Longtemps exploité sur l’Île de Ré, le sel participe à l’activité économique locale et au tourisme. Entre promenades dans les marais salants, découverte de la production et explorations culinaires, toutes les routes de l’Île de Ré conduisent au sel!

L’histoire salée de l’or blanc sur l'Île de Ré

On récolte du sel dès la Préhistoire dans le Marais poitevin, alors proche de l’océan. Au Moyen-Âge, la région qui correspond actuellement au Poitou-Charentes exporte "l’or blanc" dans tout le royaume et en Europe du Nord.

Le sel est alors le seul moyen de conserver les aliments. La célèbre gabelle, la taxe sur le sel, est collectée par les gabelous. Comme elle n’est pas la même dans toutes les régions, des contrebandiers font du trafic de sel. Elle donnera également lieu à des soulèvements populaires et à des enjeux de pouvoir, largement étudiés par l’historien Jean-Claude Hocquet.

Sur l’Île de Ré, des moines installent des salines, autre nom des marais salants, dès le XIIe siècle. Mais l’activité se développe véritablement trois siècles plus tard. Et l’île sera surnommée Ré-la-blanche, comme la couleur des "montagnes" de sel qui s’élèvent sur les marais salants.

Au XXe siècle, l’activité décline et disparaît pratiquement jusqu’à ce que de jeunes producteurs se relancent dans l’aventure dans les années 1990.

Les marais salants de l'Île de Ré : un étrange damier

Vus du ciel, les marais salants forment un immense damier surmonté d’étranges pions coniques. Il s’agit en fait des bassins par lesquels passe l’eau de mer en différentes étapes, et des tas de sel.

La décantation permet d’enlever les saletés. Puis l’eau s’évapore sous l’action de la chaleur et du vent: c’est la concentration. Enfin, le sel cristallise. Le saunier (appelé paludier dans d’autres régions) le récolte de juin à septembre, en formant des petits tas pour qu’il finisse de sécher.

Fleur de sel, gros sel et caramels: délices gourmands de l'Île de Ré

La fleur de sel apparaît en surface. Elle est récupérée avec délicatesse. Avec ses cristaux très fins, c’est le sel de luxe! Le gros sel (ou sel gris) est utilisé en cuisine. Il peut être broyé en sel fin ou marié à d’autres herbes aromatiques.

Ces différents sels sont utilisés par les restaurateurs de l’Île de Ré qui les intègrent dans de nombreux plats de leurs menus. Les véritables gourmets du sel lui attribuent un parfum de violette.

Les différents types de sel ainsi que de délicieux caramels à la fleur de sel sont vendus dans les boutiques de l’Île de Ré.

Les marais salants de l'Île de Ré : animaux et plantes entre terre et mer

Dans les marais salants de l'Île de Ré, milieu naturel fragile, on peut observer d’étranges oiseaux: l’aigrette garzette, petit héron blanc au bec en forme de poignard, le tadorne de Belon, un grand canard au bec rouge, l’échasse blanche perchée sur ses longues pattes fines…

Des plantes résistantes au sel se développent comme la salicorne qui se mange en salade, en légume ou utilisée en condiment comme les cornichons. En haut des bosses poussent des plantes plus fragiles telle la moutarde noire.

Grâce à leur activité, les sauniers préservent les marais salants, un milieu fragile. Ils contribuent également à la protection des oiseaux en coopérant avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

Visites autour du sel à l'Île de Ré

  • A visiter: l’Écomusée du Marais salant à Loix en Ré, ouvert du 15 février au 11 novembre. L’exposition présente l’histoire et les techniques de la saliculture. Elle est suivie d’une visite grandeur nature avec un guide dans un véritable marais salant.
  • A faire: parcourir les marais salants en vélo, le moyen de locomotion vedette de l’Île de Ré, pour admirer les couleurs incroyables vert, bleu, rose, rouge de ces paysages féeriques. Facile! Le terrain est entièrement plat.
  • A déguster: les plats au sel de l’Île de Ré proposés par les restaurateurs, les produits locaux cuisinés avec les sels proposés par la coopérative des sauniers de l’île de Ré, vendus à la Cabane des sauniers.
Suivre les routes du sel, c’est une autre manière de découvrir l’Île de Ré, de préférence hors saison pour échapper au tourisme de masse.