
- L'IVG est pratiqué par aspiration ou médicaments. - libre de droit
Heureusement, pour la majorité des femmes, attendre un bébé est synonyme de joie immense et de bonheur ! Mais pour certaines autres, découvrir qu'elles attendent un enfant prend des allures de stupeur et de cauchemar. Une grossesse n'est, hélas !, pas toujours la bienvenue !
Jeunes filles non averties, situation sociale difficile, oubli de pilule, rupture de couple... Il existe de multiples raisons pour recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG). Mais c'est souvent la panique qui prédomine face à un tel acte ! Où se renseigner ? Comment ça se passe ? Combien ça coûte ? Autant de questions auxquelles il faut répondre et souvent dans l'urgence.
Que faire en tout premier ?
Le délai pour procéder à une interruption de grossesse en France est limité à la fin de la 12e semaine de grossesse, soit 14 semaines après le premier jour d'aménorrhée (dernières règles), sauf pour des raisons strictement médicales et contrôlées.
Il faut donc prendre contact le plus rapidement possible avec un médecin, l'hôpital public ou une clinique privée qui réalise des IVG, le mieux étant de se rendre dans un planning familial.
- La première visite médicale :
Au cours de cette consultation, le praticien va vous informer sur les différentes méthodes d'IVG existantes, les conditions et lieux de réalisation de l'opération, sur les risques et effets secondaires possibles. Il peut également vous proposer un dépistage (ou vous informer) sur les maladies sexuellement transmissibles (MST), vous demander de procéder à des analyses de laboratoire. Il va également vous indiquer les différents organismes à contacter, vous remettre un guide rappelant le contenu de la loi sur l'IVG, ainsi qu'une attestation de visite médicale.
- La seconde consultation :
Elle a lieu à l'issue de la semaine obligatoire de réflexion, généralement auprès d'un médecin pratiquant des IVG. Celui-ci va vous demander de lui fournir l'attestation qui vous a été remise lors de la première visite médicale, ainsi que l'autorisation écrite de pratiquer une IVG sur votre personne.
À l'issue de l'entretien, le praticien vous remet un nouveau certificat de visite médicale, ainsi que votre autorisation écrite de pratiquer l'IVG ; ces documents sont destinés au centre ou au médecin qui pratiquera l'IVG.
Si vous êtes mineure non émancipée et non mariée, vous devrez également posséder l'attestation d'entretien obligatoire que vous avez eu avec une conseillère ou une assistante sociale pendant la semaine de réflexion (ou au moins 48 heures avant l'IVG).
Les deux méthodes pour pratiquer une IGV
- La technique instrumentale par aspiration
L'intervention est pratiquée sous anesthésie générale ou locale, se déroule au bloc opératoire et dure une dizaine de minutes. Après dilatation du col de l'utérus, le praticien introduit une canule reliée à un système d'aspiration qui retire à la fois l'œuf et la muqueuse utérine interne. Cette technique n'est pratiquée que dans des centres agréés (hôpitaux ou cliniques) et nécessite une hospitalisation d'une douzaine d'heures maximum.
- La technique médicamenteuse
Réservée aux femmes dont la grossesse est inférieure à 5 semaines (7 semaines après les dernières règles), elle s'effectue en deux phases :
1- Lors de la première consultation, vous prenez (en présence du médecin) des comprimés de mifépristone (RU 486), puis vous rentrez chez vous.
2- Au cours de la deuxième consultation (qui doit avoir lieu 36 à 48 heures plus tard), le médecin vous administrera soit des comprimés à avaler, soit des ovules à introduire dans le vagin. Après quoi, vous allez rester quelques heures sous surveillance, durant lesquelles les contractions vont se déclencher, accompagnées de saignements et éventuellement de l'expulsion de l'embryon. Si les contractions sont trop douloureuses, il vous sera prescit des antalgiques. À l'issue de ce laps de temps, que l'expulsion ait eu lieu ou non, vous rentrez chez vous après avoir pris rendez-vous pour la troisème étape, qui doit avoir lieu 10 jours après.
Que se passe-t-il après l'IVG ?
Une pilule contraceptive vous est prescrite pour un mois, dès le lendemain de l'IVG. Une visite médicale de contrôle a lieu entre le 14e et le 21e jour après l'intervention, avec le médecin de votre choix. C'est aussi l'occasion de s'entretenir avec lui sur l'opportunité d'une contraception adaptée.
Si les complications sont assez rares, dans les jours suivant l'intervention vous pouvez avoir de la fièvre à plus de 38° C, des pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales, faire un malaise. Consultez rapidement votre médecin pour prévenir toute complication.
Combien coûte une IVG ?
Coût forfaitaire d’une IVG chirurgicale :
- dans un établissement public ou privé à but non lucratif : de 300 € à 450 € ; dans un établissement privé à but lucratif : de 250 € à 390 € . Ces prix indicatifs peuvent varier en fonction de la durée de l'hospitalisation, du recours à l'anesthésie locale ou générale...
Coût forfaitaire d'une IVG médicamenteuse :
- à l'hôpital : 257 € ; dans un établissement de santé privé : entre 260 € et 270 € ; dans un cabinet médical : 190 € . Ce forfait comprend la consultation durant laquelle la patiente remet la confirmation de sa demande par écrit, les consultations d’administration et le coût des médicaments, ainsi que la consultation de contrôle.
Remboursement par la sécurité sociale : l'IVG pratiquée en établissement est remboursée à 80 % par l’assurance maladie ; l’IVG médicamenteuse pratiquée en médecine de ville ou en consultation externe d’un établissement hospitalier, à 70 %. La différence reste à la charge de l’assurée ou de sa mutuelle, si celle-ci le prévoit. Pour les bénéficiaires de la CMU (couverture maladie universelle) complémentaire, la prise en charge est de 100 %. La prise en charge est intégrale pour les mineures non émancipées sans consentement parental.
Les femmes en situation irrégulière qui résident en France depuis plus de 3 mois, en mesure de prouver la durée de leur séjour peuvent bénéficier de l'aide médicale de l'État. L'assistante sociale du service hospitalier peut les aider dans cette démarche.
À noter
Un médecin peut refuser de pratiquer une IGV : il doit alors vous en informer dès le premier rendez-vous et vous fournir la liste des médecins pratiquant cette opération ainsi que le nom des organismes en mesure de vous aider dans vos démarches.
Une femme majeure n'a besoin de l'autorisation de personne pour décider d'une IVG, ni de son mari, ni de son médecin.
Toute femme, quels que soient sa nationalité ou son statut sur le territoire français a accès à l'IVG.
Si vous avez moins de 18 ans, l'accord parental n'est plus indispensable ; par contre vous devrez faire appel à un adulte référent majeur pour vous soutenir pendant toute la procédure.
