des 600 individus.

Son look

De taille moyenne, il mesure environ 1.20 à 1.30 m au garrot suivant son genre. Sa robe est gris tourterelle (avec des reflets roses), acceptant des variantes plus claires ou plus foncées. La croix de Saint-André doit toujours être bien marquée. Son ventre et ses pattes sont gris clair à blanc, comme son nez.

Ses membres sont solides et l’ossature est puissante. Il a la silhouette massive d’un animal fort et résistant. Les jeunes sont couverts d’une grosse laine bourrue qui disparaît avec le temps.

L'âne à l'honneur

De nombreux villages provençaux organisent des foires à l’âne ou des fêtes de l‘âne, où sont présents des ânes de Provence, bien sûr, mais aussi d’autres races. Le programme comporte souvent des concours de beauté, des démonstrations de portage et la possibilité de les monter.

Les enfant adorent être juchés sur le dos de cet animal au regard si doux. N'hésitez pas à y rencontrer ces amis à quatre pattes.